‹ Lucrèce BorgiaChapitre 48 sur 227 · ACTE 11. — LE COIPI.E · texte numérisé non relu

ACTE 11. — LE COIPI.E

IlOXA MCriKZIV

Le duc le croit mort. Il sera aisé de lui cacher ta tuile. Attends! Garde cette liole et porte-la toujours sur toi. Dans des temps comme ceux où nous vivons, le poison est de tous les repas. Toi surtout, tu es exposé. Maintenant pars vite.

Lui iiioiiliMiil la poi-te niasciure iiu'plle ciilr'oiivre.

— Descends par cet escalier. Il donne dans une des cours du palais Xe^ïroni. Il te sera aisé de t'évader par là. N'attends pas jusqu'à demain matin, n'attends pas jusqu'au coucher du soleil, n'attends pas une hein-e, n'attends pas une demi-heure! Quitte Ferrare sur-le-champ, quitte Ferrare comme si c'était Sodome qui hrùle, et ne rej^arde pas derrière toi! Adieu! — Attends encore un instant. J'ai un dernier mot à te dire, mon Gennarol

Parlez, madame.

DOW Uf.RKZI.V

Je te dis adieu en ce moment, Gennaro. pour ne plus le revoir jamais. Il ne l'aut plus sonfi(M' maintenant à le rencontrer qui'lquefois sur mon cliemin. C'était le seul honlieur que j'eusse au monde. Mais ce serait risquer ta tète. Nitus voilà donc pour toujours séparés dans cette vie; hélas! je ne suis que trop sûre que nous serons séparés aussi dans l'autre. Gennaro! est-ce que tu ne me diras pas quel(pie douce parole avant de me quitter ainsi pour l'éternité?...

GE.N'.NARO, baissai!! io'; yoiiï.

Madame...

DO.W I.ICREZIA

Je viens de te sauver la vie, enfin !

GENNARO

Vous me le dites. Tout ceci est plein de ti'nèhres. Je ne

7(i LU(;nEi;E ikircia.

sais (|iu' jK'iisor. Tenez, madame, je puis loiil vous pardonner, une chose exceptée.

DONA UCREZl.V

Laquelle?

GE.\>\RO

Jurez-moi par tout ce qui vous est cher, par ma propre tète puisque vous m'aimez, par le salut éternel de mon àme, jurez-moi que vos crimes ne sont pour rien dans les malheurs de ma mère.

DON.V i.nr.EziA

Tdules li'spar(des sont sérieuses avec vous, Gennaro. Je ne puis vous jurer cela.

0 ma mère! ma mèrel la vdilà donc l'épouvantahle femme qui a fait Ion malheur I

DONA M CREZIA

Gennaro 1

GENNARO

Vous l'avez avoué, madame! Adieu! Soyez maudite!

nONA I.ICREZIA

Et t(ti. Gennaro, sois héni!

Il sort. — Elli' loiiilic l'vniiniiic^ sur Ip timloiiil.

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