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assis! nen par la Grande Armée, i!
ne se sent pas par des rémi
historiques, mais secoué d'une sainte haiae peur l'insolente nation qui, à celte époque, avait
son char et prétendait étendre sa domina! ion sur l'Europe.
En revanche, il manifeste une indignation, quelque peu comique après le baptême de Tannenberg, à constater, qu'au début de la guerre, ies Japonais employèrent, pour sommer l'Allemagne d'évacuer Kiao-Tchéou, les termes mêmes dont Guillaume II avait fait usage, en 1 895, pour exiger le départ des Nippons de Port-Arthur. Vingt années sont tout de même moins longues que cinq siècles pour se venger, spirituellement d'ailleurs, d'une humiliation.
Que Ludendorffne soit pas toujours sincère, ou que, l'étant, il se contredise, cela est évident. Dans sa hâte à se défendre, il n'a pas pris le temps de confronter soigneusement les différentes parties de son livre. Aussi, les contradictions y abondent. Quand elles résultent de rapprochements entre opinions émises à des pages et des pages de distance, elles surprennent; si elles sont trop rapprochées, elles mettent en garde contre la bonne foi de l'auteur. Quelques exemples seulement.
Quand, en novembre 1917, Ludendorff conclut un
armistice avec les Russes, il leur fait des conditions d'autant moins rigoureuses qu'il est plus pressé d'arriver à un accord ; sa seule crainte est de ne pas voir aboutir les pourparlers ; il va même jusqu'à consentir des échanges de visites entre soldats allemands et bolchevistes, quoiqu'il sache tout le danger de telles rencontres. Or, ne s'avise-t-il pas, ayant à peu près dit tout cela, de comparer sa magnanimité en faveur des Russes à la « volonté de destruction manifestée par l'Entente, en 1918, vis-à-vis des quatre puissances de l'Europe centrale » !
Il trouve parfait, qu'avant de prendre parti, la Roumanie ait laissé passer la contrebande de guerre à destination! des Turcs, mais la Suède, qui s'oppose au transit du matériel destiné à la Russie, est une nation « qui possède la notion juste des devoirs d'un État neutre ».
En ravitaillant les Alliés, en construisant pour eux des engins de guerre, l'Amérique — qui est prête d'ailleurs à rendre le même service aux Allemands s'ils lui font des commandes — l'Amérique accomplit un acte de quasi-hostilité, mais la Suède dont le minerai est si nécessaire aux fabrications allemandes qu'elles ne pourraient, sans lui, continuer, est exempte de tout reproche.
Ces contradictions, dont on pourrait allonger la liste, découlent toutes d'un esprit que nous connaissons bien
COXCLUSION
et qui suffit, pensons-nous, à toutes les explications: tout ce qui favorisa, favorise ou favorisera l'Allemagne est licite, tout ce qui la desservit, la dessert ou sera de nature à la desservir ne mérite que réprobation.
Ludendorlî n'est pas toujours sincère mais il lui arrive aussi, disant la vérité, de ne pas la dire entière. En ces cas, c'est qu'une réputation allemande est à préserver: celle du Grand Etat-Major, par exemple. C'est ainsi qu'il passe sous silence, ou s'efforce de ramener à des objets secondaires les visées lointaines certainement attachées à plusieurs de ses grandes attaques. Que prétendait faire son prédécesseur à Verdun, une fois la ville conquise ? Quelle exploitation avait-il prévu lui-même pour chacune de ses offensives de mars, mai, juillet 19 18, et qu'en attendait-il. Répondre: rien, et le prouver en protestant que la stratégie est sans importance, que la tactique compte seule, est un enfantillage, surtout de la part d'un homme qui a passé deux ans sur le front oriental à faire ou vouloir faire de la bonne stratégie. Mais il faut ménager la chapelle et ses desservants !
Cette vue sur la mentalité de Ludendorffnous révèle aussi pourquoi, aux mauvais jours, nous l'avons vu perdre en partie ses caractéristiques habituelles. Alors son Dieu est menacé au point que les plus fidèles désespèrent do sa puissance. Il est un de ces fidèles