UN MÉMOIRE SUR LA SAINTONGE
(le l'édit, de défendre aux seigneurs catholiques d'avoir des juges huguenots; mettre les ministres à la taille, parce qu'ils épousent les filles les plus riches de la province.
(( Humilier le consistoire , gouvernement dangereux qui fait les républicains.
« Si Ton veut avoir des matelots catholiques, il faut ôter des vaisseaux les officiers de la R. P. R. et y mettre de bons aumôniers.
« Constituer un fonds pour marier les filles catholiques aux matelots protestants; ils abjureront pour l'appât d'une dot.
« Enfin, on pourrait obliger les religionnaires à faire baptiser leurs enfants, sitôt après leur naissance; car il est un grand nombre de ces pauvres créatures qui meurent avant le baptême, par où les parents veulent faire entendre que le baptême n'est pas nécessaire pour avoir le salut éternel. »
Autant de moyens qui furent employés, mais qu'on jugea bien vite insuffisants'. On eut recours à l'éloquence des dragons et à Texpérience consommée du marquis de Boufflers :
« Sa Majesté, lui écrit Louvois, se remet à vous de faire marcher vers la Saintonge le nombre d'infanterie, de cavalerie et de dragons (\i\e vous jugerez à propos. » Louvois possède dans le pays une propriété, sur laquelle vivent
un grand nombre de religionnaires ; mais il n'entend pas qu'on les ménage par égard pour lui :
(( La terre de Barbezieux m'appartient dans la Saintonge, dans laquelle il y a beaucoup de religionnaires fort opiniâtres. Je vous supplie de leur envoyer, et aux paroisses qui en dépendent, où il y aura des religionnaires, tout le nombre de troupes nécessaires pour les obliger à donner le bon exemple, et d'en user de même dans toutes les terres des gens de la cour, où il y aura des religionnaires, rien ne pouvant mieux les persuader que c'est tout de bon que le roi désire leur réunion à l'Eglise romaine, qu'en leur faisant voir que ceux à qui ils appartiennent ne peuvent plus leur donner aucune protection. » Tessé aura la faculté de se réserver de petits détachements « pour aller achever d'éplucher » les religionnaires dans les villes et villages des généralités de Bordeaux et Montauban.
ff Vous observerez aussi, ajoute Louvois,de ne point loger chez ceux qui sont d'une qualité distinguée; mais aussi en ne vous expliquant point que le roi ne désire pas que l'on y loge, vous leur pouvez laisser appréhender qu'ils n'aient des logements à leur tour, s'ils ne songent à quitter une religion qui déplaît à Sa Ma-