I.LCIE
Je veux tout savoir.
DIDIER
Cet argent est le seul qui puisse nous sauver aujourd'hui. Cette usine, entreprise sous la raison Didier et Martin, et détruite il J a lin an, par l’inondation du Furens, qui a été le signal de ma ruine et de celle de mon pauvre associé ; celle usine nous coûte à riieure qu’il est, un million trois cent cinquante mille francs!... Martin et moi, nous avons payé un million en demandant un an pour compléter le paiement. Martin nous a quittes, s’est exilé, en me disant : Je pars pour les Indes, j’ai là-bas de nombreux amis, et avec mon courage, mon activité, mon intelligence, dans un an je rapporterai une fortune ou le diable m’emportera. L’année s’est écoulée, Martin n’a plus reparu... c’est que Martin n'a pas d’argent... et moi...
Toi, tu n’as plus que la dot de ta fille?
DIDIER
Oui.
LUCIE
Et les créanciers n’attendront pas davantage?...
DIDIER
Non.
LUCIE, après un silenct.
Ne faut-il pas ma signature pour toucher cet argent?...
DIDIER
Oui.
La voici.
LUCIE, tirant un papier de sa robe.
Comment!
DIDIER
LUCIE
Je savais tes affaires aussi bien que toi, Didier, il faut payer.
.Mais, Pauline...
< LUCIE, souriant.
Lorsqu'elle sera grande, Didier, nous lui aurons rendu sa dot... et si nous ne le pouvions pas... je dirais alors à ma fille : Il s’agissait du nom, de l’honneur de ton père, c’est-à-dire de ton nom, de ton honneur à toi-môine... Cette dot-là était plus pécicusc que l’autre, c’est pourquoi nous n’avoiis pas hésité a le la conserver au prix d’une fortune.
DIDIER, la serrant dans set bras.
Oh ! merci ! merci ! car tu ne sais pas quelles tortures on éprouve à se dire : J’ai été honnête homme toute ma vie, et dein.ain... demain, je serai déshonoré!... Merci, Lucie, merci... tu es un ange, vois-tu !
ACTK I, SCÈNE IV. J
' LUCIE, sonnant.
Il faut envoyer immédiatement l’ordre de payer, de tout payer intégralement, sans réserves aucunes...
DIDIER, signe le papier, le met sous enveloppe, et le remet à la domestique
qui eutrç.
Faites porter cette lettre sur-le-champ à M, de Sarzaime, mon banquier. (La domestique sort.)
LUCIE, rivement.
Sarzanne?... il est...
DIDIER
Mon banquier depuis six mois. Allons, à partir de ce jour, Lucie, devant Dieu, je dois quatre cent mille francs à ma fille, et ces créanciers-là, ça ne s’oublie pas.
LUCIE, à part.
Sarzanne!... (Bmit de voix au dehors.)