II
Tannenberg (-2 /f-2 g août igi£). — Transféré dans l'Est, à la fin d'août 191 4, comme chef d'état-major de Tunique armée opérant alors sur ce front (8e), Ludendorffy débute par un coup de maître.
Les Russes qui ont envahi la Prusse Orientale menacent Kœnigsberg. Ils sont pour le moins trois fois supérieurs à la 8e Armée qui recule devant eux et songe à chercher un abri en arrière de la basse Yistule, mais leurs deux masses sont séparées par deux à trois journées de marches.
Ludendorff ordonne d'abord de résister sur place. Il médite d'en imposer à l'une des masses ennemies avec peu de monde tandis qu'après avoir transporté contre l'autre la presque totalité de ses forces, il la battra. Et il le fait. '
A vrai dire, au moment où il entame cette manœuvre,
Il6 LUDENDORFP
il sait le secret des mouvements que vont exécuter, pendant les quelques jours suivants, Rennenkampf au nord, et Samsonov au sud. Une imprudence (?)lelui a livré.
C'est avec deux brigades de cavalerie seulement et les médiocres troupes delà garnison Kœnigsberg qu'il fait illusion à Rennenkampf, fort de 2 1\ grosses divisions d'infanterie1 et d'une cavalerie considérable, tandis qu'à Tannenberg il écrase Samsonov. Et, pendant les cinq à six jours de rude bataille qu'exige cette exécution, Rennenkampf, à deux ou trois étapes des arrières de l'armée allemande dont rien ou presque rien ne le sépare, demeure inactif. Battu, Samsonov se suicide de désespoir.
i° Bataille deMazurie. — (8-10 septembre igi£). — Débarrassé de la masse russe du sud, Ludendorff se retourne contre celle du nord pour la chasser de la Prusse Orientale. Il doit procéder d'autant plus vite que les Autrichiens se sont fait battre outrageusement en Galicie et qu'il faudra bientôt les secourir plus directement. Le gros de la 8e Armée est donc ramené en hâte vers le nord où il est renforcé par deux corps d'armée venant du front occidental où tout paraît alors
1 . Au début de la guerre, les divisions russes sont, en effet, à 16 bataillons ; les divisions allemande» n'en comptent cjue 12, et bientôt 9 seulement.
m ■ !h r [>our Ifl mieux. Malgré cela, c'est avec 16 à id divisions seulement qu'il marche au-devant des Russes de moitié plus forts. Rennenkampf s'est établi sur des positions solidement organisées à hauteur des Lacs Maz.ures, sa droite à la mer. Il y est attaqué le 8 septembre. Il est très supérieur en nombre et à la veille de recevoir des renforts importants; il peut à volonté frapper l'aile sud de l'armée allemande faible et découverte. Non seulement il n'en fait rien, mais au bout de deux jours de résistance efficace sur ses positions intactes, il se met en retraite à grandes marches vers le Niémen. Sous la poussée des Allemands, ses traînards augmentent, ses colonnes se désagrègent ; lorsqu'il passe le fleuve, il est hors de cause pour un certain temps. En une semaine, il a perdu cent kilomètres et 45 000 prisonniers qui viennent s'ajouter aux 90000 de Tannenberg.
La manœuvre de Ludendorff est classique. Tous les officiers de l'état-major de la 8e Armée s'en étaient montrés partisans comme s'en seraient montrés partisans tous les officiers d'état-major de toutes les armées du monde. Par ses modalités, elle serait révélatrice d'une audace inouïe, si la connaissance du plan russe ne l'avait par trop facilitée et si vraiment trop d'obscurit«; ne planait sur l'incompréhensible conduite de Rennenkampf aussi bien pendant Tannenberg qu'au moment de l'abandon de positions très fortes, si fortes
qu'en les traversant par la suite, Ludendorff remercia Dieu de n'avoir pas eu à les enlever de haute lutte.
Expédition en Pologne du sud. — (28 septembrejcr novembre igi4)- — A peine a-t-il remporté sa deuxième victoire que Ludendorff est obligé de portei ses regards plus au sud. Les Autrichiens, culbutés en Galicie, menacent de découvrir non seulement leur territoire, mais encore la Silésie. A ce moment, Moltke est encore à la tête de la Direction suprême de la guerre1. Cet homme « distingué », mais qui n'appartient pas à la race de ceux qui savent « emporter le morceau », cet homme « au tempérament plus pacifique que guerrier », malade au surplus, adopte cependant le plan que lui soumet Ludendorff de porter le gros des forces allemandes en Pologne afin d'y attaquer les Russes et de mettre un terme à leur offensive contre les Autrichiens.
Une 9e Armée2 est formée en SUésie par prélèvements sur la 8e qui est désormais bien réduite. Ludendorff l'aurait voulu rassembler au nord de Kalisch, lace à Varsovie, afin d'en pouvoir, après quelques marches, appuyer la gauche à la Vistule, mais, par
i. La bataille de !a Marne lui ayant porté malheur, il sera bientôt remplace par Falkenhayn.
2. Quelques corps d'armée et une division de cavalerie, sous Mackensen. Hirtdehburg en prend bientôt la u'.i-ecîion supérieure.
ses .\r,\.\'*:t'vnRS
ntlre de la Direction suprême, elle se concentre beaucoup plus au sud, au nord-ouest de Cracovie, c< dire au contact étroit des Autrichiens. Ne faut-il pas donner à l'allié défaillant le sentiment du concours int qu'on lui apporte !
La <>'' Année va donc marcher vers l'Est tandis que autrichiens s'avanceront sur le San dans l'intention de le franchir, mais, dans ces conditions, elle aura son aile gauche découverte. Le danger est d'autant plus grand, qu'au nord de Sandomir, les Russes n'ont encore franchi la Yistule qu'avec des détachements et restent libres de faire déboucher de grosses forces de Varsovie.
Au début cependant, tout va bien. Les Autrichiens, viennent border le San sans grande résistance ; à leur lie, la 9e Armée, après des combats dont l'acharn ment va d'ailleurs en croissant, parvient sur les bords de la Vistule, entre Sandomir et Ivangorod. Mais, pendant ce temps, l'orage se forme à Varsovie. Il faut détacher en flanc-garde dans cette direction la valeur d'un corps d'armée et demi qui, non sans pertes, parvient jusqu'aux abords de la capitale polonaise en refoulant les têtes de colonnes ennemies.
Le 9 octobre, par un hasard qui se renouvelle à trop brefs intervalles, le plan complet du Grand-Duc Nicolas tombe entre les mains des Allemands. Plus de 3o corps d'armée, fortement serrés sur leur droite (Var-
sovie), vont franchir la Vistule entre cette ville et Sandomir et d'autre part attaquer le San où l'offensive autrichienne est d'ailleurs déjà enrayée.
Ludendorff ne se fait aucune illusion. Il s'est enferré. Toute son armée est déployée, sans aucune réserve, et la Direction suprême, engagée dans la bataille d'Ypres, ne lui peut être d'aucun secours. La retraite va s'imposer. Il la prépare avec un soin particulier en faisant miner routes, voies ferrées et ouvrages d'art et en établissant des consignes rigoureuses pour la mise en œuvre des dispositifs.
Peut-être, en renforçant à temps sa gauche, pourrait-il encore accepter la bataille à mi-chemin entre Varsovie et Lodz. Pour opérer ce renforcement, le moyen le plus rapide serait de faire venir quelques uns des corps autrichiens qui s'entassent inutilemen sur le San. Sous la rude férule allemande, sans douti en tirerait-on un passable parti, mais Conrad von Hcetzendorff, chef d'état-major autrichien, se refuse au mélange des deux armées. Il consent seulement à relever les corps allemands qui bordent la Vistule au nord de Sandomir. Ludendorff en appelle à François- Joseph qui lui donne raison mais ne peut se faire obéir. Force est d'accepter la relève.
Elle s'opère avec tant de lenteur que la situation de l'aile gauche allemande ne fait qu'empirer. On a beau la renforcer au fur et à mesure que les Autrichiens
libèrent quelques unités, elle est de plus en plus gravement menacée par les Russes qui continuent à déboucher de Varsovie. Le 17 octobre, Ludendorff ordonne de la retirer dans la région au nord-est de Loch où Ton s'arrêtera, si Ton peut. La retraite commence dans la nuit du 18 au 19.
Elle ne s'exécute pas sans heurts. D'autre part, les Autrichiens qui sont venus remplacer les Allemands en face d'Ivangorod s'y sont fait aussitôt battre et reculent sur Radom. Ludendorff, menacé de double débordement, est obligé de renoncer à l'arrêt projeté entre Varsovie et Lodz et décide de reculer encore. Une dispute s'en suit entre Alliés. Qui des deux a déterminé le recul de l'autre? C'est lui. Ce n'est pas moi. La vérité est que l'un et l'autre n'avaient pas d'autre moyen d'échapper au désastre.
Le 27 octobre, ordre est donc donné de continuer la retraite. Bien préparée, elle s'effectue aussi convenablement que possible, dans la direction du nordouest afin de parer au mieux à la manœuvre enveloppante des Russes. Les Allemands sont ainsi ramenés sur leur frontière de Silésie-Posnanie et les Autrichiens sur la ligne Cracovie-Carpathes. L'offensive russe, à bout de course, se ralentit peu à peu puis se fixe. Ludendorff a bien calculé : les armées modernes ne peuvent guère s'éloigner à plus de 120 kilomètres des terminus de leurs voies ferrées.
Au début de novembre 191 4, la première expédition de Pologne s'achève donc en échec manifeste. L'une des causes en est certainement dans la médiocre combativité de l'armée autrichienne, mais la région imposée pour la concentratibn de la 90 Armée n'y est pas non plus étrangère. Accolés aux Allemands, les Autrichiens ne s'en sont pas mieux comportés et l'aile nord de la 9e Armée devint une proie désignée aux masses russes sortant de Varsovie. A coup sûr, si quelqu'un est coupable, ce n'est pas Ludendorff, mais la leçon ne sera pas perdue pour lui. Il lui arrivera désormais de se passer de l'approbation préalable d'une Direction vraiment trop éloignée du front oriental pour le bien connaître.
Expédition en Pologne du Nord. — (/o novembre- 20 décembre igi4)- — Le danger est différé, il n'est pas supprimé. Pour qu'il renaisse, il suffit, que les Russes rétablissent les voies ferrées. Oh peut l'annihiler, en attaquant, mais il faut aller vite, car la 8e Armée, attaquée elle-même par Rennenkampf, a reculé sur la ligne des lacs. Or, si, comme une fois déjà, elle prolonge par trop son mouvement vers l'ouest, il sera trop tard pour entrer en Pologne. Ludendorff ne perd donc pas son temps. Il propose à Iï;ndcnburg de porter la 9e Armée, la gauche à Thorn, et de marcher vers le sud-est en s'appuyant à la
si: s v [irCBUVRBS ts3
rivière. C'est l'idée primitive qui doit conduire sur lé flanc gauche de9 Russes de Pologne et peut rtre les oouper de Varsovie. Sur l'autre rive de la Vistnle, des unités tirées des places fortes couvriront le mou- ■il, car un gros de forces ennemies est dans la région au nord de Novo-Georgiewsk.
Cette fois, LudendorfT ne croit pas nécessaire de recourir à une autorisation préalable. Hindenburg vient d'être intronisé commandant en chef sur la frontière orientale, avec autorité sur les 8e et 9e Armées, les troupes de garnisons et les régions territoriales limitrophes. Son assentiment suffît et l'on passe à l'exécution.
La 9' Armée est quelque peu déprimée ; les Autrichiens n'ont qu'une médiocre capacité combative ; les Russes sont très supérieurs en nombre ; peu importe, car il faut à tout prix sauver de l'invasion le territoire national où déjà la panique se répand parmi la population allemande tandis que les Polonais, attentifs aux événements, prennent une attitude énigmatique. Si, par malheur, on ne réussissait pas, les dispositions *ont prises pour que l'ennemi trouve détruit tout ce jui lui pourrait être utile1.
A l'effet de grossir la 9e Armée, LudendorfT endi-
1. Evacuation des jeunes hommes capables de porter les armes; exécution de retranchements; mise hors service d'un certain nombre de mines ; préparation de destructions de toute espèce, etc.
visionne les troupes de garnison qui sont composées d'hommes des vieilles classes — il les mettra aux points secondaires... à moins que la bataille ne les absorbe — ; il réduit la 8e Armée au strict indispensable, mais fait édifier à son usage des positions de repli qu'elle occupera si elle y est contrainte; il met
re Cracovie et Kaliscb des Autrichiens et des unités ta s garnisons de Breslau et Posen. Malgré cela, ce n'est pas avec plus de 5 corps d'armée et demi et deux divisions de cavalerie qu'il peut composer sa masse d'attaque.
Il a tout fait cependant pour obtenir davantage. Il a sollicité les Autrichiens qui tiennent toujours un front ridiculement étroit pour leur effectif, mais qui l'ont supplié de ne pas insister ; il a compris que la bataille d'Ypres ne peut aboutir et, rêvant d'obtenir en Pologne un engagement décisif contre les Russes, il a réclamé de nouveaux renforts à la Direction suprême. Celle-ci s'est fait prier, lui a donné des espoirs qu'elle réalisera d'ailleurs, mais trop lentement et trop tard en lui envoyant quatre corps d'armée... après la bataille.
Le io novembre, la ge Armée est prête à entrer en opérations. Malgré le rejet de la 8e Armée sur la ligne des lacs, malgré le recul du détachement du nord de la Vistule sur Neidenburg, la 9e Armée se met en branle le 1 1 novembre.
A ce moment, les Russes, précédés par une nom-
breuse cavalerie, sont déployés sur un arc de cercle qui, des abords de Cracovie, par les rives de laWartha et Wloslawek, s'allonge en face de Neidenburg. A partir de là, ils font face à la 8e Armée allemande.
Toute la partie de leur front située au sud de Wloslawek est surprise par l'attaque de la 9e Armée et enfoncée non sans avoir livré de sanglants combats. Les Allemands, laissant successivement des troupes face aux passages de la "\ istule, accentuent alors leur mouvement de conversion autour de leur droite, mais, tandis que les unités de gauche se fixent devant le fleuve, les corps voisins, marchant à toute allure par le terrain entre Lodz et Lowitsch, s'infléchissent de plus en plus vers le sud et se rabattent même en partie vers l'ouest pour encercler la ville de Lodz où les Russes résistent opiniâtrement. C'est là que trois corps d'armée allemands, tenus de front, se voient soudain attaqués sur leur flanc et sur leurs arrières par des forces russes venant de l'Est et du Sud-Est. La situation de toute cette importante fraction de la 9e Armée semble désespérée.
Naturellement, Ludendorff éprouve quelque difficulté à expliquer cette fausse manœuvre. Il s'en tire en n'expliquant rien. Un certain capitaine a écrit comment les corps aventurés s'ouvrirent un passage les armes à la main, et cela le dispense de « s'attarder » sur des événements un peu trop douloureux.
a6 LUDENDORFF
Ce qu'il ne peut nier, c'est qu'il a manqué ie but principal de son opération, à savoir la destruction de l'armée russe du sud de la Vistule. « Nous n'avons pas disposé des forces nécessaires » dit-il. Il faut donc en conclure que l'objectif était disproportionné aux moyens disponibles, ce qui est une faute du commandement supérieur, c'est-à-dire sa faute, ou que ces moyens ont été mal utilisés, ce qui est une faute du commandement subordonné mais qu'il aurait dû prévenir.
Enfin, au moment même où les corps cernés s'ouvrent un chemin vers le nord, une attaque, engagée par l'aile droite allemande et la gauche autrichienne est en train d'expirer à la suite de vagues succès locaux. Au demeurant, l'échec est complet.
S'il ne l'est pas davantage, et si Ludendorff réussit à contenir la poussée des Russes, c'est que lui arrivent peu à peu de l'ouest les quatre corps de renfort promis.
Avec l'année 191 4, la bataille s'achève en une série d'attaques partielles qui coûtent beaucoup d'hommes et gagnent peu de terrain. Trop tard, Ludendorff s'aperçoit de l'inanité de tels efforts. Il se fortifie lui aussi, organise ses arrières et institue un gouvernement dans la partie de Pologne qu'il occupe. Le front part des abords de Cracovie pour atteindre la Vistule entre Novo-Georgiewsk et Wloslawek ; il descend le
fleuve jusqu'à hauteur de cette yiUe et court ensuite
non loin de la frontière pour se lier ;i celui de la 8* Armée établi, perpendiculairement à la mer, sur la ligne des Lacs.
Une ombre assombrit encore cette fin d'an. L'armée autrichienne s'est fait chasser de Serbie. Dédaigneuse jusque-là de son petit adversaire, elle le surestime maintenant. « Jamais plus, dit LudendorfT, elle ne se relèvera de cet abattement ».
Le commandement autrichien n'en reste pas moins ferme dans ses ordinaires prétentions. Il refuse la répartition de la Pologne en zones d'étapes telle que la lui propose LudendorfT. Berlin et la Direction suprême interviennent dans le conflit et ne font que l'envenimer. LudendorfT parle haut parce qu'il s'appuie sur de solides raisons militaires, mais, hypnotisés par la crainte de voir le « brillant second » songer à une paix séparée, Empereur et Gouvernement sont prêts à toutes les concessions. L'Autrichien joue avec art de cette divergence de vues, et l'emporte.
Quoi qu'il en soit, à la fin de iqi4, si le Russe n'est pas vaincu comme on l'espérait, si la Prusse Orientale demeure en partie envahie, si la Galicie est perdue, il n'en reste pas moins que le flot russe est, pour l'instant, endigué et que cela ruine tous les espoirs de l'Entente de terminer la guerre en quelques mois. Et c'est bien vrai, et c'est aussi la conclusion
qu'orgueilleusement Ludendorff donne à son chapitre relatif à ces opérations.
2e Bataille de Mazurie. — {Février-Mars 191 5) — Au début de iqi5, Ludendorff se passionne pour l'idée d'en finir avec la Russie. Il voudrait attaquer par les deux ailes du front Est, c'est-à-dire par la Prusse Orientale et par les Carpathes. Von Hœtzendorf approuve d'autant plus l'idée qu'il compte obtenir un renfort allemand qui lui permettra de marcher de l'avant et de délivrer Przemyls assiégé. La Direction suprême de son côté, approuve le projet, incite Ludendorff à accorder le concours demandé et à faire, pour sa part, une attaque sur le front de Pologne.
Ludendorff prend assez bien son parti de donner aux Autrichiens la valeur d'un corps d'armée et demi, mais sous la réserve d'en faire une armée allemande autonome1. En revanche, il se refuse à exécuter l'offensive frontale qu'on lui préconise. Si les quatre corps d'armée que l'Allemagne vient de créer lui sont donnés — ils doivent être prêts pour le Ier février — ce n'est pas en Pologne, mais en Prusse Orientale, à