‹ Louvois et les ProtestantsChapitre 79 sur 127 · CONSEILS DE LA REYNIE · texte numérisé non relu

CONSEILS DE LA REYNIE

conversion des femmes l'inquiète surtout, car elles persistent, même alors que leurs maris ont abjuré, et il cite à l'appui la femme Beaulieu « laquelle est fort âgée » et qui a été saisie au moment où elle allait franchir la frontière. Elle sera enfermée dans un hôpital, car elle donnerait le mauvais exemple.

La question du logement des dragons chez les protestants de Paris fut agitée dans les conseils du gouvernement, cela est hors de doute. Une conférence fut convoquée à cet effet. Rendons-lui justice : elle s'arrêta aux voies de douceur, et ce n'est pas sa faute, si ses résolutions ne furent pas strictement exécutées, comme on l'a vu par l'exemple du banquier Samuel Bernard. Les moyens proposés par la conférence sont les sui vants :

Oter aux réformés l'espérance qu'on leur laissera l'éducation de leurs enfants, mêaie de ceux déjà nés ;

Rendre publique l'interdiction des cinq conseillers du parlement qui ne se sont pas convertis;

Faire aller le plus lentement qu'il se pourra les troupes que Ton a envoyées autour de Paris ;

Faire quelques exemples de punition contre ceux qui s'échappent en paroles, afin de conte-

nir les autres; en réunir cinquante ou soixante bien convertis chez La Reynie pour entraîner les autres encore indécis (1).

L'auteur de ce projet n'est autre que La Reynie lui-même ; tout lieutenant de police qu'on est, on a ses vues sur le triomphe des saines doctrines.

Défense est faite aux protestants de Paris de secourir leurs pauvres : « Le roi ayant été informé que Madame Herval et Madame de Monginot font une assemblée de dames delà R. P. R. pour assister les pauvres de ladite religion, Sa Majesté m'a ordonné de vous en donner avis et de vous dire que son intention est que vous empêchiez ces sortes d'assemblées, qui ne doivent pas être tolérées (2). »

Défense aux protestants de remplir le modeste office de concierge : « Le roi ayant eu avis que le nommé Brunier, concierge du haut jardin de Blois, est de la R. P. R., et Sa Majesté ne voulant pas souffrir qu'aucun de ses officiers fasse profession de cette religion, elle m'a ordonné de vous dire de vous en informer, et qu'en casque vous trouviez que l'avis qui en a été donné soit

(1) Mémoire de la conférence teyiue le 25 novembre 1685 chez le j)rociireur général de Paris. — Voir la Correspondance admitiistrative.

(2) Correspo'ndance administ rative , IV, 313.

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