VŒUX DES ASSEMBLÉES DU CLERGÉ
contre les relaps ; que les réformés soient exclus des charges et emplois publics ; que les temples nouvellement bâtis soient détruits; que les hôpitaux, collèges et académies entretenus et dirigés par les réformés soient supprimés.
L'assemblée de I660 renouvelle ces demandes, en suppliant toutefois le souverain d'aggraver la pénalité portée contre les relaps, qui est le bannissement ; elle émet le vœu que les chambres mi-parties de Castres, Bordeaux et Grenoble soient supprimées, et que la mainmise soit prononcée sur les biens et propriétés des consistoires.
L'assemblée de 1670 réitère ces vœux, mais elle faii un pas de plus; elle demande qu'il soit défendu aux réformés de s'imposer entre eux; d'enseigner autre chose que la lecture, l'écriture et le calcul ; qu'ils soient désormais obligés de contribuer à l'entretien des églises et écoles catholiques, et qu'il soit permis d'enlever les enfants protestants à leur 'famille à l'âge de sept ans.
L'assemblée de 1675 revient sur les mêmes vœux et demande en outre que la nullité des mariages mixtes soit prononcée, que les ministres soient soumis à la taille, que les synodes soient interdits.
L'assemblée de 1680 ne sait rien trouver de nouveau. Celle de I680 est plus habile; entre autres choses nouvelles, elle demande que dé-
fense soit faite aux réformés d'exercer les professions d'avocat, d'imprimeur et de libraire ; défense également de tenir logis, hôtels et cabarets, et enfin que « défenses soient faites à ceux de la R. P. R. de faire exercice de leur religion, dans les terres et domaines du roi. )> En d'autres termes, révocation pure et simple de redit de Nantes.
« Si vous cherchez, dit Rulhières, dans les collections du clergé cette longue suite de lois toujours plus sévères contre les calvinistes, que, de cinq en cinq ans, c'est-à-dire à chaque renouvellement périodique de ses assemblées, il achetait du gouvernement, vous y observerez d'abord que ses demandes avaient quelque modération, tant que les calvinistes pouvaient être redoutés, mais qu'elles tendirent vers une persécution ouverte, aussitôt qu'ils devinrent des citoyens paisibles. Vous y observerez ensuite que le gouvernement, de jour en jour plus obéré, lui vendait en détail la cassation successive de tous les privilèges dont il était possible de les dépouiller sans une criante injustice; qu'on accordait à son argent ce qu'il demandait au nom de la religion, et que cette vile ressource dura jusqu'à l'administration de Colbert, où tout changea en leur faveur (i). »
(1) Eclaircissements historiques, vol. I, p. 33. Il y a bien des