‹ LullyChapitre 21 sur 65 · Mercure galant, avril 1679. P · texte numérisé non relu

Mercure galant, avril 1679. P

4. L'éclat des décorations valait à Vigarani un brevet d'nw venteur des machines, Arch. nat. O1 23, f° 385 v°.

Sur ces entrefaites, Quinault était rentré er grâce ; le Mercure donne cette nouvelle en octobre 1679 1 et, lorsqu'on apprend qu'il travaille à Proserpine, qui alternera avec Bellérophon, une impatience inconcevable se manifeste de réentendre ses vers. Il va sans dire que Lully retrouvait avec joie son ancien collaborateur et se sentait heureux d'être débarrassé des librettistes d'occasion qui, comme Segrais avec son opéra-ballet, V Amour guéri par le Temps, l'avaient excédé de leurs offres de services2. En attendant Proserpine, dont on réservait la primeur à la dauphine, on reprend Bellérophon en janvier, et on le joue à l'occasion des fiançailles du prince de Conti3. Le roi en raffole et en bisse des passages. Mais la pièce favorite n'en faisait pas moins désirer ardemment la révélation de Proserpine (3 février) où, disait-on, Quinault s'était surpassé et dont les décorations s'annonçaient magnifiques. « L'opéra est au-dessus de tous les autres », écrivait Mme de Sévigné, toujours franche admiratrice de Lully. Avec une certaine crânerie et, sans doute, assuré de l'appui du roi, Quinault, au sortir de sa disgrâce, revenait ici à la charge : « Il y a, dit la marquise, une scène de Mercure et de

1. « Il est, dit le Mercure, en possession de faire les opéra» de Sa Majesté », octobre 167c», I, pp. 224-223.

Page 1