‹ Lucrèce BorgiaChapitre 75 sur 227 · TOUS E.N CHŒUR · texte numérisé non relu

TOUS E.N CHŒUR

La tombe est noire, Les ans sont courts, Il faut, sans croire Aux sots discours, Très souvent boire.

Aimer toujours !

VOJX AU DEHORS

Non iiioiliii laïuhihunt le, Domine, neqiie oinncs qui dcscendiuit in iiifcrninu.

MAFFIO

Itaiis la douce Italie, Qu'éclaire un si doux ciel, Tout est joie et folie, Tout est nectar et miel.

Ayons donc à nos fêtes Les Heurs et les beautés, La rose sur nos tètes, La femme à nos côtés !

TOUS La tombe est noire, etc.

La grande porte du fond s'ouvre.

lli IICUÈCE LUKGIA.

I/aiili'ur iir kTiiiiiii'iM ]»:is celto mile >iiiis engager ceux ih acleurs de province qui |)(iurraieiil èlre cliargés des rôles de sa pièce à étudier, s'ils en onl l'occasion, la manière dont Lucrèce Borgia est représentée à la Porte-Sainl-Martin. L'auteur esl heureux de le dire, il n'est pas un rùle dans son ouvrage tpii ne sdit joué avec une inlelligence singulière, (iliaque acteur a lu pliYsionouiie de son rôle, (iiiaipie personnage se pose à son plan. De là un ensemlile p.u'fait. qnoi(jue uièlé à (oui moment de verve el de fantaisie. Le jeu gcMK'ial de la pièce est tout à la fois plein d'Iiarmunie ei plrin de relief, deux qualités (jui s'excluent d'ordinaire. Aucun de ers elîets criards ipii d(''tonnent dans les troupes jeunes, aucune de ces monotonies qui alanguissenl les troupes faites. Il n'i'sl pas de troupe à Paris qui comprenne mieux que celle de la l'orle-Saint-Martin la mystérieuse loi de perspective suivant laquelle dnil >-e iiKiuviiir et s'élager au lliéàlre ce groupe de personnages p.issimiiii'- mi ininiques qui ikhic el dénoue un drame.

Va cet ensemble est d'autant plus frap(iaiit dans le cas présent, qu'il v a dans Lticrèce Borfiiii cei-tains jiersonnages du second (irdre représentés à la Porte-Saint-Martin par des acteurs (jui sont du premier ordre et qui se tiennent avec une grâce, une loyauté et un goût p.irfaits dans le demi-jour de leurs rôles. L'auteur les en remercie ici.

Quant aux deux grands acteui's dont la lutte commence aux |iremicres scènes du drame et ne s'achève qu'à la dcrnière,l'auleui' n'a rien à leur dire qui ne leur soit dit chaque soir d'une manière bien autrement éclatante et sonore pir les acclamalions diiiil le public les salue. M. Frederick a réalisé avec génie le Gennaio que l'auteui' avait rêvé. M. Frederick est élégant et familier, il esl plein de fatalité et plein de gr.îce, il est redoutable et doux ; il est enfant et il est homme; il charme et il épouvante; il esl modeste, sévère et terrible. Mademoiselle George réunit également au degré le plus rare les qualités diverses et (juelquefois même (ipposées que son rôle exige. Elle prend jiuissamment et en reine IdUles les attitudes du personnage qu'elle représente. Mère au premier acte, femme au second, grande comédienne dans cette scène de ménage avec le duc de Ferrare, où elle est si admirablement secondée pir M. Lockroy, grande tragédienne pendant l'insulte, grande Inigédienne |iendant la vengeance, giande Iragi'dienne pendant le châtiment, elle [lasse comme elle veut, el sans elîort, du palhétique tendre au pathétique terrible. Elle fait apiilaudir el elle fait pleurer. Elle esl sublime comme liécubc et touchante cumnie Dodéinona.

XUTE.S DE LEDlTluN DE lîS.S'J. Hj

ÉDITION liE INS^J

Page 1