LOIS PSYCHOLOGIQUES DE LA LUCIDITE PSYOHOMÉTRIQUE
Si Ton place dans une main de Mme M... un objet quelconque ayant été la possession particulière d'un être humain et souvent touché par lui et si l'on demande au sujet de se représenter mentalement la personne à qui l'objet a appartenu, alors, sans aucune sensation tactile préalable, des images s'organisent dans son esprit et le possesseur de l'objet lui apparaît avec une netteté variable suivant les circonstances, mais toujours assez bonne pour qu'il en puisse donner les caractéristiques physiques.
Dans la pratique des expériences, il faudrait cependant des précautions très spéciales pour qu'il en soit ainsi, car presque toujours un objet a subi d'autres contacts d'êtres humains depuis celui de son possesseur ; et tout contact tant soit peu prolongé suffit pour que le sujet ait tout d'abord l'hallucination de la personne qui a eu le dernier contact.
Ainsi, même dans les cas où je décachetais des objets inclus sous enveloppes, au moment même des expériences, je fus toujours la première personne évoquée dans l'esprit de Mme M... Le très court instant pendant lequel je faisais passer un objet de son enveloppe dans la main du sujet lui imposait la vision de mon image, bien que ma question exigeait la perception du véritable possesseur de l'objet.
Qu'on fasse alors observer au sujet que Ton désire limiter sa clairvoyance exclusivement à ce possesseur, alors une autre image représentant une autre personne l'halluciné ; mais cette deuxième évocation est celle de l'individualité qui a touché l'objet immédiatement avant l'expérimentateur et ce n'est pas souvent le possesseur. Et Mme M... pressée par les injonctions du consultant, remontera ainsi, être par être, la succession des contacts jusqu'au véritable propriétaire de l'objet d'expériences.
Dans les premières expériences de psychométrie, tant qu'on n'est pas familiarisé avec ce procédé de son psychisme, on perd un temps considérable, lorsque le but est une personne déterminée, surtout si elle est inconnue de l'expérimentateur.
La séance se déroule toujours d'une façon analogue à ceci :
« — ...Voyez, dit-on au sujet, la personne à qui appartient (ou a appartenu) l'objet que je viens de mettre dans votre main ? »
Et Mme M... se met à décrire une personne, au physique et au moral, pour laquelle on se sent quelque sympathie, en raison de la ressemblance étrange qu'elle présente avec soimême. Puis elle caractérise sa situation sociale et l'on se dit : « c'est extraordinaire qu'il y ait un autre être dont l'existence soit aussi parfaitement calquée sur la mienne » et pour s'assurer qu'il n'y a pas méprise, si l'on demande au sujet :
« — ...Voyez donc où se trouve en ce moment la personne dont vous parlez ».
« ...Mais elle est tout près de moi, répond-il, je la touche... c'est vous »...
Quelques minutes se sont déjà usées à cette perception inutile.
« — Je ne vous demande pas de voir les personnes qui ont touché cet objet, mais celle à qui il appartient ».
« ...Une deuxième personne m'apparaît, dira alors le sujet, que faut-il voir en elle ? »
« — Faites-moi d'abord sa description physique ».
Et Mme M... entame le portrait de l'ami qui vous a procuré l'objet et s'est chargé du contrôle.
« — ...Je vous fais encore observer, insistera-t-on, que je vous demande de parler uniquement du possesseur de l'objet et non d'autres personnes ».
« ...Alors, une troisième personne se présente à mes yeux, reprendra Mme M..., et elle la décrit. Et comme ce que dit le sujet ne peut s'appliquer à aucune individualité que l'on connaît, on se réjouit d'être enfin parvenu à la personne désirée; on presse le sujet de questions habiles, on épuise tout ce dont est capable sa lucidité, on écrit à mesure ses paroles et avec une certaine anxiété on les transmet à l'ami pour contrôle.
Assez souvent sa réponse est celle-ci :
« Les révélations très curieuses de votre sujet ne con- « cernent nullement la personne dont je vous ai confié un « objet, mais, par contre, et le fait est des plus bizarres, « elles s'appliqueraient tout à fait bien à un sien cousin qui « fréquente habituellement chez lui ».
D'autrefois, la réponse ne contient même pas cette consolation, elle est plus déprimante :
« ...Les révélations que vous me transmettez ne peu- « vent s'appliquer ni au possesseur de l'objet ni à personne « de ma connaissance ».
Si l'on ne veut pas, dans ce cas perdre le fruit del'expérience,on est dans la nécessité d'instituer une véritable enquête, qui souvent aboutit à cette satisfaction de découvrir que l'être dont le sujet a parlé, s'il n'est pas connu de votre ami, l'est fort bien du possesseur de l'objet et qu'en effet, l'être perçu avait eu l'occasion d'avoir l'objet en main
depuis que son véritable possesseur l'avait touché pour la dernière fois.
Tant qu'il s'agit d'intermédiaires connus, la difficulté de l'expérience est petite, car à mesure qu'on les reconnaît à la description qu'en fait le sujet, on les élimine, et ainsi avec une perte réduite de temps, on parvient àl'individualité désirée. Mais, si les intermédiaires sont nombreux et pour la plupart inconnus, pour s'assurer la perception du véritable possesseur de l'objet dont on peut seulement espérer le contrôle, on se trouve dans la nécessité d'épuiser pour chaque être inconnu de soi, tout ce que le sujet peut dire. Et, dans ce cas, je fais le lecteur juge des tribulations du sujet et de l'expérimentateur !
De ce procédé d'évocation mentale, il ressort que la possessivité d'un objet et sa durée ne lui donnent pas de quahté imposant au sujet la vision exclusive, ni même première en date, de l'être possesseur. Un contact de quelques secondes, s'il est plus récent qu'un contact quotidien ayant duré des années, provoquera toujours et tout d'abord la vision de l'être qui, en dernier lieu, aura impressionné. Je serais tenté de poser en règle que la durée du contact est un élément psychométrique secondaire. Ce qui prime toute autre considération, c'est le fait quun être humain ait touché V objet.
Il est de toute nécessité pour qui veut expérimenter en psychométrie, d'avoir jusqu'à l'obsession la connaissance de cette facilité avec laquelle les objets s'imprègnent de toute individualité humaine qui les touche. L'exemple que j'ai cité page 117, et qui avait trait à la perception d'un état affectif, en raison des conditions où elle fut obtenue, montre bien à quel point la matière est sensible à l'énergie particulière dont nous l'imprégnons.
Pour Mme M... donc, avoir écrit une lettre ou possédé un objet ne crée pas une prépondérance dans l'évocation mentale. C'est pourquoi, lui demander de parler du scrip-
leur d'une lettre ou du possesseur d'un objet ne spécialise et ne limite pas ses visions. Il faut attribuer à la méconnaissance de cette particularité du psychisme lucide, difficile à analyser chez les sujets éveillés, qu'on ait appelé erreurs de direction les cas où le sujet parlait d'une autre personne que celle que l'expérimentateur voulait lui faire percevoir.
Or, demander au sujet (je ne saurais trop le répéter) de parler d'un scripteur de lettre ou du possesseur d'un objet, c'est lui tenir un langage qui n'a aucun sens pour sa subconscience. Il traduit le premier être qui s'évoque dans son esprit, c'est-à-dire le dernier qui a touché l'objet. L'évocation n'est pas laissée à la volonté de sa raison, elle se fait automatiquement, en réponse à la question, mais non pas en réponse exacte. On demande au sujet la représentation d'un être déterminé par le désir de l'expérimentateur, et son imagination répond par la représentation de l'être imposé par la prédominance de l'enregistrement de la force excitatrice, de nature inconnue, dont nous imprégnons les choses. Or, cette prédominance est, pour ainsi dire proportionnelle à la proximité du contact.
En psychométrie, il ne peut pas y avoir d'erreurs de direction, parce que l'on ne doit pas appeler ainsi ce qui n'est qu'un manque de connaissance de la psychologie des sujets lucides.
Mais, me dira-t-on, n'est-il pas des cas où le sujet perçoit non pas une des personnes ayant touché l'objet, mais un être quelconque de son entourage ? Mais certainement et c'est bien souvent que j'ai observé cela. L'exemple cité tout à l'heure ne montrait-il pas comment une lettre touchée pendant une minute par un mien ami, de passage à Paris, provoqua d'abord la perception de sa femme, distante ce jour-là .de plusieurs centaines de kilomètres.
J'avoue que mes notes d'expériences psychométriques fourmillent de faits de ce genre. Mais pourquoi appeler cet exercice normal de la faculté de lucidité erreur de direc-
tion ? Je vais montrer plus loin qu'en pareil cas, la lucidité ne sort pas des limites des individualités dont l'objet garde l'empreinte.
Ce qui rend expérimentale la lucidité psychométrique, c'est qu'on peut fixer l'attention du sujet sur chacune des individualités humaines que l'intermédiaire de l'objet permet d'évoquer, et le sujet en parle de la même façon que si elles étaient présentes.
Bien plus, à partir du moment où la représentation mentale s'en est faite, l'objet qui en a été la condition nécessaire n'est plus utile ; on peut le retirer des mains du sujet, le détruire même par le feu, que le sujet n'en continue pas moins l'analyse de l'individualité, sans aucun appui apparent, puisque l'expérimentateur, lorsqu'il s'agit de perception d'être inconnu, ne peut plus prêter le secours involontaire de sa subconscience.
Quand l'objet lui a procuré l'évocation mentale d'un être, Mme M..., en des séances ultérieures, n'a plus besoin de ce contact pour reprendre et poursuivre sa traduction lucide. De même qu'il lui arrive bien souvent, aussitôt qu'elle a commencé à parler d'une personne, de faire retirer l'objet de sa main pour que ses perceptions ne puissent être troublées par l'évocation fortuite d'une autre individualité.
Ne serait-on pas en droit de déduire de tout cela que les objets s'imprègnent de quelque chose leur venant de chaque être humain qui les a touchés et que ce quelque chose est distinct pour chaque être puisque chacun est évocable et que son individualité n'est en aucune de ses parties fusionnée avec les parties des individuahtés cohabitantes ?
Si on ne procédait pas, rationnellement, à la direction de la lucidité de Mme M..., il pourrait parfois arriver que
son esprit s'arrêtât, comme spontanément, à la perception d'un seul des êtres latents dans un objet et sans nul souci apparent de la hiérarchie chronologique. C'est qu'alors la question initiale de l'expérimentateur aura provoqué non pas la seule vision de l'être de dernier contact, mais la succession rapide des images de tous les êtres enregistrés dans l'objet. Au lieu que l'évocation de chacun d'eux ait nécessité autant d'injonctions réitérées de la part de l'expérimentateur, l'imagination, par un caprice cependant assez rare, a fait défiler dans le champ de conscience du sujet les images de toutes les individualités. En telle condition, le sujet a libre choix, s'il lui est demandé de parler de l'être que l'objet lui fait voir. C'est un sentiment de sympathie qui le lui dictera. Car il évite de s'arrêter spontanément aux visions qui lui seront une source de sensations pénibles, d'émotions angoissantes. Sa préférence ira vers celles qui sont un repos pour ses nerfs, qui promettent le calme à sa sensibilité trépidante. C'est d'après la loi de la recherche du plaisir et de l'appréhension de la douleur qu'entre toutes les individualités qui défileront dans son rêve lucide, elle en choisira une et s'y arrêtera. On ne peut pas dire qu'alors la perception d'un être est imposée à l'automatisme subconscient par l'influence prépondérante d'une affinité fluidique. L'électivité est dans ce cas le fait de l'intervention des facultés conscientes.
Mais, je dois dire que ce procédé, assez fréquent chez d'autres sujets lucides, est très rare chez Mme M... Ordinairement, un seul être s'évoque dans son esprit, et le premier évoqué est celui du dernier contact. Sous l'aiguillon des questions, elle remonte ensuite la succession des individualités suivant leur chronologie ascendante.
Tous les êtres ayant touché un objet étant évocables et matière à perceptions, j'eus quelquefois la curiosité de
m'assurer ce que produirait un objet d'elle-même mis dans ses mains.
Si je n'y avais pas songé, l'idée m'en aurait d'ailleurs été proposée par les circonstances, car la première expérience de ce genre eut lieu par hasard.
A la fin d'une séance, il m'arriva un jour de prendre, sans choisir, et même sans regarder, une lettre parmi beaucoup d'autres en la mettant dans une main du sujet, je dis :
« — Voyez la personne qui a écrit cette lettre ».
Comme à l'ordinaire, Mme M... décrivit une première personne dans laquelle je n'eus pas de peine à me reconnaître.
Puis, sur l'observation que je lui fis de ne pas voir le récepteur de la lettre, mais son scripteur, elle fit alors la description d'une autre personne qu'à certaines caractéristiques je reconnus. Comme parmi mes lettres s'en trouvait, en effet, une de cette personne, je pensai que c'était probablement celle-là que le sujet avait en main. Mais me méfiant des évocations d'êtres à contact intermédiaires ou d'êtres d'ambiance, je voulus m'assurer que j'étais bien arrivé à l'auteur de la lettre et je dis au sujet :
c( — Les deux personnes dont vous venez de me parler ont peut-être seulement touché cette lettre ; remontez plus haut, voyez bien la personne qui l'a écrite ».
« ...Alors, dit le sujet, je remonte plus loin... une femme maintenant m'apparait... une femme petite, brune, cheveux en bandeaux... c'est un cerveau bizarre... une sensitive comme moi...
...Mais j'ai peur ! j'ai peur ! retirez vite ce papier... c'est moi que je vois, c'est moi !:.. vous me faites mal... j'ai peur !... »
Je retirais le papier et me rendis compte que j'avais mis dans la main de Mme M... une lettre écrite par elle quel-
ques mois auparavant à la personne décrite en second lieu. Je ne savais pas cette lettre mêlée à mes papiers.
Depuis, je reproduisis plusieurs fois ce phénomène d'auto-hallucination.
Et chaque fois, en cette condition, j'ai essayé d'obtenir d'elle et pour elle-même soit des prémonitions, soit des révélations de choses inconnues de sa pensée consciente. Ce fut toujours sans résultats. Aucune hallucination ne venait alors répondre à l'excitation de mes questions.
Elle m'aurait fort aisément parlé de son passé, mais à la façon dont chacun de nous peut parler du sien, c'est-àdire avec l'aide du souvenir et des jugements des facultés conscientes. Mais l'activité de son imagination subconsciente ne voulut jamais se réveiller pour traduire les mystères de son individualité.
Les fondamentales notions de psychologie psychométrique que je viens d'exposer se peuvent condenser dans les trois lois suivantes.
Première loi :
Les choses mises en contact avec la sensibilité d^un sujet lucide psychomètre lui permettent la reconstitution de chacune des individualités humaines qui les ont préalablement touchées.
Deuxième loi :
Toutes les individualités ainsi évoquées sont perçues distinctement, sans qu'il y ait jamais interposition ou fusion dans leurs parties.
Troisième loi :
Dès que l'évocation d'un être dans l'esprit du sujet a été obtenue, l'objet qui en a été la condition peut être retiré des mains du sujet et détruit ; le sujet n'en continue pas moins
à traduire F être comme s'il était à ses côtés ou tout au moins comme s'il avait toujours V objet dans sa main.
§ Il
Nous savons déjà que le contact d'un objet permet au sujet lucide la représentation mentale visuelle de chacune des personnalités qui l'ont touché, sans confusion possible de leurs détails respectifs.
J'ajouterai maintenant, que le sujet peut traduire chacune d'elles totalement, comme s'il était en communication directe avec l'individualité éloignée.
Le lecteur, dans les chapitres précédents, a vu comment la lucidité de Mme M... s'étend non seulement sur notre personne, dans le sens restreint que nous donnons ordinairement à ce mot, mais à toute notre existence, faite de tous les rapports actifs ou passifs de la personnaUté avec ce qui vit autour d'elle. En sa condition psychométrique, la lucidité n'a pas une extension moindre de ses perceptions. Quelles que soient les circonstances où elle fonctionne, elle a toujours le même but : traduire Findividualité humaine.
Gomme je l'ai exposé ailleurs, et comme cela ressort de l'observation des phénomènes de lucidité, il est inexact de penser que notre individualité soit le moi opposé au nonmoi. C'est le moi en toute sa durée d'évolution et avec tout son non-moi relatij ; autrement dit : c'est la somme de tous les phénomènes gui constituent une existence humaine.
On pourrait comparer chaque existence d'homme à un système sidéral dont une personnalité déterminée serait le soleil central, et autour de laquelle graviteraient, à distances diverses, les êtres de son ambiance.
Et de même que la vie du soleil ne peut se comprendre si on la considère en dehors des planètes de sa gravitation, de même chaque vie humaine ne pourrait être qu'artifi-
ciellement détachée de l'ambiance dont elle est partie intégrante.
Cette manière de comprendre l'être humain, n'est-elle pas celle qu'emploie, de nos jours, l'historien quand, pour expliquer l'évolution d'une personnalité, il fait précéder l'énoncé de ses modifications par l'étude scrupuleuse des milieux successifs où elle a vécu, dégageant à mesure les influences reçues et rayonnées ?
L'intuition du sujet lucide sanctionne cette conception de la logique rationnelle. Choses et êtres de notre ambiance sont, pour elle, des fragments de nous-mêmes, puisqu'ils sont les mobiles ou les buts de notre activité.
En étudiant la perception lucide de notre vie de relation, j'ai insisté sur ce fait que le sujet peut percevoir, quand nous sommes l'objectif de sa lucidité, chacun des êtres principaux qui, à n'importe quel moment et à n'importe quel titre, font partie de notre existence. C'est pour cette raison qu'un objet psychométrique est capable d'entraîner dans l'esprit du sujet, non seulement l'évocation des êtres qui l'ont touché, mais encore celle des individualités de Vamhiance de ces êtres. De sorte qu'il peut arriver (et cela n'est d'ailleurs pas rare) que, par le contact d'un objet, le sujet psychomètre perçoive un être satellite, malgré que l'expérimentateur lui ait demandé de parler d'une personne ayant directement touché l'objet.
Ainsi se produisent ces prétendues erreurs de direction qui ne sont pas des erreurs, mais des nécessités psychologiques de la lucidité. Ce sont des perceptions d'un fragment de l'ambiance d'une des personnes ayant touché l'objet, mais ce fragment d'ambiance est aussi un être humain.
Il n'y a pas là plus d'erreur que n'en commettrait l'astronome qui, voulant considérer Jupiter, laisse dériver son attention vers un de ses satellites. Le satellite est vu fortuitement parce qu'il fait partie de la vie cosmique de Jupiter. Erreur, seulement, il y aurait si l'astronome prenait
ce satellite pour la planète principale, mais s'il voit Jupiter et aussi son satellite et surtout s'il juge leur rôle respectif, je ne vois pas où serait l'erreur, malgré que ces deux planètes apparaissent successivement ou simultanément dans le champ de son télescope ?
De même, en psychométrie lucide, lorsque le sujet avec l'aide d'un objet, arrête son attention sur une personne de l'ambiance d'un des êtres de contact, l'erreur, dans ce cas, est dans l'esprit de l'expérimentateur qui, ayant demandé au sujet de lui parler du possesseur de l'objet, croit indûment que la possessivité est un facteur psychométrique et que sa question est capable de localiser la perception du sujet. L'erreur dans ce cas n'est pas du fait du sujet qui subit les lois de son psychisme, c'est une erreur de psychologie !
On ne pourrait, légitimement, affirmer qu'il y a eu erreur de direction que dans le seul cas où il serait prouvé que l'être évoqué ne fait partie de l'ambiance d'aucun des êtres ayant touché l'objet.
Or, dans tous les exemples d'erreurs de direction qui me sont tombés sous les yeux, la personne sur laquelle s'était fourvoyée la lucidité du sujet avait simplement le tort de n'être pas le possesseur demandé ou le scripteur de lettre ; mais, par contre, c'était toujours ou bien une autre personne ayant directement touché l'objet ou bien une personne de l'ambiance d'une de celles qui l'avait touché.
Une pareille loi, dira-t-on, complique sérieusement le contrôle, en expérimentation psychométrique. C'est bien mon avis et j'ai, pour ma part, bien souvent regretté qu'il en soit ainsi. Mais pouvons-nous modifier les lois de la lucidité ?...
Parce que notre existence est un tout, dont on ne peut détacher des fragments que par artifice d'analyse, dès
l'instant qu'un objet permet l'évocation mentale d'une personne, le sujet lucide est en condition de percevoir cette individualité pendant toiitela durée de son existence, quelqu'ait été le moment où elle a touché l'objet.
Un objet, par exemple, qui aurait été touché il y a vingt ans, et jamais depuis, par une personne actuellement âgée de 50 ans, non seulement permettra la perception de la tranche de vie contemporaine au contact, ou même les vingt années qui l'ont précédé; il permettra, tout aussi bien, et même mieux, celle des trente années écoulées depuis le contact. Le sujet parlera de la vie actuelle de cette personne comme s'il procédait avec un objet fraîchement imprégné, de même qu'il fera toutes les révélations ordinairement possibles sur son avenir considéré à partir du moment de l'expérience.
Et cela vient en confirmation de ce que je disais plus haut : l'individualité humaine représentée par l'intermédiaire d'un objet, est perçue de la même façon et aussi totalement que si elle était auprès du sujet (à part cependant une diminution sensible de l'activité lucide en ces conditions).
Toutes les expériences de psychométrie que j'ai faites avec Mme M... ont été autant de preuves que ce qui importe : c'est qu'un objet produise révocation mentale de l'être qui l'a touché. Le rôle de l'objet semble ensuite terminé.
Etant donné ce rôle des objets par rapport aux psychismes des sujets lucides, on peut se demander si le rôle de l'expérimentateur n'est pas le même quand, en raison de sa présence et sans autre appui, le sujet lui parle de personnes qu'il connaît et révèle à leur égard des choses contraires à ce qu'il sait, ou différentes; quand encore, à propos d'une personne de son ambiance, le sujet perçoit pour cette dernière une autre individualité et en parle, bien qu'elle ne doive jamais être rien pour lui.
Les faits et leur observation ne permettent pas de faire le départ entre ce que fournirait le rôle psychométrique de l'expérimentateur et ce que le sujet peut recevoir de sa pensée subconsciente, l'extension de cette pensée étant inconnue.
Quoiqu'il en soit, on peut dire qu'une grande analogie est manifeste entre ce que permet la présence de l'expérimentateur pour des êtres de son ambiance et un objet influencé par le contact d'une individualité humaine.
Mme M... présente cette particularité psychique qu'avant toute autre vision, un objet provoque l'image mentale de la personne qui sera l'objectif de toutes ses hallucinations. Elle voit d'abord l'être sur lequel va s'exercer sa lucidité, comme nous nous représentons habituellement la personne dont nous allons parler. Toutes les révélations qu'elle fera ensuite auront trait à cet être primitivement évoqué, et les sites qu'elle décrira, les lieux, les maisons, les scènes, les groupements de choses, etc., que ses hallucinations lui feront percevoir et traduire, seront imposés à sa lucidité parce qu'ils font partie de l'existence de cet être évoqué grâce à l'objet.
Avec Mme M..., il est de toute évidence que toutes ses perceptions lucides convergent vers la seule individualité dont s'occupe, sur le moment, sa sensibilité psychique. Tout objet contient ainsi en puissance une quantité de perceptions lucides qui est la somme de ce que pourrait permettre chacune des individualités qui, ayant touché l'objet, sont de ce fait évocables. En dehors de ce que contiennent toutes ces existences humaines représentées dans un objet, Mme M..., par cet objet, ne peut obtenir aucune autre connaissance, intuitivement.
Mais, cette limite de la lucidité, en psychométrie, si évidente quand on observe le psychisme de Mme M..., ne l'est pas chez la plupart des autres sujets psychomètres.
L'image de l'individualité, centre de perceptions, ne s'évoquant pas au préalable, il arrive bien souvent qu'un objet fasse jaillir dans le champ de conscience de ces sujets un fragment de l'existence d'un être non évoqué, ce qui entraîne parfois des descriptions de scènes et de lieux paraissant indépendants de toute individualité.
De sorte que l'on pourrait croire, et c'est d'ailleurs l'opinion fréquemment exprimée par ceux qui ont observé ces sujets, que tous les règnes de la nature : animaux, plantes, minéraux et hommes, imprègnent également toutes les formes de la matière, y impriment leurs images latentes, véritables clichés superposés et jamais composites, que la sensibilité des sujets révèle et nous traduit.
L'Univers entier, pour le psychisme lucide, serait ainsi représenté dans le moindre agrégat de matière.
Et, à la faveur de cette conception, la lucidité psychométrique arrive à couvrir de son nom des expériences, ou du moins de prétendues expériences, disqualifiées par ce seul fait que tout contrôle en est impossible.
Voici un court exemple qui me semble condenser en peu de lignes toute l'inutilité de l'expérimentation avec sujets dont le psychisme ne groupe pas ses perceptions autour d'une individualité humaine.
« Pièce à consultation : un menu débris d'émail détaché d'une dent de mastodonte découvert dans le Visconsin, aux environs d'Hazel-Green.
'( ...J'ai l'impression, dit le médium, de détenir une parcelle osseuse ayant appartenu à un animal gigantesque, sa composition me laisse pressentir qu'il s'agit vraisemblablement là de la partie minuscule d'une dent... Je le constate!... oui, il s'agit bien d'un véritable monstre monté sur pattes très charnues et lourdes, la tête est extrêmement volumineuse et le corps, en proportion, accuse un développement énorme, etc..
« ...Puis peu après, Mrs Denton voit surgir tumultueusement un troupeau complet de ces animaux monstrueux. Elle distingue aisément les jeunes parmi les plus âgés. Elle voit aussi en même temps des végétaux dont les hauts panicules dépassent sensiblement la tête de ces animaux, etc., etc..
« Dans une autre séance, la percipiente dépeint les monstres fossiles des mers, les baleines des premiers âges et autres grands cétacés... oui, elle donne la description d'animaux qui furent ensevelis surplace et pétrifiés au cours des périodes siluriennes et carbonifères... Le médium voit, s'agitant dans les eaux des vieux Océans, certains grands animaux inconnus de nous et dont le type a disparu... Ses yeux perçoivent aussi les événements et faits antérieurs aux constructions lacustres, etc.. «
{Annales des Sciences psychiques, août 1910. Traduction d'un article du Colonel Joseph Peter publié dans Die Uebersinnliche Welt, de Munich).
Cette conception de la mémoire des choses est une erreur dans laquelle devaient fatalement tomber les observateurs expérimentant avec des sujets dont l'automatisme lucide joue au hasard des évocations d'images. Ils décrivent les visions que l'objet impose à leur esprit, mais ne perçoivent pas toujours l'individualité humaine à laquelle elles se rapportent.
En réalité, l'objet ne tient aucune force enregistrée qui, par elle seule, puisse halluciner le sujet. L'objet n'est qu'un moyen de mise en communication entre deux êtres humains, entre deux pensées, et ce sont les pensées non conscientes de tous les êtres ayant impressionné un objet, qui contiennent tous les matériaux dont s'alimentent les visions du sujet lucide.
D'ailleurs, dans beaucoup d'expériences dont j'ai lu les comptes rendus, ce lien entre les choses et une individualité déterminée était presque toujours visible.
Quand à la pseudo-expérience psychométrique que je viens de citer, je ne reconnais pas en elle, la marque de la lucidité. Cet exemple comme tous les autres du même auteur, que citent les Annales des Sciences Psychiques, pour intéressants qu'ils soient à lire, n'ont aucune portée expérimentale.
A quoi correspondent les perceptions du sujet ? Reproduisent-elles une réalité incontrôlable ou les idées subcon-
scientes des expérimentateurs ? Dans ce dernier cas, nous ne sommes plus dans le domaine de l'intuition, mais dans celui de la simple transmission subconsciente de pensée.
Quatrième loi :
Chacune des individualités humaines, dont un objet permet révocation mentale, est perçue dans la totalité de son existence, en toute sa durée et en toute son étendue, et cela à quelque moment de cette existence où l'objet et la personne aient été en contact.
Etres et choses de notre ambiance, faisant partie intégrante de notre existence, sont, pour tous les moments de notre vie, susceptibles de perception lucide.
Cinquième loi :
L'objet ne fournit rien au sujet lucide qui ne fasse partie de Vexistence des êtres humains Vayant touché ou de ceux de leur ambiance.
La psychométrie n'est quune condition de la lucidité, elle n'y ajoute rien. Que la lucidité s'exerce par l'intermédiaire d'un objet ou qu'elle ait lieu par présence d'une personne, elle ne franchit pas le cadre psychologique de son activité qui est la perception de l'individualité humaine.
§ ni
Dans le but de me rendre compte de quelle importance pouvait être, en psychométrie, la constitution physicochimique des objets, j'ai utilisé, en mes expériences, un très grand nombre de choses de nature très différentes, mais en me cantonnant cependant dans l'état solide de la matière. Et je n'ai pas vu que, pour la sensibilité deMmeM..., les diverses constitutions des choses favorisent ou amoindrissent leur valeur psychométrique.
De toutes mes observations, une seule certitude ressort : c'est que la valeur psychométrique d'un objet réside dans son contact antérieur avec une individualité humaine. Plus ce contact aura été exclusif, moins il y aura eu d'intermédiaires entre l'être à percevoir et le sujet lucide, meilleur l'objet sera pour l'expérience.
C'est pour ce motif, dont l'observation empirique leur a fourni la connaissance utilitaire, que certains sujets exigent surtout des objets de possessivité aussi intime que possible et qui ont tant prêté à l'ironie : mèches de cheveux, gants, linges, etc., toutes choses qui semblent, en raison de leur apparente bizarrerie, de fantaisie charlatanesque, mais qui ont ce mérite incontestable de venir directement de l'être à percevoir. Comme quoi il y a souvent une vérité cachée derrière des traditions étranges qui ne semblent persister qu'avec l'appui de la sottise.
S'il est des sujets, et j'en connais plusieurs, qui ont une véritable prédilection pour l'écriture comme moyen de lucidité psychométrique, Mme M... ne manifeste aucune préférence pour le papier écrit. Une lettre n'a de valeur évocatrice pour elle qu'en raison de son contact antérieur avec une personne ; un fragment quelconque de papier blanc manipulé pendant le même temps remplirait le même office.
D'ailleurs, le lecteur a déjà vu que les personnes qui, depuis le scripteur, ont eu l'occasion de toucher une lettre, sont tout aussi facilement évocables que lui. Le fait d'avoir écrit, je le répète, ne donne aucune prépondérance, aucune prérogative et. non seulement n'impose pas, en premier lieu, la vision de l'auteur, mais ne rend ni plus nette ni plus étendue sa perception lucide.
Ayant lu quelque part que les photographies permettaient la traduction lucide des personnes photographiées.
et que si les objets de matière ordinaire ont besoin d'être touchés pour qu'ils soient imprégnés, la plaque sensible pourrait l'être à distance ; qu'elle aurait d'autre part, la vertu de donner à chaque image positive, tirée sur papier, un peu de son imprégnation, sans se diminuer, et cela à la façon d'un aimant qui conserve à peu près son aimantation, tout en la communiquant à tous les morceaux d'acier qui le touchent, j'ai soumis cette possibilité à l'expérience.
Or, expériences faites, je n'ai jamais vu, même en pareilles conditions, qu'il y ait dérogation à la règle fondamentale de la psychométrie qui veut que le contact d'une individualité soit la condition exclusive de la valeur psychométrique d'un objet.
Quand j'ai procédé avec des photographies de personnes inconnues de moi et jamais touchées ni par l'original, ni par quelqu'un de son ambiance, je n'ai rien pu obtenir de la lucidité de Mme M... Jamais, dans ces cas, l'être photographié ne s'est évoqué dans son esprit. Mais, par contre, Mme M... percevait, comme à l'ordinaire, les personnes ayant touché la photographie, dans leur ordre de succession ascendante.
Lorsque j'ai utilisé des photographies de personnes inconnues de moi, non touchées par elles, mais m'ayant été confiées par quelqu'un les connaissant, alors je suis parvenu à obtenir la perception lucide des êtres photographiés, mais avec une certaine difficulté et des révélations très restreintes. Il était évident dans ce cas que l'original de la photographie n'était perçu qu'à travers la pensée de la personne qui le connaissait et avait elle-même possédé ou au moins touché la photographie. C'est en cette condition que j'obtins le diagnostic (sauf le terme) de méningite aiguë, cité dans « la perception de la vie organique ». Et le lecteur se souvient que le sujet s'excusa de ne pouvoir préciser davantage parce que l'objet qu'il avait en main n'avait
pas été touché par la personne dont j'avais cependant obtenu l'évocation.
Quand enfin j'ai employé des photographies de personnes inconnues de moi, mais ayant touché leur photographie, alors l'objet présentait la valeur psychométrique de tout objet touché, sans plus. L'image pouvait être décollée et détruite, son carton support jouissait de la même propriété.
Il ne m'a jamais paru que l'image d'une personne ait par elle-même fourni quelque chose à Mme M... de plus qu'un quelconque objet. Par contre, et j'insiste sur cela, dans les cas où la photographie ne permettait pas la perception de la personne ainsi représentée, le possesseur de cette photographie et tous les êtres Vayant touchée, expérimentateur compris, étaient très aisément perçus.
Je refuse de même à l'objet tout accroissement de vertu évocatrice qui lui viendrait de la durée prolongée du contact, de la possessivité. Le fait qu'un objet ait été longtemps possédé,. n'impose jamais la vision exclusive et prépondérante de son possesseur, s'il y a eu contact ultérieur par d'autres individualités.
Ce qui importe, pour qu'un objet ait une sérieuse valeur psychométrique, c'est qu'il y ait eu le moins de contacts possible entre l'être dont on désire la perception lucide et l'expérimentateur. Car, trop de contacts entraînerait la vision de trop d'êtres et, comme pour un grand nombre d'entre eux, le contrôle serait impossible, on ne saurait utilement aborder une expérience en ces conditions. Un objet aussi pollué doit être considéré comme pratiquement inutilisable en psychométrie.
Mais, l'ancienneté d'un contact amoindrit-elle la valeur psychométrique d'un objet ?
En d'autres termes, l'imprégnation d'un objet par le
contact d'un être humain s'efface-t-elle ou disparaît-elle avec le temps ?
Pour répondre à cette question, il faudrait Fappui d'une série d'expériences faites en des conditions que je n'ai jamais pu rencontrer.
Car, il ne faut pas perdre de vue que, dans ce genre de phénomènes, l'expérience n'a de valeur que s'il y a possibilité d'un contrôle parfait. Or, si j'en juge par la difficulté qu'il y a de contrôler des faits intéressant des personnes contemporaines, je n'envisage pas la possibilité d'obtenir un contrôle sérieux de la correspondance réelle de perceptions lucides concernant des êtres qui ont vécu il y a plusieurs siècles.
Surtout que, d'autre part, plus un objet est ancien, plus il est susceptible d'avoir eu des rapports de contact avec des êtres humains, ce qui rend toute investigation impossible.
Avoir un objet parvenu directement d'un être ancien jusqu'à nous et à l'abri d'influences parasites, pouvoir contrôler ce qui serait dit de cet être par des documents non connus jusqu'alors et compulsés seulement après les perceptions lucides, voilà, si le résultat était positif surtout, la vraie solution du problème de la durée de la valeur psychométrique des objets. Mais une telle expérience est-elle réellement possible ?
Dans « V Occultisme hier et aujourd'hui » le professeur J. Grasset, cite le cas de psychométrie rétrospective cidessous que je reproduis parce qu'il montre bien le genre de certitude, qu'à part d'excessivement rares conditions, on peut espérer, dès que l'être à traduire est très éloigné dans le temps.
« ... En juillet 1906, on a appris, non sans quelque étonnement, par tous les grands journaux quotidiens (VEclair, le Matin] que M. Gayet, « l'infatigable, ingénieux érudit » directeur des fouilles d'Antinoé, en ayant rapporté la momie dorée d'une favorite d'Anti-
nous, avait confié à un Psychomètre une bague trouvée dans le même tombeau afin d'être mieux fixé sur la vie de cette Bacchante, prêtresse du culte dyonisiaque et grande favorite royale.
Le Psychomètre regarda d'abord l'anneau fixement puis, fermant les yeux, se l'appliqua sur le front. Au bout de quelques instants, son visage s'altéra, plissé par des contractions nerveuses. Parfois même ses traits se décomposaient quand le spectacle était trop effrayant, trop tragique. Il décrit alors un cortège somptueux de Bacchantes, leurs danses, les objets qu'elles portent (et que M. Gayet avait retrouvés dans le sarcophage... ) M. Gayet déclare : « que la vision de cet homme, est, de tout point, conforme aux documents des manuscrits antiques, qu'elle retrace avec minutie et la plus parfaite exactitude l'histoire que me raconte la morte et les objets et les bijoux que j'ai retrouvés dans son cercueil ». Le Psychomètre, M P..., décrivit non seulement la procession de Dyonisiaques, mais encore « l'orgie et la vie intime de la favorite piquant, pour se distraire, des colombes au cœur avec la longue aiguille d'or de sa chevelure... » Et, ajoute M. Gayet, il m'a dit son nom, un nom charmant, Artéminisia... »
S'agit-il là d'une reconstitution véridique d'une individualité ? Ou bien d'une création de l'imagination du psychomètre sous la suggestion subconsciente de M. Gayet ?...
Pour très curieuses qu'elles soient, de pareilles révélations sont stériles en résultats.
En lucidité, l'expérience comprend deux temps : Vutilisation du sujet lucide et le contrôle de ses perceptions. Quand cette dernière partie fait défaut, il ne saurait être parlé d'expérience. Ce n'est alors qu'un argument sérieux en faveur de la transmission inconsciente de pensée, tout au moins ; mais, logiquement, on ne peut rien en arguer pour la lucidité.
Et malheureusement, il en est ainsi à mesure qu'on s'éloigne de l'époque où l'on vit. A mesure s'amoindrit, jusqu'à disparaître, la valeur du contrôle !
C'est pourquoi, si je puis dire que mes expériences personnelles, portant sur diverses individualités défuntes dans un recul de vingt années, m'ont montré que cet espace de temps ne semble avoir aucune influence amoindrissante sur la valeur psychométrique d'un objet, je ne puis rien
affirmer pour des époques plus éloignées, parce que je n'ai jamais pu obtenir de bonnes conditions de contrôle au delà.
Il serait à souhaiter que des expériences bien conduites vinssent fixer ce point.
Je terminerai ces considérations, relatives à l'objet, en disant que je n'ai jamais observé que deux ou plusieurs objets destinés à expériences psychométriques et laissés en contact pendant un temps variant de quelques instants à plusieurs mois, se soient communiqués quelque chose de leurs contenus psychométriques respectifs. Chacun des objets longtemps réunis, n'a permis que l'évocation mentale des seuls êtres dont il conservait l'imprégnation, suivant les lois précédemment émises.
De ce que je viens d'exposer peuvent être induits les principes suivants :
Sixième loi :
La constitution physico-chimique des objets solides n'est pas un facteur appréciable de leur valeur psychométrique.
Septième loi :
La durée de contact entre un être humain et un objet ne semble pas donner à ce dernier une valeur psychométrique proportionnelle.
L'objet vaut pratiquement, en psychométrie, par le seul fait de son contact avec un être humain.
Huitième loi :
Le temps ne semble pas amoindrir la valeur psychométrique d'un objet par rapport à un être donné, autant du moins qu'on en peut jugerjpar des expériences permettant un
contrôle sérieux, c^ est-à-dire quand Vêtre, objet de perceptions, est relativement peu éloigné dans le temps.
Neuvième loi :
Les contacts d'objets entre eux ne modifient en rien leurs qualités psychométriques particulières. Les objets ne se communiquent pas ce dont les êtres humains les imprègnent.