‹ Louvois et les ProtestantsChapitre 28 sur 127 · ORDONNANCE NOUVELLE · texte numérisé non relu

ORDONNANCE NOUVELLE

veaux catholiques qui les fréquentent ou non ; et elle estime qu'il vaut mieux attendre clu temps et des instructions des évêques pour les persuader de fréquenter les églises, que de les y faire aller par force et par la crainte d'une prompte punition.

Ayant reconnu le préjudice considérable qu'a causé au commerce le soin que l'on a pris de garder les côtes et les frontières pour empêcher les nouveaux convertis de sortir du royaume, le roi a résolu d'en faire retirer les gardes petit à petit.

. L'ordonnance du 29 avril 1686, contre ceux qui refusent les sacrements au lit de mort, ne sera exécutée que lorsque le mourant aura fait un grand scandale de son refus.

Sa Majesté s'attend que l'exécution de ses volontés ainsi exprimées permettra aux protestants encore mal convertis de vaquer à leurs affaires avec plus de tranquillité qu'ils n'ont fait jusqu'à présent.

Les intendants, en visitant la province de leur ressort, doivent « s'abstenir d'ajouter une entière créance à ce que les curés ou les missionnaires pourront leur dire, V expérience ayant fait connaître que la plupart desdits curés agissent par passion, et que le trop grand zèle des missionnaires leur fait souvent se tromper dans leurs jugements. »

Enfin, le roi désire que les curés de mauvaises mœurs ou ignorants soient enlevés de leurs places. « Sa Majesté apprend avec beaucoup de déplaisir qu'il en reste encore plusieurs de mauvaise qualité dans des paroisses oii il y a beaucoup de nouveaux convertis (1). >;

Foucault reçut ces instructions avec une mauvaise humeur non dissimulée. 11 était partisan de la force brutale; n'avait-il pas toujours présentes à la mémoire les magnifiques conversions du Béarn ? Pourquoi suspendre les rigueurs, quand l'œuvre touche à un succès définitif? On se tromperait sur le caractère de cet homme entêté et opiniâtre, si on croyait qu'après l'expédition de cette fameuse circulaire son journal n'exprime plus que la douceur et la modération.

En janvier 1687, le roi envoie des ordres pour qu'on retire les frégates qui croisaient sur les côtes de Poitou, de Bretagne et d'Aunis à l'effet d'empêcher l'émigration. Foucault, jugeant que cette ordonnance a causé du refroidissement chez les religionnaires, n'exécute pas cet ordre. « Pour empêcher les mauvais effets de ces ordres exécutés avec trop de précipitation, j'ai continué, dit-il, de faire faire la garde, mais avec moins d'exactitude. »

(1) Voir les Mémoires de Foucault, p. 161-170.

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