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facile de reeaiiDaitre en cet hoiMiie un médecin.
— Enfim, grâce à vous, <fit-il, en s'adressent à ce nouveau persennage , ie mal est à son terme ; je suis maintenant en pleine convalescence.
*— Je le crois , répondit celui-ci , mais il TOUS font bea»eoup de ménagement l Prenez garde surlont aux excitattens d'esprit, aux exaltations cérébrales que je toos connais.
— Que vous me connaissex ! mais vous ne m'avez jamais vu avant ce temps , dit Lucien; et pourtant, ajouta-t*ii en passant la main sur son front, comme s^l eàt vonlu retrouver un souvenir effacé, pourtant- il me semJole que votre voix ne m'est pas entièrement inconmie. Pendant mat maladie, cette idée m'a déjà frappé ; mais vous n'êtes pas veài» id; depms mon mariaf^, n'est-il pas vrai?....
Un léger sourire effieura les lèvres dn docteur, qui Le comprima aussitèli, et d'une voix dogmatique, il répondit:
---En effet, je ne suis pas vems; fiée nerfe de madame lui ont laissé depnisnn ah hîe» du
VN AU BB lAAU&E. tt7
Fepoft, cav elAe ne ra?a fOBt ftiit aj^ieler tme
— Le BMeiagir ii'«Bt«*iif pas mm noeibr»* àe» «alaums-y dît en rmnfe madame Duterme*
— Depuis quelques joutât^ madame, je^eoinH BieBce à eft deMier^ nrpondit 1«« médeekv, je reBaaf^fHe* eir vous^ uimt agitatToitf excessive que le moffiagenie saffife pas àrcatmttr*
Madame DutsBmss' regarda fiaement he* doe^ ttMt, «fequondleHetcmit e'ètre aBartnrëe que «s^ paroles ue cachaient pasi c^arrière^pensée»;
— Pour un médecin, reprit-elle, vous n'êtes pas un habile observateur, si vous croyez voir eamoi des symptômes d'agitation.
— Afa ! madame, vous n'êtes pas dans votre état normal. D'abord, vous lisez les journaux; non pas les «articles modes, mais les nouvelles diverses, et la colonne de politique extérieure. Vous paraissez prendre un grand intérêt aux mouvemens des bàtimens de l'Etat. J'ai connu une dame qui attendait un fils, en tournée aux colonies : elle avait alors les mêmes convulsions d'impatience, la même manière de regarder les nuages : M. Du terme ne serait-il pas à Paris ?
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— Non, monsieur, dit vivement madame Duterme; depuis quinze jours il habite la campagne, •• des réparations indispensables...
— Et voilà comme tout s'explique, dit le docleur en souriant.
Madame Duterme aurait bien voulu croire que le médecin s'était trompé à cette réponse ; mais elle ne put réussir à s'y méprendre : elle garda donc le silence, craignant de provoquer quelque nouvelle observation de la part d'un homme si clairvoyant.
Le calme le plus absolu régnait dans Tappartement, lorsque l'arrivée d'Oscar vint faire diversion, et rendre du mouyement à la conversation qui mourait.
Après avoir demandé à Lucien des nouvelles de sa santé, Oscar s'approcha avec em* pressement des deux dames.
— J'ai, leur dit-il, une nouvelle à vous anqonoer; un jeune homme que vous connais* ses, un de nos cavaliers les plus élégans, un
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de nos plus spirituels dandies, va nous revenir.
— Qui donc? demanda madame de Nangis.
— Lionnel de Beauval.
Le rouge couvrit le visage de madame Duterme, car, à ce nom, l'impitoyable docteur avait fixé sur elle un œil perçant, comme pour compléter la pensée qu'il avait laissé entrevoir quelques momens auparavant.
— Qui t'a dit cela ? demanda Lucien.
— Lui-même, continua Oscar, sans tourner la tête. Voici une lettre où il m'annonce son retour. Si cela peut vous être agréable, mesdames, je vous la lirai...
Et sanâ attendre uii6<répoiis^, il commença:
« Mon. cnai Oscar t
» Je suis bien las db; pin» beani paye du }» mondev €euK qui éch^pent à la> peste y » meurent d'ennuv; il pfaratfequg'o'est'ruottgot n Quel ciel, bbn'I^ietv, et- qnoHes gens ! Le » soleil me 'brûle les>yBU«-, l-air me manque, )»i et lO' tète nie>to€ime«: voi)à> p»ar*ma paptu
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» Quant aux autre», je suis vrament ailtriatë » de tant de niisère et de nullité. £t pourtant , u vous le savez , je n'ai jamais été la dupe de n ces déclainatîciBa enthousiastes sur le luxe » et le bien-être oriental ; mais j'étais loin de » croire qu'on put me&tir aussi bénévole* » ment. £h bien , j*ai encore été forcé dfen » rabattre. Si je ne craign)siis de vous «n-» n nuyer, ou de vous répéter ee que vous aa-> » vez dtéjà , je placerai» ici une petite disser* > tation philosophique sur ce» mceurs routi* » ni^re» de l'Orient , que le progrès européen » a tant de peine à cearriger : mais je vous en » fais'grice. Seulement, si vous voulez juger » de Tefiet que peut produire aujourd'hui le » mélange de notre civilisation à leur barba* » rie, représentez-vôu» un sauva|;e de la Non* » velle Zélaade «rec uit habit d'officier pour » tout vêtement. Ce portrait s'àppUquie à la » portion la plus avancée de ce peuple in* » ciMnplet : le reste me parait à peu près aussi » heureux qu'Une tortue dan» son écaiUe. Je )» ne vous ciroi& pa» capable de comprendre le » bonheur de ces gens-là , et je vons «n fiéli'* » cite sincèremenjb. FuiAer sur un duran, ou
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» prier sur les nattes d'une mosquée , c*est » une triste occupation pour toute la vie d'un » homme.
» Eh bien, je me suis pris quelquefois à » aimer ces automates : c'est en les compan rant avec les Francs qui habitent le pays. » Gens pleins d'esprit et d'intelligence , sur r> ma parole : seulement ce n'est pas la peine » d'aller chercher si loin des mesquineries de » petite ville qu'on peut trouver à dix lieues » de Paris. Et en Orient, les Francs sont d'au- » tant plus provinciaux , qu'aujourd'hui , en » Europe, tout le monde est Parisien.
n Ainsi l'homme du pays est un végétal )i d'une espèce particulière, les étrangers sont » fort incommodes , et le ciel qui couvre tout n cela est aussi bleu qu'Aristide était juste ; » ma foi 9 je n'y pouvais plus tenir. Qui me » rendra^mon brouillard du boulevard Italien, » et nos compatriotes si spirituelles, si jolies, n si décolletées : qui me rendra mon doux
» pays de France? Le ministère. J'ai de-
» mandé un congé de quelques mois pour me » guérir du mal du pays, et dans peu de jours » je serai à Paris , etc. , etc. »
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Pendant cette lecture, le docteur s'était montré tranquille et froid, Lucien dédaigneux et impatient. Sous les apparences d'une figure impassible , madame Duterme avait cherché à dissimuler Fembarras qu'elle éprouvait. Ce fut madame Spalma qui rompit le silence.
— C'est charmant , dit^elle*
— C'est stupide I répondit Lucien , en bon* dissant. Comment es^il possible qu'un homme soit aussi aveugle , et comprenne si peu l'importance de la mission qui lui est confiée. La diplomatie ! c'est une carrière que je voudrais réhabiliter. J'en ferais un sacerdoce, un apo»> tolat pour civiliser les peuples, et servir de lien commun aux nations.
— Calmez'Vous, mon ami, dit le docteur, et une fois pour toutes, défendez^vous donc d'une surexcitation qui peut vous devenir fatale. Que vous importe la manière de voir de M. Lionnel? Et d'ailleurs pourquoi troubler la joie que peut causer son retour?
En prononçant ces derniers mots, le docteur fixa encore ses regards sur la pauvre madame Duterme. Mais celle-ci demeura très calme ; elle avait eu le temps de reprendre ses esprits.
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Puis en M détouraant brnsquemeat, ce fut •ar Oscar qu'il attacha de noureau ses yeux perçans. Ces deux hommes ëchangèrent un coup-d'œil rapide : et Oscar sentit à son tour qu'il était deviné. Il ne pot sa défendre, lui qui perdait si rarement cont^iance, d'un embarras qu'il chercha vainement à déguiser, en reprenant la conversaftion.
— On ne saurait croire, dit-il, avec quelle impatience j'attendais Lionnel .
— Ne pourriez-^vous pa^, r^liqua le docteur, lui épargner l'ennui d'un autm yoyage, en partant à sa place.
^ -T- Mes principes, balbutia Oscar. «..
— Bah ! on tient à ses principes quand on a plus d'intérêt à les garder qu'à les vendre : je sais que vous brigues cette place.
Oscar voulut répondre, . . . mais Lucien s'interposa.
— Adieu, dit le docteur à celui-ci, vous êtes un bon jeune homme , vous n'aurez bientôt plus besoin de médecin, mais permettez*moi d'espérer que vous me conserverez pour ami'
£t il sortit, à la grande satis&ctÂoa de madame Duterme et d'Oscar.
C^urrl)ilU
Quelques jours après cette soène , Lacien ▼oulut se rendre chez le docteur. La nuit commençait à tomber, et une hrume épaisse enveloppait les maisons et les rues. Sur le paré humide ou le granit des trottoirs, hommes et femmes couverts de leurs manteaux » caches dans leurs fourrures, glissaient et disparaissaient comme des ombres. Tous ces
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esprits avaient une préoccupation, ces oœan un désir, ces pas un but. Lucien lui seul marchait dans la yie, sans pensée exclusive, sans but arrêté. Bomme de méditation perdu au milieu de tous ces hommes d'action, il semblait assister à un drame qu'il ne comprenait pas ; quand chacun avait ses plaisirs, et ses affaires, lui n'avait ni affaires, ni plaisirs ; et il se demandait oii courait incessamment la foule, et s'il avait un sens de plus ou un sens de moins qu'elle. En ce moment même, on allait-il? pourquoi était-il sorti? qu'avait-il besoin de parler au docteur, et que lui dirait-il?
Lucien éprouvait alors cette sensation bizarre d'un convalescent qui se retrouve au milieu du fracas et de la foule, après de longs jours de silence et de repos. Le bruit de la rue semble plus fort, le mouvement plus animé. Etourdi par ce spectacle, qu'il n'était plus accoutumé à supporter, Lucien se livrait avec une sorte de plaisir mélancolique au vertige .de ses sens affaiblis. Il marchait au. hasard, et comme enivré de tristesse : que vouliiitTili, cependant? aurait-il pu formuler un seul dé-