LES MÉ.MES, COLLAI IN, SFATUS, TITUS, ARONS
SEXTtlS.
Ail! Brute, te voilà!
Kt Lucrèce avec Brute! O tètc-à-tiHe rare Du jour et de la nuit , du ciel et du Téuare ! Nous venons vous cherclier, car chacun remarquait Que vous manquiez , Lucrèce , et que lîrute manquait.
(A Brute.)
Oui , quand tu n'es pas là , tout festin i)arait fade , Tout plaisir endormi , toute gaîté malade , Allons, réveille-nous!
BRUTE
Comment vous contenter?
Voulez-vous que je danse , ou vaut-il mieux chanter ?
SEXTUS
Toi ! chanter de ce son de voix si lamentable !
Laissez-moi vous conter, Sextus , une autre fahle.
Le coq chantait un jour; la taupe, cependant,
Lui trouvait la voix aigre et le cri discordant :
« Ne se taira-t-il point? quelle est cette inconnue,
« Cette aurore à laquelle il dit la bienvenue ? »
Le coq lui réjKmdit : « Je chante le réveil,
« Parce que j'ai des yeux et peux voir le soleil. »
SEXTUS
Où veut-il en ^ enir avec ses apologues ?
BRUTE
Remarquez bien , Sextus , ces deux points analogues : Puisque je vous réveille, et qu'ainsi vous dormez. Je suis le coq, et >ous la taupe aux yeux fermés.