‹ Lucidité et intuitionChapitre 16 sur 60 · DES LOIS PSYCHOLOGIQUES DE LA LUCIDITÉ · texte numérisé non relu

DES LOIS PSYCHOLOGIQUES DE LA LUCIDITÉ

PSYCHOMÉTRIQUE.

Les expériences de psychométrie qui m'ont conduit à l'induction des lois générales que j'exposerai bientôt, peuvent être groupées en quatre séries :

Première série. — Dans une première catégorie d'expériences, j'ai été l'individualité psychométriquement perçue.

Soit que j'aie fait envoyer à Mme M... des objets divers m'ayant appartenu, le sujet alors adressait aux personnes intermédiaires ses réponses par lettres.

Soit que j'aie confié également des objets à des personnes se rendant auprès du sujet.

Soit qu'expérimentant moi-même avec elle je lui ai mis entre les mains quelque objet m'appartenant.

Ce qui tout d'abord étonne dans le cours d'expériences faites en ces circonstances, c'est l'impeccable concordance des révélations du sujet, qu'on les compare à celles obtenues par psychométrie en d'autres conditions, ou bien à celles faites antérieurement par consultation directe. La lucidité serait-elle infirmée par la fausseté de ses perceptions, que la sûreté de cette concordance constituerait encore un problème psychologique d'un très haut intérêt, car il resterait là une preuve indiscutable de la transmission subconsciente de la pensée.

Il va sans dire que dans ces expériences où j'ai personnellement été le but de la lucidité, les personnes interposées n'ont eu d'autre rôle que d'envoyer ou de présenter un quelconque objet et de me transmettre les paroles du sujet. Leur psychisme particulier n'a pu intervenir pour l'excellente raison qu'elles ne savaient rien au préalable de ce que le sujet allait dire. Si, d'autre part, on considère que dans les expériences par correspondance la personne interposée habitait à plus de 200 kilomètres de Paris, l'utiUté de l'apport de sa pensée n'est pas discutable.

Cette série d'expériences a été une source de très utiles connaissances, car dans aucune autre condition je ne pouvais espérer un contrôle aussi facile, sûr et complet.

Deuxième série. — Je pris ensuite comme but de perceptions des personnes de mon ambiance et parfaitement connues de moi et je le fis en deux conditions :

Soit avec moi-même comme intermédiaire, c'est-àdire en amenant le sujet à me parler d'une personne et en cantonnant sur elle sa lucidité, donc sans autre appui que ma présence.

Soit avec le secours d'un objet antérieurement possédé par la personne à percevoir.

Et, dans ces deux conditions, il fut naturellement ques-

tion de personnes différentes, pour que les visions obtenues par un moyen ne facilitassent pas celles permises par l'autre.

Troisième série. — Je limitai ensuite le champ d'expériences à des personnes peu connues de moi, mais dont l'existence cependant avait quelques points de contact avec la mienne. Et ici encore je procédais soit avec le seul appui de ma pensée, soit avec celui d'objets.

Bien que le contrôle ne soit pas toujours facile dans cette variété d'expériences, je pris mes dispositions pour l'obtenir des personnes intéressées, ou de quelqu'un de leur entourage. Les événements, par leur réalisation, vinrent quelquefois offrir leur témoignage impartial.

Quatrième série. — Enfin je choisis comme éléments de lucidité des personnes absolument inconnues de moi que je n'avais jamais vues et que, vraisemblablement, je ne verrais jamais. Et les intermédiaires qui me fournissaient l'objet nécessaire m'assuraient en même temps le contrôle indispensable.

Ces éléments inconnus ont été suivant les circonstances des êtres vivants ou des personnes mortes depuis des espaces de temps variés.

Quelquefois j'ai su, au préalable, qu'il s'agissait d'une individualité disparue, parce que j'avais spécialement demandé des objets permettant d'en reconstituer l'existence. Mais le plus souvent on me remettait un objet sans aucune indication et le sujet lucide s'exerçait sans le secours possible de ma subconscience.

Il m'est resté de cette série d'expériences le souvenir de moments pénibles pour le sujet et pour moi, rien n'étant plus laborieux qu'une expérience de psychométrie sur inconnus.

En outre de ces séries d'expériences qui épuisaient les circonstances générales de perception lucide d'un être

humain, par intermédiaire, j'en instituais de toutes spéciales pour m'efîorcer de connaître l'importance psychométrique de la nature des objets et leur rôle réel dans l'inter-communication psychique.

J'ose espérer que les résultats de ces investigations seront utiles aux chercheurs qui voudront s'engager plus avant dans l'étude de phénomènes présentant un grand intérêt scientifique.

Je vais maintenant exposer les principes que je me suis cru en droit de dégager, très rationnellement, de l'observation attentive des faits. Quelques-uns seront la confirmation d'acquisitions déjà énoncées par d'autres.

Certains préciseront des notions depuis longtemps discutées, dans les milieux métapsychistes.

La plupart, encore inédits, porteront, du moins je le désire, quelque lumière dans une partie de la science qui, malgré tout, restera un long temps avant de secouer ses ténèbres.

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