LES OFFICIERS PROTESTA.\TS
le ministre à leur tour. Certains, en garnison à Strasbourg, ont assisté au prêche de cette ville: « Vous leur direz, écrit Louvois à ^f. de Chamilly, que le roi ayant défendu Texercice de cette religion dans son royaume, ce doit être pour tous les endroits de sa domination, et que, quand on a souffert ledit exercice à Strasbourg, ce n'a été que pour les habitants d'Alsace, et non pour eux. » Des officiers, en garnison à Sarrelouis étant allés au prêche de Loustwiller, le ministre leur signifie sèchement que Sa Majesté désire « qu'aucun n'y aille à l'avenir. » Bientôt faisant un pas de plus, il recommande à ]M. de Chamilly de faire entendre aux officiers protestants que Sa Majesté « ne voulant point se servir d'huguenots, elle disposera des emplois de ceux qui n'auront point fait abjuration dans un mois, à quoi il est bon que vous ajoutiez que ceux qui attendront les derniers ne jouiront point de la pension que Sa Majesté accorde aux nouveaux convertis. » A l'égard des simples soldats, cavaliers et dragons, il convient qu'ils abjurent, les soldats et dragons à 2 pistoles par tête, les cavaliers à 3 pistoles.
Même avertissement aux officiers de Metz ; ils feraient une chose bien agréable au roi, s'ils se convertissaient : sinon, l'intendant du pays messin les préviendra que « leurs charges se-
ront déclarées vacantes au bout d'un mois.
Dans la généralité de Metz, qui comptait un grand nombre de religionnaires, Louvois ne garde pas les mêmes ménagements qu'en Alsace. En novembre 1685, il écrit à M. deBissy :
«... L'intention de Sa Majesté est que tous les temples, soit luthériens, soit calvinistes, lesquels sont situés dans les lieux qui étaient sous la souveraineté du duc de. Lorraine en l'année 1669, soient rasés, et qu à l'égard des églises bâties dans les lieux qui ont reconnu le duc de Lorraine en 1665, dans lesquelles les luthériens faisaient le service concurremment avec les catholiques, que l'exercice de leur religion y soit défendu, et lesdites églises demeureront entièrement aux catholiques. »
Les pasteurs du pays messin étaient bannis. Deux cependant restaient à Metz, deux vieillards infirmes et incapables de remplir les fonctions de leur ministère. Avis en est donné à Louvois, qui répond : « Si les deux ministres de Metz qui ne sont plus en fonction sont imbéciles et hors d'état de pouvoir plus parler de religion, le roi pourrait peut-être permettre qu'on les laissât mourir dans la ville de Metz, mais pour peu qu'ils aient l'usage de la raison, Sa Majesté désire qu'on les oblige à en sortir (1). » Ces lignes
(i; D. G., 8 novembre 1685.