CHAPITRE XI CATANDUANES — RETOUR EN EUROPE
Après Luçon et Marinduque, l’île de Mindoro devait, d’après le plan de ma misssion, être l’un des terrains que je voulais explorer.
Dans les premiers jours du mois d'août, je me disposais à rejoindre le docteur de la province, qui devait être mon compagnon de voyage. À ce moment, j'appris que le cheflieu de l’île venait d’être détruit de fond en comble par un incendie. En cet état de choses, je devais m'’attendre à ne trouver n1 serviteurs, n1 porteurs disponibles pour m'accompagner dans l’intérieur ; je pris le parti de gagner l’île de Catanduanes, où un des deux Espagnols qui l’habitent m'assurait avoir vu des cavernes renfermant des ossements.
L'île de Catanduanes se trouve dans l'océan Pacifique, sur la côte est de Lucon, à 12 milles de la pointe extrême de cette île.
En grande partie madréporique, elle a surgi à la suite d'une éruption volcanique; sa plus grande longueur ne dépasse pas 42 milles, et, dans sa partie la plus large, elle atteint à peine 18 milles.
On y rencontre des traces de cuivre, et une des rivières qui l'arrosent, au dire des habitants, charrierait des paillettes d'or.
Sur les côtes on pêche quelques huîtres perlières, mais il est rare d'y rencontrer de belles perles ; elles sont généralement très petites.
L’abaca est le seul produit que l’on puisse exporter ; Île riz n'y est pas très abondant ; quelques navires viennent, à de longs intervalles, y charger du bois de construction.
Le 22 août, après avoir essuyé une forte tempête, je débarquai à Tabaco, sur la côte de Lucon, attendant une occasion pour me rendre à Cantaduanes. Le passage, quoique relativement court, n’est praticable que pendant quelques mois de l’année ; la route de retour est souvent fermée pendant quatre ou cinq mois. En ce moment le Pacifique est mauvais et la traversée scabreuse, surtout avec les embarcations dont on peut disposer.
Enfin, le 25 août, après marché fait avec le patron d’un prao qui doit me transporter, ainsi que mes bagages, je puis lever l’ancre à 10 heures du matin : la mer est grosse et le vent assez fort; que nous réserve ce temps ?
Mes hommes ne demanderaient pas mieux que de rester à Tabaco, qui représente pour eux le paradis, car ils n'ont rien à faire et sont nourris jusqu'au retour.
Au sortir de la baie, une saute de vent manque de nous faire chavirer et casse toutes nos manœuvres.
L'avarie réparée rapidement, nous filons vent arrière sur l’île, mais le patron me prévient qu’il ne pourra pas, selon toute probabilité, aborder à Birac, comme nous en étions convenu, et qu'il fera son atterrissage où le vent le portera.
À 2 heures, nous avons fait 30 milles et nous mouillons dans une baie parfaitement à l'abri de la mousson, en face du bourg de Caudon.
Le lendemain, 26, de Caudon j'allais m'installer au village d’Icalolbon ou mieux Taglobon.
À moitié route, je rencontrai une troupe de porteurs conduits par les autorités, qui venaient au-devant de moi, conformément aux ordres qu’elles avaient reçus de l’alcade de la province.
Dès mon arrivée, je prends possession d'une jolie petite case bâtie pour un maitre d'école qui n'était pas encore arrivé et qu’on attend depuis longtemps.
Profitant de la proximité des écoles, je mis tous les enfants
CATANDUANES 9255
sur pied pour mener rapidement ma récolte d'insectes et de coquilles.
Le 3 septembre, visite à la grotte Lictine, réputée très dangereuse; les autorités du village ne tenaient pas beaucoup à me voir entreprendre cette expédition, craignant d’être inquiétées par l’alcade s’il m'arrivait quelque accident ; très décidé, malgré leurs supplications, à mettre mon projet à exécution quand même, les édiles du lieu prirent le parti de m’accompagner.
Cette caverne se trouve au nord-nord-est du village de Taglobon; en suivant un petit ruisseau coulant au fond d’une vallée qui se rétrécit de plus en plus, on arrive au pied de la montagne.
L'ouverture se trouve à 50 mètres d'altitude; l’entrée.. obstruée par un mur en pierres sèches dans lequel on a ménagé trois ou quatre embrasures, est très haute et a 45 mètres de largeur.
C’est là que se retiraient les habitants à l’époque où les Malais de Bornéo et de Soulou venaient faire leurs incur- SIOnS.
Derrière la muraille il y a une grande salle, haute et spacieuse, dont les parois sont de formation madréporique.
Le sol, légèrement en pente, conduit à l’est jusqu’au bord d'un immense précipice qu’il faut traverser pour pouvoir aller plus loin; quelques-uns des notables me suivent à contre-cœur, tandis que les autres retournent à l'entrée.
On continue par un large couloir, mais on est bientôt arrêté par un second précipice, plus facile à franchir grâce aux roches qui forment au-dessus une espèce de pont; le terrain est accidenté, mais à peu près sûr.
De l’autre côté on se trouve dans un fort beau couloir donnant accès à plusieurs chambres : l’une d’elles est très belle et éclairée par le haut ; continuant la marche en avant, j'arrive dans une vaste salle que mes hommes prétendent être la dernière ; nous n’avons plus, selon eux, qu’à retourner Sur nos pas,
Je fais faire sans succès quelques fouilles et j'examine en même temps les parois. Dans un coin, j’avise une exca-
vation à peine assez grande pour me permettre de passer. Je me coule par cette ouverture, une torche à la main, el j'arrive dans une autre salle dont une partie s’est écroulée, et ayant accès de l'autre côté de la montagne.
J’appelle alors mes Hommes, et grand est leur étonnement de se voir tout d’un coup sortis de la grotte, sur le côté de la colline opposé à l’entrée. Nul < Taclobanais » ne connaissait cette autre ouverture : à peine arrivé, j'étais le Christophe Colomb de la sierra! « Si le Castilla, disent-ils, a trouvé une sortie nouvelle de la caverne de Lictine, c'est grâce à son pouvoir surnaturel : la montagne s’est fendue devant lui. » ;
Au sortir de la grotte, nous sommes dans un immense entonnoir autour duquel existent plusieurs petites grottes, mais aucune n’a été utilisée pour des sépultures.
Ayant contourné la montagne, nous rejoignimes nos compagnons, qui nous attendaient impatiemment du côté de l'entrée. En nous entendant les appeler du bas de la côte, leur premier mouvement fut de s’enfuir, et, pendant quelques minutes, 1ls hésitèrent à s'approcher de moi.
Le 7 septembre, j'allai au nord de l'ile visiter plusieurs grottes, mais toujours sans résultat.
Le 20, je pris d’autres guides et partis, toujours au nor de l’île, pour continuer mes recherches ; une petite grotte, presque bouchée par les stalactites, mérite seule d'être visitée : ses mille clochetons et ses fleurs découpées, d’un blanc tirant sur la couleur crème, criblés de paillettes cristallines où se joue la lumière des torches, lui donnent un aspect féerique.
Le %5, je rentrais à mon quartier général, n’ayant récolté que quelques mollusques.
A deux milles de ma case est un banc de roches, recouvert à marée basse d’un mètre d’eau environ; c’est le banc Teresa, ainsi appelé du nom d’un navire anglais qui sy échoua en 1834.
C'est, je crois, à ce naufrage que l’on doit la quantité de chevelures rouges ou plutôt jaunes que l’on rencontre seulement dans ce coin perdu. On y remarque, en effet, quel-
CATANDUANÈS 957
ques adultes, dont pas un n’a cinquante ans, et plusieurs enfants qui ont les cheveux rouges et la peau plus claire que tous leurs concitoyens. Le même fait s’est reproduit sur la côte ouest de Mindoro à la suite d’un fait analogue et peut se passer de commentaires.
Le 4er octobre, je quittai Taglobon pour aller à Birae, situé à l’est de ce dernier village ; j’emportais avec moi une belle collection de mollusques, que j’espérais bien augmenter en contournant l'ile.
La route qui mène de Taglobon à Birac est assez praticable par le temps sec; ce n’est pas le cas actuellement.
Néanmoins je n'ai pas trop lieu de me plaindre en sortant du village et tant que nous avons à cheminer dans la plaine; mais 1l s’agit de franchir une montagne qui forme la pointe de Tagïutum; le chemin a été tracé en ligne droite, ou à peu près, et les eaux se sont chargées d’achever les travaux de terrassement.
Dire de quelle façon nous sommes sortis de ce pas difficile me semble impossible ; tout ce que je sais, c’est que trois ou quatre fois 1l nous a fallu déterrer littéralement nos chevaux enfoncés dans la vase jusqu’au poitrail, que d’autres fois ils étaient obligés de sauter d’une roche sur une autre, ce que, du reste, ils pratiquent avec assez de justesse ; ils manquent, il est vrai, très rarement leur saut, et quand, par malheur, cela leur arrive, adieu charge ou cavalier : tout cela va rouler dans le ravin et est relevé souvent en très piteux état. Nous sommes enfin au haut de la montagne, magnifique plateau situé à 250 mètres d'altitude.
La descente s'opère assez promptement et j'arrive sur le bord d’une belle rivière où je trouve don Carlos Plaños installé pour faire une pêche à la tuba. Don Carlos me présente à sa femme et à ses belles-sœurs, jeunes métisses sorties depuis peu de temps du couvent de Manille et en l'honneur desquelles est donnée cette partie.
La tuba est une espèce de poison que l’on prépare en le faisant bouillir et qui sert à étourdir les poissons.
Une fois la tuba préparée, on va la jeter en amont de la rivière, à une distance assez éloignée d’un endroit choisi, où
on à eu soin préalablement d'établir un barrage avec des filets disposés en travers du courant; au bout de quelque temps, le poisson, enivré, monte à la surface, se laisse aller au fil de l’eau et vient se faire prendre par les pêcheurs.
Cette façon de pêcher est quelquefois très fructueuse, mais il n’en fut pas ainsi ce jour-là; néanmoins on prit assez de poisson pour faire un bon déjeuner, qui fut le bienvenu.
Le soir même, j'arrivai à Birac en compagnie de don Carlos et de sa famille, et je dus accepter l'hospitalité chez lui pour ne pas froisser la coutume, qui veut qu’un Européen descende chez un Européen, surtout dans les lieux écartés, où il est très rare d'en voir plus d’un ou deux par an.
Le 4 octobre, au moment d'aller à la grotte de Binaren, je trouve, comme partout, prêts à m'accompagner, non seulement don Carlos et le curé espagnol des Philippines, mais encore une grande partie des habitants du village.
Nous nous dirigeons à l’est, à travers une vaste plaine qui nous conduit jusqu'au pied des montagnes; là nous trouvons entre deux collines un passage des plus pittoresques, mais non des plus commodes.
On appelle ce passage porte royale de Ilili; il est resserré entre les flancs de deux coteaux taillés à pie, où, parmi les roches qui semblent suspendues dans le vide, les arbres et les plantes grimpantes mélangent leur verdure; un petit cours d’eau très clair court à travers les roches calcaires.
Nous escaladons le défilé, où les chevaux, quoique très petits, ont de la peine à passer avec leurs cavaliers; cinquante pas plus loin, nous sommes au milieu d’un cirque bien arrosé, où les habitants se livrent à la culture du riz.
Pour arriver à la grotte, il nous faut gravir une petite colline, dont la terre grasse, détrempée par les pluies, rend l'ascension assez pénible.
La première caverne que je visite n'offre rien de particulier ; la seconde est beaucoup plus curieuse. L'entrée en est petite et donne accès dans une grande salle circulaire, où aboutissent trois couloirs obstrués par des amas de roches
CATANDUANÈS 259
tombées de la voûte, en partie effondrée. Les deux couloirs latéraux n’ont rien de remarquable, mais le couloir central, pratiqué dans d'immenses blocs calcaires, nous mène à une petite ouverture où j'ai de la peine à me glisser. Ce passage me conduit à un vaste entonnoir autour duquel s’ouvrent einq ou six grottes, petites, mais d'aspect différent.
Au centre de cet espace à ciel ouvert pousse un grand arbre, dont la cime dépasse les parois et se fait voir au sommet du mont.
Personne ne connaissait cet endroit, du reste peu accessible et trop ténébreux pour que les Indiens osassent s'y aventurer.
Je retournai sur mes pas et rejoignis dans la première salle le curé et tous ceux qui n'avaient pas osé me suivre jusqu'au bord du ruisseau, à la porte royale de Ilili.
Le 8 octobre, je trouvai dans la grotte de Tailan cinq crânes, une assiette en porcelaine craquelée à fleurs bleues et un plat de même espèce, mais cassé.
L’assiette avait été ramassée avant mon arrivée par don Carlos, qui me l’a généreusement offerte.
Les cavernes se rencontrent à chaque pas dans l’île : deux de ces grottes servent de passage à un cours d’eau qui vient d’une vallée intérieure très fertile, mais où les indigènes n’aiment pas à s aventurer.
Le 15 octobre, je m'embarquai sur le cutter de don Carlos, qui allait faire encore un voyage à Tabaco ou à Legaspi, selon le vent que nous aurions.
La saison est très avancée et l'on m'engage à rester jusqu’au retour de la belle saison, c’est-à-dire jusqu’en janvier.
Malgré les mauvais pronostics de mes amis, je prends congé d’eux en les remerciant de leur charmante hospitalité et je pars un peu à l'aventure, sans savoir si les vents ne nous ramèneront pas malgré nous à Catanduanès.
Après trois jours de navigation — et quelle navigation! — nous parvenons à gagner le port de Legaspi.
Je ne sais et ne saurai jamais comment nous sommes arrivés à terre. Je me suis cru plusieurs fois entraîné au large, et, de ce côté, c'était aller, avec beaucoup de chance,
atterrir aux îles Mariannes ou en Amérique; d’autres fois une fausse manœuvre menaçait de nous couler bas. Ajoutez à cela une pluie constante et des rafales de vent à faire sombrer une embarcation plus forte que la nôtre. Enfin, tout est bien qui finit bien.
Mon premier soin, en arrivant à terre, fut de me renseigner sur le passage des vapeurs, et « le premier, me dit-on, n’aura pas lieu avant deux ou trois jours ».
Je loue une calesa, qui me mène en 20 minutes à l'alcadia, où je suis reçu par d'anciennes connaissances, l'alcade de Nueva-Cacerès, don Joaquim Beneyto, et son frère.
J'apprends d'eux une triste nouvelle, qui aurait pu avoir pour moi des conséquences désastreuses : je veux parler de l'incendie de l’Escolta, que les dépêches annoncent comme complètement anéantie par les flammes.
Heureusement, le feu n’a pas atteint le bazar Filipino, dirigé par mon hôte et ami M. Warlomont ; c’est là qu'après chacune de mes excursions j'étais sûr de trouver bon giîle, bon visage, et les soins que réclamait parfois ma santé après les fatigues que j'avais eu à endurer.
Si le feu avait poursuivi son œuvre destructive dans la rue de l’Escolta, nul doute que toutes mes collections anthropologiques et ethnographiques, ramassées avec tant de peine, eussent été anéanties.
Si l'incendie prit des proportions considérables, cela tient autant au mode de construction des immeubles qu’à l'absence complète de moyens de secours pour se rendre maître du fléau. L'énergie de quelques hommes, le fonctionnement de deux pompes particulières, aidées par celle d’un navire de guerre espagnol, sauvèrent cette partie de Manille d’une destruction plus complète.
Le 25 octobre, j’arrivai à Manille, où je retrouvai mes collections intactes; je n’eus à déplorer que la perte de ma provision de poudre et de cartouches, jetée dans un puits afin d’éviter tout accident.
Le 4° novembre, je m’embarquai, malgré le mauvais temps, pour la Laguna, voulant faire une dernière excursion de différents côtés avant de retourner en Europe.
CATANDUANÈS 961
Les pluies continuelles me retinrent chez le propriétaire de Jala-Jala, mon ami Dailliard.
Revenu à Manille, je partis le 15 décembre, à bord du S'alvadora, pour la belle France, non sans regretter un peu les belles Philippines. Je ne leur disais pas : « Adieu ! » mais : « Au revoir! »
Six jours de navigation par un fort mauvais temps nous conduisent à Singapore.
À lhôtel de l'Europe, je rencontre plusieurs voyageurs, entre autres M. et Mme Siegfried, qui sont en train de faire le tour du monde, mon ami et collègue Cotteau, qui vient de traverser la Sibérie et qui achève son voyage en visitant l’Inde avant de rentrer à Paris.
J'arrivai à Saïgon juste à temps pour assister à la fête que donnait, à l’occasion de la nouvelle année, M. Le Myre de Villers, gouverneur de la Cochinchine. Tous les voyageurs savent l'intérêt qu'il porte à leurs travaux, qu'il encourage par tous les moyens possibles.
La ville de Saïgon est vaste et paraît à première vue peu habitée, à cause de son étendue; les rues sont larges, et presque toutes les maisons sont entourées de jardins.
M. Corroy, directeur par intérim du jardin botanique, m’accueillit comme un vieil ami.
Le jardin, très vaste, contient une très grande variété de plantes et une immense volière, où se trouvent réunis tous les oiseaux de l’Indo-Chine. Il y a, en outre, quelques mammifères, de superbes tigres et panthères.
Je ne restai que quarante-huit heures à Saïgon; grâce à l’amabilité de M. Le Myre de Villers, je pus faire une excursion en rivière avec une chaloupe à vapeur des contributions indirectes, chargée de la régie de l’opium.
Je ne décrirai pas la Cochinchine, que je n’ai vue, du reste, qu’en partie et très superficiellement; mais on ne saurait trop admirer ces larges bras de fleuves communiquant entre eux par mille petits canaux couverts d’embarcations.
Nous partons le 5 janvier 1882, à 4 heures de l'aprèsmidi, et dans la nuit nous sommes à Mytho, un des grands
centres de la Cochinchine ; de grands arbres qui bordent les rues y répandent une ombre épaisse.
Continuant notre route, nous visitons successivement Vinh-Long, Sadec, Caïbé, Can-Lo, Long-Huyen, Thôt- Nôt, O-Môn, Cantho, ete. Le 42, nous étions de retour à Saïgon, d'où je partis le 16 pour la France. |
Le 4 février, après une navigation superbe, nous arrivons à Suez, où nous nous heurtons à la direction de la Santé : bien qu'il n’y ait pas eu de choléra à bord et qu'il n’y en eût pas dans nos diverses escales, on nous envoie en quarantaine à Thor, petit port de la mer Rouge.
Nous sommes à peu de distance du mont Sinaï; nous passons la journée à reconnaître le véritable pie auquel il faut donner ce nom, et à admirer une vaste plaine de sable parsemée de quelques maigres dattiers et de quelques rangées de tentes.
Le thermomètre ne marque que 9° centigr.; c'est pour nous, et même pour cette région, une température froide ; aussi les Arabes revenant du pèlerinage de la Mecque restent-ils sous la tente.
Le 7, entrée dans le canal de Suez, et, le 13 février 1882, nous arrivons à Marseille, ayant rapidement traversé toute la Méditerranée.