ACTE II. — LE COUPLE. O'J
il comliien c'est une chose horrible, vous frémiriez vousmême, tout dénaturé fjue vous êtes, monseigneur !
Avez soin de ne pas vous tromper de flacon. — Eh bien, capitaine !
Ceniiaro. qui a fini sa ilislribuliou il'argeut, revient sur le ilevanl du théâtre. Le duc se verse à boire daus une des doux coupes d'ém.nil avec le llacon d'arfrent. et prend la coniie (|u'il jiorle à jes lèvres.
CE.NWARO
Je suis confus de tant de bonté, monseigneur,
Madame, versez à boire au seigneur Gennaro. — nin'l ML'C avez-vous, capitaine?
GENNARO, saisissant l'autre coupe et la présentant à la ducliesse.
Vingt ans.
DdN ALPHONSE, bas à la duchesse qui essaie de prendre le flacon d'argent.
I,e llacon d'or, madame 1
Elle prend en tremblant le flacon d'or.
— Ab çà, vous devez être amoureux ?
GENNARO
Qui est-ce qui ne lest pas un peu, monseigneur?
DON ALPHO>SE
Savez-vous, madame, que c'eiJt été une cruauté que d'enlever ce capitaine à la vie, à l'amour, au soleil d'Italie, à la Iteauti' de son âge de vingt ans. à son glorieux métier de guerre et d'aventure par où toutes les maisons royales ont commencé, aux fê'tes, aux bals masqués, aux gais carnavals di; Venise, nù il se tronijje tant de maris, et aux belles l'i'nniies cpie •(■ ieune lionuiir peut niiner cl qui doivent
"0 LUCRECE DUHGIA.
aimer ce jeune homme, n'est-ce pas, madame? — Versez donc à l)oire au capitaine.
— Si vous hésitez, je fais entrer Rustighello.
Elle versp à L.iirc à Gciiiiaro sans iWtc uiio jiarole.
Je vous remercie, monseigneur, de me laisser vivre pour ma pauvre mère.
DON.V I.ICREZIA, à part.
Oli I horreur !
DON ALPHONSE, buvant.
A votre santé, capitaine Gennaro. et vivez heaucoup d années.
GENNARO
Monseigneur, Dieu vous le rende!
Il l).;.ll.
DONA I.ICREZIA, à pari.
Ciel!
DON ALPHONSE, à pari.
C'est fait.
Ilaui.
Sur ce, je vous quitte, mon capitaine. Vous partirez pour Venise quand vous voudrez.
Bas à (loua Lmrrezia.
— Remerciez-moi. madame, je vous laisse tète à tête avec lui. Vous devez avoir des adieu.v à lui faire. Vivez avec lui, si bon vous semble, son dernier quart d'heure.
11 sort, les frardes le suivent.