C.F.NNARn
.II' no suis pis t'ni (iiMimini !
Il l:i siiisii aux cjiovciix.
noNA irruEZîA
Au iiiiiii ilii cji Non :
(lENNAP.O
Il In frnpp^'.
IKINA I.Ucr.KZIA
Ail!...
EH'' l'iiiilip à l:i roiivprsi' sur un f:iiilrMiil. I.s yoiw fiTinés, comini' morte.
(iENXARO. l:us>anl rcliajipor le couteau.
0 iiiiiii iJicii I (jiirl cri elle :i poussé! Ce cri, il me scinlilc (pi'il m';! n'-vcilli' d'un rèvc 1 — Oirpst-ce que j'ai fait là? Je viens de tiicf une IV-mme! C'est horrible à un Iiomine de tuer une femme I c'est làdie I — Un assassinat I il y a un assassinat sur moi à présî'nll J'ai les mràns coiivcilcs de smg! Mais c'est un crime alTreux que j'ai commis là'. — Du secours! du secours! il faut secourir cette malheureuse ! — Persftnne ! Je suis donc seul dans ce palais! Mes amis sont là, dans la chamhre voisine, mais ])eut-ètre à cette heure n'y a-t-il plus que des morts. — Oh ! mas elle va expirer. Est-il déjà trop tard? De l'air! donnons-lui de l'air! — 0 mon Dieu! qu'est-ce que j'ai fait là?
Il ramasse le couteau et coupe les lacets de doua Lucrczia. Au moment cil il lui découvre la poitrine il eu tombe un paquet de lettres tout ensanglantées.
Qu'est-ce que c'est que ces papiers? Des lettres!
Il les examine.
Mon écriture! Mon Dieu! C'est vraiment mon écriture! 11 leuiUelte et lit :
« Ma mère!... Ma. mère!... Ma honne mère! » — Partout ma mère ! — Ce sont mes lettres à ma mère ! — Saints du ciel I comiuent se trouvent-elles ici? sur h' cœur de cette femme (pie je viens de poisn.Trdcr? — Oh! voilà qu'il me vient une lumière
jilïrciisc ! Esl-cc (|iii' je me scinis inr|iiis d'une si ('■|)(iiiv;tnt;ilil(' l';ic(»?i V L'iiinoiir (|uc l'cllr IVinnic ;iv;iit |j()ur moi, la teiiilicssc inc\|ilicMlil(' (le SCS |i;iiol('s, son i-cj^ard lonjoins iillacli('' à Ions mes pas, son pardon coriliinicl de loulcs mes (hn'cir's... (> mon iJicn I (prcst-co fpi(^ j'entrevois?
So jciniil snr li' rnrp^ ili> doua LiK ri'zia. Madame! madame I... (• eiell esl-e(^ (pi'elle esl déjà e\|iir(''e? .Madame!... — .ihl Dieu soit ix'-ni. elle a l'ail nn mouvemeni! son œil .se rouvre! Dieu! comme sa blessure .saii^ne ! — Madame! ré|K.nd(V-moi, madame !
rio.NA I.Uiliil'.ZlA, Piilr'onviMiil li'< )i;ni|iii''rt's.
Mon Gennaro! qur- me veux-tu.'
GENNAP.O
Est-ce ((ue vous seriez ma mère?
riONA LUCREZIA, ^0 di'i^^^ant rommi' )iiir uni' ^pronsse f;alvanii|iic. Que dis-tu là?
r.EXNARO
Ktes-vous ma mère?
nONA UT.REZIA
Non! sois tranrpiille. mon (iennaro! je ne suis pas ta mère!
(lENNARO
Si ! vous l'êtes!
DONA LLTREZIA
(iiel! fju'esl-ce donc ipii l'a dit C(da'^
CENNARO
Ces lettres!
nOXA LUf.REZIA
Tes lettres!
GE.NNARO
El puis, je viens de \v voir dans vos yeux !
noNA I.rC.REZIA, rovciiaill à elle.
Hélas! hélas! je voulais te le cacher; je voulais, pour le repos de ta vie, emporter mon .secret en mourant, Mais lu .sais tout! oui. lu es mon fds, mcm fds! mon enfant adoré! — Ah! laisse-
moi t'appeler mon fils ! flfpuis vin<rt ans j'ai soif de t'ajipeler mon fils!
GENNAIiO, tombant à sp* piods. étouffé do snngloi*.
Ma mère !
nu.NA LUCREZI \
Tes lettres hien-aimées ! donne-les-moi que ji- les voie encore et fpie je les baise! — Je faisais comme toi, je les mettais sur mon cœur. — Aois, le poignard les a traversées. — La cuirasse est moins bonni> fpie tu ne croyais, Gennnro !
Oh! c'est vraiment bien affreux 1 Comment! vous qui m'avez porté dans votre sein, vous dont la pensée est mon seul bnnlieiu' depuis que je me connais, vous qui avez tant souffert pour moi, vous qui m'aimiez d'un amour si adorable et si angélique, vous qui êtes ma mère ! c'est comme cela que je vous retrouve ! — et l'on dit qu'il y a un Dieu dans le ciel ! — je vous retrouve couverte de votre sanj;, je mui^ n-frouve avec im cout<'au dans la poitrine, je vous retrouve Iikc. ma mère! tuée! et par qui? par mi)i ! (111! je suis un misérable! (Hi! dire que c'est luoi qui ai fait (lia. Dioi qui vis, moi qui parle, moi qui respire en c<' momi-nt ! dire que ce n'est pas un rêve, que ce couteau est un cnulran, i\nr ir siini.' est du san;r. que cette mourante est ma mère!
IiûNA LICREZIA, d'un air sorubre.
(iennam! ne pleure pas tant Lucrèce Borgia!
Lucrèce Borgia? Vous appelez-vous Lucrèce Borgia? est-ce que ji' sais si vous vous appelez Lucrèce Borgia? Ma mère est ma mère! voilà tout ! — Pourquoi ne m'avcz-vous pas dit plus tôt que vous étiez ma mère?
DON A IXCKEZIA
Le Yalentinois ne t'aurait pas laissé une beure de vie. Et puis je craignais d'exjxtser ta tendresse filiale au clioc redoutable de mon nom,