‹ Lucrece tragedie en cinq actes et en versChapitre 41 sur 62 · LES MÊMES, BRUTE · texte numérisé non relu

LES MÊMES, BRUTE

BRUTE

Sextus, je rentre au camp, et viens vous avertir. M’accompagnez-vous?

SEXTUS

Non, je reste encore à Rome.

J’ai certaine œuvre ici qu’il faut que je consomme.

BRUTE

Les Romains feront bien de s’enfermer chez eux, Sextus. Un prince oisif est parfois dangereux ;

Mais un prince affairé! le danger est bien pire.

SEXTUS

Brute, retiens ta langue; elle en pourrait trop dire.

BRUTE

Laissez. Nous nous devons entr’aider : c’est pourquoi Je prends chez vous les traits dont vous riez chez moi. Nous composons à deux une folie entière :

L’un fournit le langage, et l’autre la matière.

Comme vous agissez, moi je parle; et jamais Je n’extravague mieux qu’en parlant de vos faits.

LUCRÈCE

SEXTl’S.

Félicite-toi donc; une bonne aventure

(Il montre la Siliylle.)

Au moment où je pars t’offre une autre pâture. Regarde cette femme, au ténébreux manteau,

Qui semble s’enfumer à tenir un flambeau :

C’est une folle errante : elle parcourt le monde,

Pour rencontrer sans doute un fou qui lui reponde. Vous pouvez faire assaut, l'un l’autre; et je ne sais Lequel des deux l’emporte en propos insensés.

(S'adressant à la Sibylle , et lui rendant le livre qu’il a gardé jusqu’alors.)

Et toi, reprends ton livre, esclave ou pythonisse,

(A Sulpice.)

Et fais-en de la cendre à ton gré. Viens, Sulpice.

(Il sort avec Sulpice.)

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