L'ÎLE CUYO
Les murs ont 40 mètres de haut sur 3. d'épaisseur ; les deux faces de la muraille sont en pierres, et l’intérieur en est rempli de galets et de terre.
Ce fort servait à défendre la ville contre les pirates. Cependant les habitants aiment à rappeler que, lors de la prise de Manille par les Anglais en 1762, un des vaisseaux de la flotte britannique envoya, en passant devant Cuyo, un boulet, qui vint se briser sur les murs de la forteresse.
Le 26 août, on avait entendu comme une épouvantable canonnade; ici seulement nous avons l’explication de ce que nous avions pris pour une canonnade.
A Dumaran, à Cuyo et à Puerto-Princesa, on avait cru entendre le canon d'un navire en détresse, et plusieurs bateaux étaient-allés en reconnaissance, mais sans résultat.
D'autre part, le gouverneur d’une des îles du Sud avait annoncé à Manille qu'un navire demeuré inconnu s'était battu contre une canonmière espagnole, etc.
Cette nouvelle n’avait pas tardé à courir les rues de la capitale, et les potins d'aller : heureusement une dépêche, annonçant la terrible catastrophe du détroit de la Sonde, vint expliquer le fait et calmer les esprits.
Le 3 octobre, nous prenons congé de don Pedro et de don Ramon, et, à 9 heures du soir, nous levons l'ancre pour retourner à Puerto-Princesa ; mais le retour ne devait
pas être des plus faciles : à 11 heures, nous éprouvons une première avarie à la machme, et à minuit une seconde; par bonheur, le mécanicien parvint à réparer l'accident avec assez de promptitude, car le courant nous entraînait sur de petites iles, où nous aurions forcément échoué.
Le 4, à 6 heures du soir, nous mouillons devant le village de Dumaran, d’où nous reparlons le lendemain matin, et, longeant la côte de la Paragua, nous passons au milieu des bancs jusqu’à la pointe Flechas, où se trouve un village de quelques cases, habité par des gens de Cuyo qui font le commerce de l’almaciga (copal) et du rotin.
Nous continuons notre route jusqu’à Puerto-Princesa , où je retrouve mon quartier général intact. J'avais pris le soin d’y laisser en garde un de mes hommes. |