‹ Lucie Didier piece en trois actesChapitre 2 sur 48 · GÈNE IL DIDIER, LUCIE · texte numérisé non relu

GÈNE IL DIDIER, LUCIE

LUCIE, à part, le regardant.

Pauvre cher Paul !

DIDIER, feignant de l’apercevoir.

Tiens ! c’est ma femme ! (n se lève joyeui.) Bonjour ma petite chatte ! ça va bien ? Nous avons gentiment dormi, hein ?... — Oui!... allons, tant mieux!

LUCIE

Et toi, Paul ?

DIDIER

Moi ? ah ! ne m’en parle nas !... Croirais-tu qu’à huit heures je n’étais pas encore réveillé? paresseux!... Gronde moi, ma femme, ça me secouera, ça...

LUCIE

Tu écrivais?

DIDIER, d’un air nonchalant

Oui... je m’étais mis là... par hasard, sans y penser, je m’amusais à parcourir le relevé de nos dépenses, et je me demandais comment tu fais pour dépenser si peu... 500 francs ce mois-ci ! c’est le sublime de l’économie. Il est vrai que je ne compte pas le prix de la parure que je t’ai donnée il y a huit jours.

LUCIE

Laquelle!

Eh bien ! ce bracelet de grenats, ce... celte...

LUCIE

Oh ! sois tranquille, mon ami, j’ai renvoyé cette parure...

DIDIER , étonné.

Tu l’as renvoyée... mais quand je te l’ai apjiorlée, tu paraissais si heureuse que tes yeux, tes beaux yeux se sont remplis de larmes, (U l’embrasse.)

LUCIE

J’ai été heureuse de l’intention, voilà tout.

DIDIER

L’intention... l’intention... c’est très-joli ; mais ça ne se porte pas en collier ni en boucles d’oreilles... l’intention, et je n’entends pas. Madame, que vous vous enterriez pins longtemps au (knidray... Je veux que nous retournions à Paris... nous sommes riches, très-riches... il faudra que je te donne une voiture^ et puis, tu ne sais pas ? dans quelque temps, j’achèterai un hôtel, entre cour et jardin, aux Champs-Elysées, en bon air. pour notre Pauline... notre chère petite fille. (Essuyant ses yeux.) C’est drôle, quand je prononce ce raot-là : petite fille... et que je pense que ça veut dire une créature toute frêle, toute blanche et rose, avec des petits pieds, des petites mains, une voix argentine qui dit : PAPA ! MAMAN ! et que c’est à moi, que c’est mon bien, mon trésor,... je suis bête; mais truand je prononce ce mot-là, je ne peux pas m’empêcher d’avoir une larme dans les yeux.

, LUCIE

Didier ! oh ! tenez, Didier, vous êtes l'homme le meilleur, le plus digne que je connaisse. Didier, je vous aime !

DIDIER

Parbleu ! je le sais bien ! (n l’embrasse.)

LUCIE'*

Et pourtant je vous en veux !

Tu m’en veux.

LUCIE

Oh ! beaucoup !

* Didier, Lucie.

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