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CHAPITRE III

LA CATÉGORIE DE L'HALLUCINATION CONDI- TIONNE LE MODE D EXPRESSION ET LE MOMENT DE PRISE DE CONSCIENCE DE LA PENSÉE INTUITIVE.

La suractivité du psychisme subconscient, créée par l'état de dissociation mentale, a pour résultat, ai-je dit, de donner à Timage mentale le maximum de puissance représentative. L'image organisée en cette condition donne les mêmes sensations actuelles que ses sensations génératrices. Toute vision semble le reflet de réalités extérieures, toute douleur est vraiment ressentie, toute émotion est perçue dans l'intégralité de la perturbation organique qui l'accompagne, tout bruit, tout son, toute parole sont entendus comme par l'oreille. Les sensations directement évoquées dans le cerveau sont jugées d'origine extérieure, la représentation mentale s'objective, il y a hallucination.

Et il en est nécessairement de même pour les représentations de mouvements expressifs; l'image motrice entraîne l'accomplissement du mouvement, l'hallucination du sens musculaire étant la réalisation des mouvements représentés.

Si l'on considère les sujets lucides par rapport à la nature de leur imagination, ces deux catégories d'images mentales : images sensorielles ordinaires et images du sens musculaire, les partagent en deux groupes bien distincts, car, suivant qu'ils sont hallucinés par le sens musculaire ou par les cinq sens communément connus, la pensée intuitive paraît dans le champ de conscience à des moments divers et s'exprime différemment.

Je reproiuls ici ce |ioiii( de psyrhologi»' jM»iir le précisor définitivcnu'iil.

Kxainiiiuiis iralxud le iiiccaiiisiiH' incnlal des sujets pensant |)ar hallucination des cinq sens de tous temps connus et admis. L'acte psychique de lucidité comprend ]iour eux ces trois phases successives :

1° Perception des images mentales, c'est-à-dire ; entrée en fonction de 1 "intelligence consciente, aussitôt terminée la reconstitution subconsciente de la pensée exogène sous forme d'images.

2° Interprétation des artifices de Vimagination. Temps de réflexion dans lequel le sujet prend une conscience plus complète de la pensée suhconsciente, la juge, décide ce qu'il en dira et de quelle forme littéraire il la revêtira.

Car, il ne faut pas perdre de vue que ces sujets qui perçoivent leur pensée intuitive avant de l'exprimer, ne transmettent pas toujoiu's à leurs consvdtants leurs perceptions telles qu'elles leur parviennent. Il leur arrive souvent de cacher ou d'atténuer la signification des connaissances qu'il est préférable d'ignorer.

3° Expression de la pensée intuitive par la parole, ou l'écriture si le consultant est absent. Le sujet parle et écrit sa pensée comme, en condition ordinaire, il le fait pour sa pensée consciente.

Pour cette classe de sujets, l'analogie est grande entre l'exploitation consciente de leurs pensées intuitive et rationnelle. Ils pensent les deux de la même manière et c'est pourquoi leur lucidité paraît être l'exercice normal d'une intelligence supérieure. Seuls l'étage psychique de l'élaboration et la source des éléments diffèrent dans les deux cas. Cette difTérence est essentielle.

Il en est tout autrement du processus psychique des sujets de type moteur.

Leurs images sont des associations dynamogéniques incapables, par leur nature, d'attirer l'attention des facultés conscientes. Malgré que leur objectivité soit égale en force à celle des autres images sensorielles, elles restent subconscientes, mais imposent aux centres moteurs d'expression la réalisation des mouvements qu'elles représentent. Elles hallucinent les muscles et cela modifie la succession des phases du mécanisme mental.

l""^ phase : Organisation des images motrices représentatives des mots ou gestes devant rendre sensible la pensée intuitive.

2e phase : L'image motrice, par sa force d'objectivité, entraine la manifestation expressive par les mouvements musculaires coordonnés correspondant aux variétés d'images mentales motrices.

3^ phase : Le sujet prend conscience de sa pensée intuitive une fois exprimée.

Il suffit donc que les images mentales soient tributaires du sens musculaire ou des autres sens, pour que la psychologie des sujets lucides soit toute différente d'apparence.

Ceux qui prennent connaissance de leur pensée intuitive avant de l'exprimer semblent procéder par réflexion et dans l'exercice d'une prestigieuse intelligence ; tandis que les sujets moteurs apparaissent comme d'indiscutables automates psychiques.

En définitive, leur mécanisme mental est le même. Seules ne diffèrent que les voies d'émission expressives choisies par l'intelligence subconsciente, qui manifeste sa pensée lucide soit directement à travers les centres mêmes de l'expression, soit en préférant un arrêt momentané ou durable devant l'attention consciente.

LWWK IV

La diversité des Sujets lucides suivant le clavier de leur lucidité

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