ACTE III
SEXTUS
Voyons où tout aboutira.
(il ut.)
« En haut il est écrit que, quand le jour viendra,
« Le jour après lequel cinq autres jours encore « Achèveront le mois que le Luperque honore,
« Et qui tire son nom du far mêlé de sel,
« Qu’un licteur désigné doit porter à l’autel...
(Interrompant sa leolore. )
Ce mois, c’est février ! c’est le mois où nous sommes !
LA SIBYLLE
Tu l’as dit.
SEXTUS
Et ce jour, c’est demain !
Poursuis.
LA SIBYLLE
Tu le nommes.
SEXTUS, lisant.
« D’un feu néfaste un Tarquin brûlera, « Et l’époque des rois par lui s’accomplira. » Qu’oses-tu prononcer !
LA SIBYLLE
C’est le sort qui prononce.
Voilà ce qu’il t’enseigne.
SEXTUS
Et voici ma réponse :
LUCRÈCE
Que la menace vienne ou d’en haut, ou d’en bas.
Des mortels ou des dieux, je ne céderai pas.
Tu peux retraverser tes mers, ô pythonisse!
Mais plutôt, je comprends ton grossier artifice.
Tu n’es pas la sibylle; une prêtresse, toi !
Tes bandeaux usurpés avaient surpris ma foi.
Apollon est muet. Une amante irritée A fait mentir du dieu la parole empruntée,
Et ses attraits vaincus s’arment de cette erreur,
Afin de ressaisir l’amour par la terreur.
Va, mendiante, et dis à celle qui t’envoie Que de Sextus timide on n’aura pas la joie.
LA SIBYLLE
Veux-tu mes deux cahiers pour trois cents pièces d’or?
SEXTUS
Non.
LA SIBYLLE
(Faisant briller le cahier qui lui reste entre les mains.)
Suis ton frère au feu , prophétique trésor!
Quand Jupiter veut j>erdre un mortel, il commence Par envoyer vers lui l’orgueil et la démence.