CHAPITRE PREMIER LE CHAMP THÉORIQUE DE LA LUCIDITÉ
Que le phénomène psychique de lucidité soit, chez le sujet, de rautomatisme pur comme il apparaît, ou une élaboration supérieurement intelligente, il est indiscutable que les faits de lucidité démontrent que le travail intuitif subconscient n'est pas spontané et ne peut pas l'être. Il n'a lieu que si une communication inter-cérébrale est établie, et les perceptions intuitives ne sortent jamais du cycle de l'existence du psychisme suggesteur.
Ce sera d'ailleurs le but d'un volume qui fera suite à celui-ci de tenter une démonstration de ce phénomène. Elle n'aboutira pas, évidemment, à la connaissance de la nature dynamique de la pensée rayonnante, mais elle en prouvera l'existence par ses multiples et divers effets et cette certitude sera équivalente à celle que nous avons de la force inconnue que les centres nerveux envoient inces-
samment à travers nos nerfs, à celle des modalités de Ténergie que nous connaissons, non pas en elles-mêmes, mais dans leurs effets sur la matière : émanations radio-actives, électricité, chaleur, lumière, etc..
Bien que n'ayant pas encore entamé cette démonstration, parce que le moment n'en est pas venu, je pense cependant que la simple analyse des phénomènes de lucidité et celle du mécanisme psychique par lequel il s'élabore, a déjà établi dans l'esprit du lecteur cette conviction que l'élaboration intuitive n'est possible, pour les cerveaux lucides, que sous l'excitation venue d'un cerveau suggesteur ; que les idées qui sont la trame des révélations intuitives viennent nécessairement du psychisme de l'être qu'elles intéressent particulièrement et exclusivement, et qu'il s'agit là, en définitive, d'une transmission de pensée non consciente pour le transmetteur comme pour le récepteur, n'étant pas voulue du premier et le second ignorant entièrement sous quelle influence fonctionne son intellectualité.
Je me suis, d'autre part, efforcé de dégager de l'observation des faits, combien la pensée qui suggestionne les sujets lucides diffère de la pensée telle que nous la connaissons par les enseignements de la psychologie contemporaine. Cela est d'ailleurs venu en conclusion de tous les chapitres où j'ai passé les faits au crible de l'analyse.
Car, en effet, s'il est prouvé par la traduction qu'en font les sujets lucides, que cette pensée supérieure est soustraite à l'influence de la pensée consciente ; qu'elle possède d'autres moyens de connaissance que les sens, par lesquels celle-ci s'alimente, et la logique rationnelle, qui conduit si souvent à l'erreur ; s'il est prouvé qu'elle n'est pas soumise aux nécessités dialectiques des idées de temps et d'espace ; s'il est de toute évidence que cette pensée sait ce que la pensée consciente, dans le passé, aurait pu savoir mais ne sait pas ; s'il est démontré qu'elle sait dans le pré-
sent ce (iiic la pensée consciontc ne j)eut saxoir parce que les sens qui rinforment sont limités par l'étendue et par leur imperfection ; s'il est également prouvé que dans Vavenir elle peui connaître ce qui est rigoureusement fermé aux investigations de la plus lumineuse intelligence ; alors, à moins de nier des faits reproductibles cependant indéfiniment par l'expérience, il faut Inen accepter que notre esprit possède une extension et une somme de connaissances dont nous ne nous serions jamais doutés s'il n'avait trouvé à se réfléchir dans les instruments psychiques merveilleux de délicatesse que sont les cerveaux lucides.
Or, le champ théorique ouvert aux perceptions lucides, c'est précisément la somme des connaissances de notre pensée intuitive subconsciente.