XVIII. — L'espiègle
Eau-forte.
années suivantes, tandis que seul le Péché originel me paraît d'une date un peu postérieure. Elles se présentent d'après Bartsch (vol. VII, page 439) parfois dans un passe-partout qui est le même que celui où est imprimée la Femme au Rouet, Leur technique est un peu moins savante, un peu plus lâchée que celle des grandes feuilles et s'apparente par là à la taille plus primitive, plus quinzième siècle de Jacob Cornelisz van Oostzanen.
De par ses dimensions et son sujet, la feuille trouvée par Campbell Dodgson parmi l'œuvre de Durer au Cabinet des estampes de Paris, la Phillis chevauchant Aristote (i), devrait être comptée parmi la suite des grandes feuilles, si sa taille extraordinairement large, sur laquelle Dodgson lui-même appelle notre attention, ne lui réservait une place à part. De même, cette feuille sort de la série par la grandeur des figures par rapport aux dimensions du cadre. On pourra la dater un peu plus tard que les autres feuilles, en i5i6 environ. Au point de vue technique, elle se rapproche de certaines grandes feuilles que Bartsch n'a pas décrites, mais que Passavant et Volbehr ont fait figurer dans leur liste. Une Adoration des Rois (Passavant III, p. 8, N°i8), une Annonciation, une Marie avec V Enfant, toutes
(ij Jahrluch der KônigUch preussischen Kunstsammîungen XXVIII (i8q7, p. 184), avec une reproduction assez grande, quoique réduite.
demi-figures, un Christ et la Samaritaine, celle-ci un peu faible de facture, sont autant d'estampes que je crois pouvoir dater de i5ig.
La très grande feuille connue sous le nom V Enseigne à bière (i) qui nous permet de jeter un coup d'œil à rintérieur d'une maison de débauche, où l'un des jeunes gens assis à la table du festin se laisse voler par la fille qui le caresse, peut également être datée de i5ig à cause de ses formes ornementales. Les curieux Traînards d'une armée (B. 17, PI. XIX) sont complètement pénétrés du même esprit que rUlenspiegel, l'eau-forte de i520.
Ce seront là les dernières gravures sur bois de Lucas. Il peut être à peine question d'un développement technique tel que nous avons pu l'étudier pour les gravures sur cuivre, qui furent certainement exécutées par lui-même. Tout au plus pourrait-on prétendre que les derniers bois ont plus de fermeté^ plus de régularité dans les tailles que les ouvrages antérieurs. A l'époque où il changea le plus son style^ Lucas n'a plus travaillé pour la gravure sur bois.
(i) Publiée pour la première fois par Diilberg dans Frûhhollànder IV, pi. XVIII, d'après le seul exemplaire retrouvé par lui à la Bibliothèque Nationale de Paris. Les Cabinets des estampes d'Amsterdam et de Berlin en possèdent une grande copie à rebours, gravée au burin