‹ Lucrèce BorgiaChapitre 46 sur 227 · ACTE II. — LE COUPLE. O'J · texte numérisé non relu

ACTE II. — LE COUPLE. O'J

il comliien c'est une chose horrible, vous frémiriez vousmême, tout dénaturé fjue vous êtes, monseigneur !

Avez soin de ne pas vous tromper de flacon. — Eh bien, capitaine !

Ceniiaro. qui a fini sa ilislribuliou il'argeut, revient sur le ilevanl du théâtre. Le duc se verse à boire daus une des doux coupes d'ém.nil avec le llacon d'arfrent. et prend la coniie (|u'il jiorle à jes lèvres.

CE.NWARO

Je suis confus de tant de bonté, monseigneur,

Madame, versez à boire au seigneur Gennaro. — nin'l ML'C avez-vous, capitaine?

GENNARO, saisissant l'autre coupe et la présentant à la ducliesse.

Vingt ans.

DdN ALPHONSE, bas à la duchesse qui essaie de prendre le flacon d'argent.

I,e llacon d'or, madame 1

Elle prend en tremblant le flacon d'or.

— Ab çà, vous devez être amoureux ?

GENNARO

Qui est-ce qui ne lest pas un peu, monseigneur?

DON ALPHO>SE

Savez-vous, madame, que c'eiJt été une cruauté que d'enlever ce capitaine à la vie, à l'amour, au soleil d'Italie, à la Iteauti' de son âge de vingt ans. à son glorieux métier de guerre et d'aventure par où toutes les maisons royales ont commencé, aux fê'tes, aux bals masqués, aux gais carnavals di; Venise, nù il se tronijje tant de maris, et aux belles l'i'nniies cpie •(■ ieune lionuiir peut niiner cl qui doivent

"0 LUCRECE DUHGIA.

aimer ce jeune homme, n'est-ce pas, madame? — Versez donc à l)oire au capitaine.

— Si vous hésitez, je fais entrer Rustighello.

Elle versp à L.iirc à Gciiiiaro sans iWtc uiio jiarole.

Je vous remercie, monseigneur, de me laisser vivre pour ma pauvre mère.

DON.V I.ICREZIA, à part.

Oli I horreur !

DON ALPHONSE, buvant.

A votre santé, capitaine Gennaro. et vivez heaucoup d années.

GENNARO

Monseigneur, Dieu vous le rende!

Il l).;.ll.

DONA I.ICREZIA, à pari.

Ciel!

DON ALPHONSE, à pari.

C'est fait.

Ilaui.

Sur ce, je vous quitte, mon capitaine. Vous partirez pour Venise quand vous voudrez.

Bas à (loua Lmrrezia.

— Remerciez-moi. madame, je vous laisse tète à tête avec lui. Vous devez avoir des adieu.v à lui faire. Vivez avec lui, si bon vous semble, son dernier quart d'heure.

11 sort, les frardes le suivent.

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