Mercure galant, janv. 1G80.. p
Cérès qui n'est pas bien difficile à entendre; il faut qu'on l'ait approuvée puisqu'on la chante1 ». Cette scène soulignait d'une évidente allusion le refroidissement du roi pour Mme de Montespan.
Lors des représentations à Paris, en novembre, Proserpine reçut un nouvel éclat des décorations dues à Bérain, qui, depuis le mois d'août, remplaçait Vigarani, à la suite delà dissolution de la société intervenue entre Lully et ce dernier; Bérain n'était plus un associé comme Vigarani, mais seulement un employé à gages 2.
Pour ses débuts, il s'était piqué d'amourpropre, et faisait admirer le somptueux palais de Pluton et la belle décoration de la scène des Champs-Elysées qui traçait un cadre à souhait à la majestueuse et mélancolique musique de Lully.
Elle était dans toutes les bouches, cette musique, et Bellérophon, le premier des opéras de Lully, connaissait les honneurs de l'impression, pendant que les Lullystes réclamaient sans cesse de nouveaux airs :
Lully, donne-moi d'autres tons Ou bien je me retire 3.
Ce fut pour donner d'autres tons que Bap~
i. Mmede Sévigné. Lettre 780 du 9 février j68o, VI, p. a55. Il s'agit de la 2e scène du Ier acte.
■2. Bérain était dessinateur du cabinet du roi. Conclue pour une durée de huit années le 23 août 1672, la société Vigarani- Lully arrivait à expiration le 23 août 1680 ; Vigarani resta chargé des décoratious de Saint-Germain.