‹ Lucidité et intuitionChapitre 36 sur 60 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

MÉTHODE D'ÉTUDE ANALYTIQUE ET BASES DE CLASSIFICATION DES SUJETS LUCIDES

Il est des angles multiples et divers sous lesquels peuvent être examinés les sujets lucides, en ce qui concerne leur particulière psychologie.

Certains sujets sont lucides à l'état de veille, d'autres en hypnose et beaucoup en des états intermédiaires entre ces extrêmes.

L'étude peut donc déjà porter sur la profondeur de leur désagrégation mentale.

Chaque sujet n'est pas capable de lucidité dans tout le champ théoriquement ouvert à cette faculté. Il est des intuitifs qui sont exclusivement cantonnés dans la perception d'une seule des composantes de l'individuahté humaine et qui, de ce fait, possèdent une véritable spécialité hors laquelle ils ne sont pas lucides. D'autres peuvent, indifféremment, percevoir tout ce qui fait partie d'une existence. De plus, la quantité des états d'existence perceptibles pour chacun est extrêmement variable.

On doit donc, aussi, considérer les sujets suivant retendue du clavier de leur intuition.

Pour la plupart des sujets, la présence de la personne a traduire est indispensable à la mise en action de la lucidité. Au contraire, pour quelques-uns, l'éloignement de la personne n'est pas un obstacle, pourvu qu'elle soit représentée par un objet. Peuvent donc encore être envisagées les conditions de la mise en communication inter-psy chique.

Si, dans ses grandes lignes, le processus mental de tous

les sujets lucides est le même, il varie très notablement à le considérer dans son détail.

Mme M..., avons-nous vu, est une voyante dont la subconscience emploie presque exclusivement des images visuelles pour porter devant la conscience la pensée intuitive. Mais, d'autres sujets, dans le même but, se servent de toutes les autres images sensorielles ou de l'une ou de l'autre variété d'entre elles.

Ces images peuvent être de simples représentations mentales ou halluciner les sujets.

Elles peuvent reproduire les faits et les choses ou bien en fournir la notion par symbolisme

Les formes de V activité deV imagination sont donc une autre matière d'étude.

Gomme, d'autre part, il est des sujets qui expriment la pensée intuitive par la parole, d'autres par l'écriture automatique, d'autres par le geste associé à la voix, d'autres par l'intermédiaire de mouvements coordonnés adaptés au langage conventionnel des tables, planchettes, etc., il faut encore s'occuper des sujets selon la manière dont ils s'' expriment.

Enfin, il est nécessaire de fixer le moment de V intervention des facultés conscientes, par rapport à l'élaboration du phénomène psychique d'intuition, et d'en déterminer l'action.

Si l'on ne tenait pas compte de tous ces éléments de l'activité psychique propre aux intuitifs, on serait tenté de classer les sujets lucides en catégories présidées par autant de prototypes dont les mentalités particulières serviraient de fanions ralliant les sujets à mentalités se rapprochant de la leur.

Une telle classification ne les grouperait que par une similitude, sans tenir compte de notables dissemblances.

Et, comme les éléments ci-dessus énoncés sont en chaque sujet si diversement assemblés qu'il n'est pas deux sujets semblables, il arriverait qu'aucun d'entre eux ne s'adapterait à son modèle et qu'il serait aussi légitime de l'admettre dans telle catégorie que dans telle autre.

Pour obvier à ce qu'aurait de trop simpliste et d'artificiel une pareille base de classification, je pense qu'il convient d'étudier successivement les diverses phases de l'activité du psychisme des sujets en exercice de lucidité. Lorsque seront ainsi acquises les connaissances concernant toutes les possibilités, rien ne sera ensuite plus facile que de dresser la formule caractérisant la mentalité de chaque sujet particulier.

L'étude analytique qui va suivre restera dans les limites de ce que permet l'observation pure.

Page 1