‹ LudendorffChapitre 7 sur 25 · V ROLE M · texte numérisé non relu

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l'Allemagne dfe l'opération. En ce qui le concerne, il ne peut plue attaquer, sauf événement ini[)révu — « ah! s'il avait pu savoir que l'erfohd renient de la Russie était proche, comme il aurait àùtréi I opiné ! » — ; or, qui n'attaque pas est tôt ou tard vaincu ; on lui offre d'attaquer dans le domaine maritime et on lui affirme qu'on le peut faire avec succès dans un temps qui lui permet de tenir sur terre ; il n'hésite pas ; il vote pour la guerre sous-marine à outrance; il prend « tranquillement sa décision ». Seulement, il n'ajoute qu'une foi relative aux chiffres qui lui sont fournis par la marine ; elle dit qu'en six mois elle en aura fini avec l'Angleterre; lui, il accorde un an parce qu'il peut résister pendant un an et, qu'en un an, l'Amérique, si elle entre dans la guerre, ne pourra pas envoyer en Europe plus de cinq à six divisions.

Ludendorff et ses comparses, oubliant la médiation Vv'ilscn, décident donc que la guerre sous-marine sans rectrictions entrera en vigueur le Ier février et l'on s'occupe tout de suite à rédiger les notes qui délimiteront les zones interdites, en y ajoutant, au sujet des neutres, quelques réserves destinées à faire illusion aux États-Unis.

En même temps, on prend quelques précautions

è le Danemark et la Hollande, en endivisionnant

les gardes-frontières qui font face à ces pays et en

constituant sur chacun de ces fronts secondaires un état-major de corps d'armée. Sur les confins hollandobelges, on fera venir, s'il le faut, les troupes maintenant inutiles en Roumanie, lesquelles sont en principe destinées au front français.

Le 3i janvier 19 17, la guerre sous-marine à outrance est notifiée à l'Amérique. Un mois plus tard, le Reicbstag, à l'unanimité des voix, y compris celle des socialistes, approuve cette décision. Il rend l'Entente responsable du nouveau crime de lèse-humanité qui se va désormais commettre ! Le résultat ne se fait pis attendre. Les États-Unis déclarent la guerre à l'Allemagne et entraînent successivement avec eux la plupart des nations du Nouveau-Monde. Ludendorff n'en est point ému puisque tout sera terminé avant que ces nouveaux adversaires aient pu jeter dans la balance le poids de leurs jeunes épées.

Les débuts de cette action criminelle réalisèrent les espérances, mais les torpillages diminuèrent par la suite. Ludendorff s'en préoccupe moins puisque la Russie est hors de cause ; il s'y intéresse cependant toujours, à titre de chance secondaireet non négligeable, même si la guerre doit être gagnée sur terre. Il réclame l'extension des constructions de sous-marins, mais, comme ses elïectifs baissent, et que le Gouvernement est impuissant à envoyer au front les milliers d'embusqués et de déserteurs qui encombrent l'intérieur,

il refuse d'accorder des sursis aux ouvriers demandés par les usines de la marine. Quand sonnera l'heure db la délai ie et que Wilson posera comme condition première de l'armistice la cessation de la guerre sousmarine, Ludendoriï luttera de toutes ses iorces pour que le Gouvernement ne consente pas, en déposant cette arme meurtrière, à Taire l'aveu de sa faiblesse.

La paix avec l'Entente. — Tandis que, comme dernière ressource, à la fin de 191 6, les Allemands préparent la guerre sous-marine sans restrictions, ils s'efforcent aussi d'engager des négociations de paix. En septembre 19 16, ils avaient eu recours à l'entremise du Président Wilson, mais octobre et novembre s'étaient passés sans leur apporter de réponse. Ludendorrï, associé à sa manière à la tentative, perd espoir de la voir aboutir. Il adopte aussi l'idée exprimée par le comte Burian de faire à l'Entente des ouvertures directes, mais il exige, qu'avantde publier le détail des propositions, on attende la fin de la campigne de Roumanie et la promulgation de la loi sur le service militaire universel en Allemagne, loi qu'il a préparée et qu'il compte bien voir voter à brève échéance. Selon son habitude, il veut en imposer à ses adversaires, leur faire croire qu'il agit non par nécessité mais par amour de la paix.

La démarche de Burian est faite le 12 décembre.

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Un peu plus tard, Wilson demande aux belligérants de lui faire connaître à quelles conditions ils consentiraient à terminer la guerre. Ludendorff, jusque-là mêlé aux discussions, et qui le restera par la suite, prétend qu'il n'a rien connu de la réponse faite par son Gouvernement au Président des Etats-Unis. L'affirmation est au moins singulière.

Quoiqu'il en soit, le 26 décembre, les Empires Centraux proposent d'ouvrir une conférence dans une ville neutre. Le 12 janvier 19 17, ils essuient un refus formel qui est encore confirmé le 3o janvier.

La veille de ce jour, s'étaient réunis à Pless — quartier général de ia Direction delà guerre — dans le bureau même de Ludendorff, le Chancelier et le Secrétaire d'État aux Affaires étrangères. On y avait discuté les conditions de paix que l'Allemagne pouvait offrir. L'accord réalisé, on était passé chez l'Empereur.

Il ne s'agissait de rien moins que d'exiger : la restitution de la Haute- Alsace occupée par l'es Français ; une frontière orientale qui mît l'Allemagne et la Pologne à l'abri des attaques russes futures ; la rétrocession des colonies allemandes, augmentées de territoires d'étendue proportionnée à la population et aux intérêts économiques allemands ; des rectifications de frontière avec la France qui respectassent les besoins stratégiques et économiques de nos voisins ; la restauration de la Belgique sous réserve de garanties à débattre avec

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buIs; des traités de comn plus

avantage nx ; la liberté des mers. A ce prix, mais plus tard) quand les négociations seraient eu partie ru.

tt, un verrait à cesser la guerre sous-marine et à i r la France et la Belgique.

Quelles chances de telles conditions pouvaient «lies bien avoir d'être accueillies? Et quel rapport olîraienteiles avec la situation militaire réelle des Allemands ? Ludendorff cependant se défend de les avoir faite- trop dures. Dans son aveuglement, il les croit acceptables. Il les considère bien ainsi, pourquoi l'Entente ne l'imiterait-elle pas ? Qu'elle négocie d'abord sur ces bases et si Ton n'arrive pas à s'entendre à la table du congrès, elle sera toujours à même de recommencer la guerre, s'il lui plaît. Hypothèse singulière, car quelques lignes plus loin, Ludendorff avoue que le peuple allemand n'aurait jamais consenti à reprendre la partie interrompue. Pourquoi donc s'en serait-on montré plus capable dans le camp opposé?

Vers la fin de l'année 191 7, on prépare un projet, de paix basé sur le statu quo ante, mais on tient en réserve des conditions, meilleures pour l'Allemagne, qui ne seront mises au jour que si la situation devient plus favorable. Ces conditions, Ludendorff les a rédigées.

La question de paix agite l'Allemagne jusqu'à la lin

de la guerre. Quoi qu'il semble, elle domine toute la politique extérieure et intérieure de l'Empire et c'est ce que Ludendorff reproche le plus à son Gouvernement. Il s'est efforcé par tous les moyens d'éviter le vote de juillet 191 7 ; un an plus tard, il fera choir le ministre des Affaires étrangères Kuhlmann pour avoir eu le malheur de dire que la guerre ne pouvait plus être militairement gagnée.

Hinlze, qui prend la succession au début de juillet 19 iS, est un homme que Ludendorff croit posséder une « solide nature allemande » et susceptible de recevoir de bonnes inspirations. Quand Hintze se trouve placé en face de la situation intérieure, quand il envisage non ce que lui dit Ludendorff de l'état militaire mais ce qu'il en voit personnellement et ce qu'il en entend d'autre part, force lui est bien de ne s'éloigner guère des voies de son prédécesseur. Aussitôt Ludendorff l'accuse de « nager comme Kuhlmann, dans les eaux bolchevistes ». Aucun symptôme n'eut capable de apper; tout le monde a tort sauf lai ; le navire ne as eau au point de marcher sûrement au naufrage, c'est la direction qui est mauvaise ; il ne veut pas voir l'importance des voies d'eau qui condamnent le bâtiment mais accuse l'équipage d'impuissance. La démoralisation progressive de l'armée après celle de l'intérieur, les attaques contre le militarisme, la faiblesse du Gouvernement, le sapement général du principe

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