Prince LéopoM de Bavière, en remplacement de Mackensen
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gurer une guerre de mouvements à la suite d'une pénétration profonde en territoire ennemi. Les Russes chercheraient sûrement à s'opposer à cette invasion et seraient, par conséquent, dans l'obligation de prélever des troupes sur le reste de leur ligne. Or, une seule région autorise encore un espoir de ce genre : la Courlande et la Lithuanie.
Ludendorff n'hésite pas. Il organise la gauche de la 10e Armée en détachement d'armée1 et la fait déboucher du bas Niémen le 17 avril.
Ses débuts sont relativement faciles car les Russes ne tiennent que faiblement le pays, puis les combats deviennent plus durs ; les Allemands avancent et reculent pour aboutir, à la fin de mai, sur la ligne : Rossieny-Libau. Cette place a été enlevée à sa garnison — 1 5oo hommes de mauvaises troupes — dans un raid audacieux d'une division de cavalerie, avec soutien d'infanterie, appuyée par une flottille de torpilleurs.
Ces conquêtes territoriales ont déjà leur prix, mais elles ne pèsent rien auprès des conséquences de l'apport constant de renforts russes sur un théâtre d'opérations excentrique alors que la véritable attaque va se livrera l'autre bout du front.
1. 3 divisions de cavalerie dont 2 venant de l'ouest et 3 divisions d'infanterie. Cette armée deviendra « Armée du Niémen » sons von Below.
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Le 2 mai — le jour même où Mackens n entamait ■a grande offensive on Galicie — la g* Armée parlait aussi pour sa démonstration a l'Est de Lodz. On fondail sur elle les plus grands espoirs parce qu'on y faisait usage, pour la première fois, de nappes de gaz asphyxiants et qu'on savait les Russes dépourvus de tout moyen de protection.
Le^ troupes allemandes encore peu instruites dans le mode d'emploi de ce'.tc nouvelle invention, mais fort stylées sur les effets attendus, croyaient ne plus rencontrer un ennemi vivant. Leur déception fut grande en constatant que fusils et mitrailleuses étaient encore en partie servis. D'autre part, leur artillerie les appuya mal. Au fond, elles n'attaquèrent pas sérieusement. Quelque temps plus tard, en voulut renouveler l'essai ; il fut encore plus malheureux ; un retour de vent ramena les gaz sur les Allemands et en intoxiqua un grand nombre. Officiers et hommes éprouvèrent décormais la plus vive répugnance à se tenir dans des tranchées bourrées de récipients aussi dangereux. C'est tout ce que démontra avec certitude la grande démonstration de la 9e Armée.
Le 2 mai, Mackensen part à l'attaque. Les Russes s'aperçoivent bion vite qu'ils n'ont pius affaire à des Autrichiens. En quelques jours, ils se voient enlever les trois positions qu'ils ont édifiées sur le revers sud
des Carpathes. Force leur est d'évacuer la Hongrie, de repasser les montagnes et de se replier vers le San. L'Autriche est sauvée une fois encore au moment où 600 000 Italiens se déclarent contre elle !
Mackensen opère comme dans la deuxième campagne de Pologne. ; il fonce. Il fonce à toute allure dans la direction du San. Le i5 mai, il enlève d'assaut la tête de pont de Jaroslau sur la rive gauche. A ses côtés, les Autrichiens suivent de mieux en mieux au fur et à mesure qu'ils sont plus près. Bientôt l'armée de Linsingen entre en branle à son tour, de part et d'autre de la voie ferrée de Lemberg, et s'avance jusqu'au delà de Strvj. Entre les deux coins qui pénètrent chez les Russes, les Autrichiens font office de liaison. Przemyls sera réoccupé par eux au début de juin.
Les premières conséquences de ce succès, exclusivement frontal d'ailleurs, ne tardent pas à se faire sentir sur l'autre rive delà Vistule. Les Russes de la Pologne du sud, dépassés en Galicie, se retirent sur une ligne qui va de Kielce jusqu'en amont de Sandomir.
On est à la mi-mai. Un temps d'arrêt se produit, car il faut que les Allemands organisent leurs communications. L'affaire sera reprise en juin.
Ludendorff que l'opération intéresse fort, mais non directement puisqu'elle se passe dans le domaine autri-
SBS MANOBU\
chien, est d'avis, non sans raison, que cette brillante poussée ne donnera pas plus de décision, en juin, qu'elle n'en a donné en mai. On gagnera du terrain, mais on perdra aussi beaucoup de monde comme on en a déjà beaucoup perdu. Or, qu'importe aux Russes d'abandonner un territoire qui n'est pas le leur ? Que leur importe même de céder une partie de leur immense pays ? La guerre n'est pas gagnée pour cela ; ce sont les armées qu'il faut jeter bas. Il y a donc mieux à faire qu'à pousser un ennemi qui plie mais ne rompt pas. Gomment?
Attaquer avec la 12e Armée1 en direction de la basse Narew ? On pourrait, en effet, affecter à cette opération 9 à 10 divisions, mais à quoi cela conduirait-il ? A une retraite russe analogue à celle de Galicie, rien de plus. Dans ces conditions, ne serait-il pas préférable de reprendre le projet tant caressé pendant la 2e Bataille de Mazurie d'une exploitation nord sud au travers du goulet Ossowietz-Grodno ? Quel coup de filet si l'on arrivait sur le Bug entre Varsovie et Brest- Litowsk, alors que les Russes seraient encore en Pologne du nord !
La Direction suprême, maintenant plus engouée des
I. L'aile droite de la 8e Araiée (von Scholtz), eu ligne à Plolik et au nord-est, a été constituée en armée (12e) sous Gallwitz. De Plotzk. à la Baltique, les armées se succèdent donc dans l'ordre suivant : 12e, 8e, ioe; Niémen.
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idées de Ludendorff que Ludendorff lui-même, pousse ardemment à cette solution, mais Ludendorff en a mesuré toute les difficultés. Profitant d'un abaissement momentané des eaux du Bobr, il a déjà fait exécuter une tentative de passage de part et d'autre d'Ossowietz ; elle a échoué. D'autre part, la ligne Ossowietz-Grodno est doublement forte, de par sa constitution topographique d'abord, de par son organisation et les nombreuses troupes qui l'occupent ensuite. On ne parviendrait que difficilement et trop lentement à en briser la résistance. Ce qui pouvait se concevoir hier à la rigueur, en l'absence de fortifications, ce serait folie de le tenter aujourd'hui. À regret, mais obstinément, Ludendorff se refuse à entrer dans les vues de la Direction suprême.
Faut-il cependant renoncer à toute combinaison analogue? En cherchant plus au nord, n'en peut-on trouver une qui soit satisfaisante? Certes, plus on s'éloigne du foyer mouvant de la bataille, plus il faut viser des objectifs éloignés pour être, au bon moment, sur les derrières de l'ennemi en retraite ; plus aussi il faut aller vite pour n'être pas en retard au rendez- vous. Distance, vitesse, double difficulté ! Difficultés non dirimantes cependant. 11 est clair, en effet, qu'une offensive réussie en direction de ^ ilna- Minsk, donnerait des résultats au moins comparables à ceux d'une action victorieuse qui, api es être passée entre