COGHARD PÈRE ET FILS
gnant les temples de Nanteuil et de Morcerf, suivant la demande que vous en avez faite. Sa Majesté n'estime pas que les temples dans lesquels se faisaient les exercices de fiefs soient démolis, parce qu'ils font partie des maisons des gentilshommes ou en dépendent. »
L'abbé Guettée est rarement de l'avis du cardinal de Beausset, en ce qui concerne Bossuet, mais il parle le même langage que lui relativement au rôle de l'évêque de Meaux dans la révocation de l'édit de Nantes. Voici ses paroles : (( Il faut dire à la gloire de Bossuet que, tout en approuvant en principe la révocation de l'édit de Nantes, il ne fut jamais partisan, non-seulement des cruautés, mais de certaines violences que d'autres évoques regardaient comme nécessaires. » L'abbé et le cardinal ignoraient sans doute l'existence de la dépêche suivante de Pontchartrain à M. de Ménars, en date du 2 avril 1686 : « Monsieur, les nommés Cochard, père et fils, s'étant convertis, il n'y a qu'à renvoyer les ordres qui avaient été adressés au lieutenant général de Meaux pour les faire arrêter, parce qu'ils n'avaient été expédiés qu'à cause de leur religion, à la prière de M. Vévêque de Meaux.
Tout illustre docteur qu'il était, Bossuet n'opérait pas des conversions plus sincères que ses
collègues, ce qui Tobligeait (l*avoir recours à la force matérielle de l'intendant. Les protestants n'ont plus affaire alors à la houlette de l'évêque, mais aux serres de l'aigle de Meaux :
a A Monsieur l'évêque de Meaux, 30 avril 1686.
« Monsieur, après avoir rendu compte au roi de ce que vous m'avez écrit au sujet des enfants des nouveaux convertis de votre diocèse que les pères et mères négligent d'envoyer aux écoles et aux instructions qui se font dans les paroisses. Sa Majesté a résolu d'écrire sur ce sujet aux intendants pour leur dire d'obliger les pères et mères de les y envoyer, et vous pourrez agir de concert avec M. de Ménars sur tout ce qu'il y aura à faire à cet égard dans votre diocèse. »
Deux mois après, nouvelle dépêche à M. de Ménars :
« Monsieur, le roi approuve la proposition que vous faites d'ordonner aux plus endurcis des nouveaux convertis du diocèse de Meaux d'aller trouver M. de Meaux pour s'éclaircir sur les difficultés, et vous pouvez leur donner cet ordre et les charger de vous en rendre compte ; et si, dans la suite, il y en a quelques-uns que vous estimiez devoir être éloignés ou punis d'une