Depuis le printemps, le Grand Quartier Général s'était
transporté à Spa pour être plus près des opérations. Hindcnburg
Les Français ont attaqué entre la Marne et Soi et enfoncé la ligne allemande. Le coup est extrêmement durcomme on peuten juger parses conséquences dans le camp allemand. La retraite est ordonnée non seulement hors de la rive sud de la Marne, mais jusqu'à la ligne Aisne- Vesle ; il ne peut plus s'agir d'attaque en Flandre car les réserves destinées à cet objet suffiront à peine à étayer les armées voisines de la trouée et à relever les divisions" épuisées qui combattent dans la boucle de Château-Thierry ; les efTectifrs sont tombés si bas dans certaines divisions qu'il faut dissoudre dix de ces unités pour compléter médiocrement les autres.
Le 2 août, les Allemands ont réussi à s'établir en arrière de la ligne Aisne-Vesle. Leurs pertes ont été grandes car il a fallu défendre opiniâtrement les deux montants de la porte par où s'écoulaient les troupes en retraite vers le. nord. Ils aspirent au repos. Ingénument, Ludendorff suppose qu'à part le front actuel de combat et son voisinage immédiat qui demeureront toujours plus ou moins embrasés, tout le reste du front va jouir d'un répit prolongé. « Il y avait eu arrêt à la suite de ses propres attaques du 21 mars et du 27 mai ». C'est précisément la faute que les Alliés ne vont pas commettre !
et Ludendorff, accompagnés d'nn certain nombre d'officiers de leur bureau des opérations, s'étaient organisé, plus en avant, à Àvesnes, un poste de commandement.
Tout son espoir consiste maintenant à résister et, s'il y parvient, à prendre, en vue de là paix, des résolutions décisives qui — il le pressent — lui feront renoncera bien des espérances. En d'autres termes, il considère la partie comme perdue.
Il en est là de ses réflexions quand se lève « le jour sombre de l'armée allemande, le plus sombre de toute la guerre, exception faite du i5 septembre qui vit la défection bulgare et scella les destinées delà Quadruple Alliance ».
Ce jour néfaste arrive le 8 août 1918.
La contre-offensive franco-anglaise du 8 août 1918. — Le front Albert-Amiens-Montdidier est tenu, du côté allemand, par deux armées : au nord, la 2e ; au sud, la iSel. La 2e confine à la 17e qui fait face à Arras ; la 18e est jointive avec la 9e qui est à Noyon, a cheval sur FOise. Ce front où l'on doit désormais garder la défensive, Ludendcrff le croit très tort. Il a fait évacuer dans la nuit du 3 au 4 août, les tètes de pont de F Ancre et de FAvre qui ne riment plus à rien
1. Ces deux armées appartiennent au groupe d'armées de Boehm récemment créé et qui d'ailleurs disparaîtra bientôt. Au nord, se trouve le groupe d'armées du kronprinz de Bavière; du sud au nord : 17e, 6e et 4e armées. Au sud, est le groupe d'armées du kronprinz allemand ; de l'ouest à l'est : 9e, 7*, ir- et 3e armées, cette derniète à cheval sur la Meuse en aval do Verdun^
'. ES
depuis qu'ôf! ne doit pins attaquer, él il a fait inspectes onlrc Albert et IVÎoreuii par Un général éti qui il atonie confiance. Deux di vis
fotiguéeâ on' été i élevées, à la suite de cette inspection, par dnw diVl îîchcs; les zones d'action des
lés unités sont normales et même étroites pour liMir Situation, donc favorables à la résistance ; l'articulation de l'infanterie et de l'artillerie en profondeur est bien observée ; celle-ci est puissante et bien approvisionnée en munitions.
Cependant, le 8 août, par un matin brumeux, tout cela est balayé, de l'Ancre à Monldidier — ce point exclu — , par les Anglo-Français. D'un seul élan, ceux-
;ètrent profondément dans la position allemande, ; il des milliers de prisonniers et des centaines
de canons. Six à sept bonnes divisions sont presque entièrement détruites ; plusieurs autres se sont laissées
r sur le corps; tout ce qui était en réserve, là ou
dans les armées voisines, est accouru à la brèche,
■ nt en même temps ses propres premières lignes
sans réserves sérieuses. Or, voici que le 9 et le 10
août, les Français étendent leurs attaques vers le sud,
•ntdidier aux abords de l'Oise, et s'enfoncent aussi dans les positions allemandes ; il faut reculer jusqu'aux anciennes lignes de 1916, avant la Somme1.