‹ Lucas de LeydeChapitre 15 sur 23 · LES TABLEAUX · texte numérisé non relu

LES TABLEAUX

« Les tableaux qui restent de » sa main ou que l'on rencontre » encore de lui sont en petit » nombre, mais extraordinaire- » ment remarquables; ils ont » un charme particulier, résul- » tant d'un je ne sais quoi qui » séduit. — » Van Mander : Le Livre des Peintres.

« Les tableaux sont en petit nombre. » Parmi les peintres hollandais du xvi* siècle Lucas de Leyde fut pendant longtemps le seul connu ; il est demeuré le seul célèbre. Mais c'est bien plutôt à son œuvre gravé qu'à ses tableaux qu'il dut sa célébrité en Europe. Même ses estampes ont contribué indirectement à faire la réputation du peintre. Les nombreuses copies peintes, exécutées avec plus ou moins de bonheur d'après ses gravures, et répandues dans toutes les collections, l'ont fait reconnaître comme tel pendant longtemps. C'est pourquoi naguère, en Italie, où l'on ne connaissait pas d'autre nom hollandais, les tableaux de tous les primitifs des Pays-Bas du Nord étaient

attribués à « Luca da Olanda » . Encore maintenant on retrouve beaucoup de ces étiquettes dans le pays qui se laissa ravir il y a quelques années son seul Lucas de Leyde authentique. Ensuite les historiens d'art firent justice de la plupart de ces attributions. Même dans un excès de réaction on a poussé le scepticisme jusqu'à se demander s'il existait encore des tableaux de la main de Lucas. Enfin la critique la plus récente, surtout en Allemagne, au moyen de ses méthodes scientifiques a mis fin à ce doute. En prenant comme point de départ les quelques tableaux signés ou d'une authenticité absolue, le tableau d'autel de Munich, le Jugement Dernier de Leyde, la guérison de V Aveugle de Jéricho, à Saint-Pétersbourg, aidés au surplus par la représentation exacte qu'ils pouvaient se faire du style et de l'évolution de la manière de Lucas d'après l'étude approfondie de ses gravures, Friedlànder et Dùlberg entre autres ont réussi à restituer au maître un œuvre assez considérable. Et nous pourrons commenter ici une vingtaine de tableaux comme étant certainement de la main de Lucas de Leyde.

La première peinture de Lucas dont il soit fait mention est une peinture à la détrempe. Van Mander raconte qu'à l'âge de douze ans, par conséquent dans les années i5o6 ou i5o7, il peignit un tableau représentant la Légende de St Hubert. Le sire van Lockhorst, à qui cette œuvre était destinée, lui compta, comme nous l'avons dit, autant de florins d'or que

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