CONVERSION BU MINISTRE CORAS
lant qui se passe à Montauban est la conversion du ministre Coras, annoncée par l'intendant Pellot à Colbert, en ces termes :
« ...L'on avait parlé de différer la conversion du sieur Coras, ministre ; il le souhaitait et m'avait donné pour cela une déclaration de faire son abjuration quand il le jugerait à propos; mais l'évêque de Montauban fut d'avis de ne pas différer, ce qui a bien réussi ; car cette conversion s'est faite avec tant d'éclat et si à propos, qu'elle surprit et étonna tout à fait ceux de la R. P. R. et en a attiré beaucoup de notre côté. Il y a, outre cela, lieu d'en espérer de bons effets à l'avenir; car, comme il est habile, les connaît et a du talent pour la controverse, il réussira sans doute à ce que l'on l'emploiera et ébranlera beaucoup de ceux qui font la profession qu'il a quittée, surtout quand l'on verra que l'on le traite bien, et que Sa Majesté lui fera quelque grâce quand l'occasion s'en présentera (1). »
Foucault que nous trouvons ici était à l'intendance de Montauban en 1674. C'était son début dans la carrière administrative. Protégé alors par Colbert, il apporte dans l'exercice de ses fonctions des sentiments bien différents de ceux qu'il montra plus tard dans le Béarn et en Poitou; mais alors, ayant perdu Colbert, il avait à gagner
(1) Correspondance administrative, IV, 308.
les bonnes grâces de Louvois. C'est en 1681 qu'il commence, dans ses Mémoires, à parler des religionnaires.
ce Le 6 août 1681, j'ai écrit une lettre au Père de Lachaise par laquelle je lui ai mandé les Donnes dispositions où je trouvais être les ministres et principaux religionnaires de Montauban, pour leur retour à l'Eglise romaine; que leur conversion attirerait infailliblement celle de toutes les villes du Quercy, du Rouergue et du bas Languedoc, qui ne cherchaient qu'une porte honnête pour rentrer dans TEglise ; qu'ils demandaient, pour cet effet, et pour sauver leur honneur, qu'on fît une conférence où les points controversés seraient agités, et ceux qui sont les plus considérés dans le parti m'ont assuré que c'était la seule voie qui pût faire réussir le grand projet des conversions; que celles de rigueur, de privation des emplois, les pensions et les grâces seraient inutiles (1). »
Sur ces entrefaites, Foucault fait un voyage à Paris et s'entretient avec le chancelier Letellier des moyens de conversion dont on peut se servir à l'égard des huguenots ; il insiste sur l'idée d'une conférence , mais Letellier la rejette absolument : « Ne voyez-vous pas, lui dit-il, que cette assemblée aurait le même succès que celle de
(1) Mémoires de Foucault^ 79,