RÉPONSES TE BLANCHE GAMOND
antique : « Mes afflictions sont en très-grand nombre, mais les consolations que Dieu me fournit sont encore "plus grandes; » et celle-ci, en présence du parlement de Grenoble : « Mon corps et mes biens sont au roi, mais mon âme est h Dieu ! )y Au bout de vingt mois de ces luttes héroïques, le corps brisé mais Tâme plus ferme, elle passa en Suisse, où elle écrivit le dramatique récit de ses malheurs (1).
Les conversions ont donné un beau résultat ; le roi en est extrêmement satisfait et il félicite rintendant Le Bret, dont l'énergie a été si utile au triomphe de la vraie foi dans la province de Dauphiné. IMais l'intendant a encore des sujets d'inquiétude : la province se dépeuple par l'émigration; il cite tel village qui est devenu désert; il ne sait comment faire pour garder tous les passages des montagnes. Louvois lui fait cette réponse :
« Vous ne sauriez mieux arrêter la désertion que par les exemples qui seront faits de ceux que l'on pourra prendre prisonniers. Sa Majesté aura bien agréable que vous y ajoutiez le rasement de quelques maisons. »
Dans la même lettre, Louvois recommande à l'intendant de cesser les distributions d'argent aux nouveaux convertis ; il faut, dorénavant, ne
(1) Bulletin, XVI, 378 et suiv.
donner d'argent qu'à ceux dont la conversion est de nature à produire une grande impression sur les masses. Le reste est de l'argent perdu.
Les diocèses de Gap et d'Embrun furent convertis comme les autres. C'est à tort que le Journal de Dangeau porte, à la date du 27 septembre 1685 : « On sut que les diocèses de Gap et d'Embrun et les vallées de Pragelas, qui sont dépendantes de la vallée de Pignerol, s'étaient toutes converties, sans que les dragons y aient été. » Les dragons, n'en déplaise au marquis de Dangeau, entrèrent à Gap et à Embrun ; quatre compagnies du régiment d'Arnolfini vinrent prêcher dans ces pays la controverse que l'on sait; à preuve cette note écrite de la main du secrétaire de la commune de Gap : « Du 26 avant midi : a été procédé au logement des quatre compagnies de missionnaires d'Arnolfini, qui ont été logées chez les huguenots pour leur faire entendre la musique. » Nous voyons, en outre, que Louvois (16 octobre 1685) félicite l'évêque de Gap de la conversion des religionnaires de son diocèse ; le roi l'engage à continuer ses soins à cet ouvrage, et le félicite d'avoir refusé « le présent que les religionnaires ont voulu lui offrir. » On aimerait de savoir quel était ce présent, pour la rareté du fait.
Quand on croit en avoir fini avec le Dauphiné,