‹ Louvois et les ProtestantsChapitre 77 sur 127 · PROFANATIONS DANS LES FAUBOURGS · texte numérisé non relu

PROFANATIONS DANS LES FAUBOURGS

les églises. Ils regardent même cela comme une profanation à laquelle on ne remédie pas. S'il vous plaisait, Monseigneur, d'en parler et de faire exécuter la déclaration de Sa Majesté vérifiée en Parlement, qui défend de se promener dans les églises, d'y être debout et d'y causer, cela ferait un très-bon effet. Il est sûr que la modestie dans les églises est un éloquent prédicateur pour persuader la présence de Notre-Seigneur dans le saint-sacrement. »

Le même agent nous révèle un fait que nous croyons unique :

« Il y a des soldats aux gardes qui ont déterré depuis peu les corps des huguenots qu'on avait enterrés dans la plaine de Grenelle , les ont dépouillés et les ont exposés nus et joint les corps des différents sexes avec des postures indécentes qui blessent 1" honnêteté. Au fond, ce sont des corps de chrétiens, que nous reconnaissons pour l'être, qu'on doit traiter avec plus de charité. Ce desordre est grand dans tous les faubourgs, et il mérite attention (I). »

Ces abommations étaient donc tolérées en pleins faubourgs de Paris, sous les yeux de la police ! Hélas ! les rapports de cet agent subalterne et honnête allaient dormir dans la poussière, malgré leur accent de vérité, tandis

(1) Papiers Rulhières, I.

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que le roi, [.onvois et la cour se délectaient à lire les relations mensongères criin Foucanlt !

Le couvent des Nouvelles-Catholiques, placé sous la direction de Fénelon, recevait les femmes protestantes ; les hommes allaient à la Bastille, les enfants chez les Jésuites. Le 24 janvier 1686, Seignelay écrit à La Reynie que le roi a été informé que la femme de Tapothicaire Trouillon est une des plus ferventes huguenotes de Paris; il convient de l'enfermer dans le couvent des Nouvelles-Catholiques, pour prévenir les effets de son zèle ardent sur son mari. Les enfants du vieux duc de La Force sont emprisonnés dans un collège de Jésuites, ses filles dans un couvent désigné par T archevêque de Paris ; le duc lui-même est relégué dans son château de Bretagne. Le vieillard résiste à toutes les tentatives de corruption; il veut mourir dans sa foi huguenote. Le roi s'irrite, ordonne qu'il soit séparé de sa femme, dont les soins affectueux sont si nécessaires à son grand âge; on l'oblige même à renvoyer ses domestiques protestants et a en prendre de catholiques. Séparée de son mari , en proie aux langueurs de l'isolement, la duchesse supplie qu'on lui donne des livi'es do Claude et de Jurieu. « Vous devez ne lui en donner aucun, »

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