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Mémoires de Mlle de Montpensier, III. p

LA VIE q

Deineîe Florentin est-il à la cour, que son talent ie danseur le met en vedette. Le a3 février [653, m petit Bourbon, il danse dans le Ballet de la Nuit, divertissement imaginé pour célébrer Theu- *euse issue de la campagne qui menait son incienne protectrice sur le chemin de l'exil, et, sous les accoutrements les plus divers, il émerveille par ses gambades les quatorze ans du jeune roi. En quelle qualité Lully entra-t-il à la musique royale.' Est-ce, ainsi qu'on l'a dit, comme inspecteur des violons, ou simplement comme membre de la bande des vingt-quatre ? On ne sait. Toujours est-il qu'à cette époque, il devait jouir déjà d'une double réputation de virtuose et de compositeur, car Louis XIV charmé, dit Perrault, des airs de sa composition, le nomma compositeur de sa musique instrumentale, le i6mars i653. Nomination des plus flatteuses, puisque Lully remplaçait dans cette charge un remarquable violoniste et conducteur de ballets mort depuis peu, ce Lazarin dont Mersenne vantait le jeu sonore et gracieux1.

De i653à i655, Lully n'attire l'attention que par ses prouesses chorégraphiques ; peut-être est-ce durant cette période qu'il se « plie à la discipline» desorganistesGigault, Métru etRoberday, discipline d'ailleurs assez peu exigeante si on

i. Arch. nat. O1-. f° i65.

io LULLY

s'en rapporte aux conseils donnés par François Roberday l.

Dès son arrivée à la cour, il eut la chance d'associer ses débuts à ceux d'Isaac de Benserade qui, ingénieusement, transformait le ballet de cour en un genre littéraire. De plus, il dansait aux côtés du souverain dont on sait le goût très vif pour la danse, et une sorte de camaraderie professionnelle s'établit ainsi entre Louis XIV et le baladin, camaraderie dont celuici ne manqua pas de tirer parti : « Jeunesse de prince, source de belles fortunes » a dit La Bruyère. Dans le Ballet des Proverbes (17 février 1654). Lully figure avec son ami Lambert, et les Noces de Pelée et de Thélis de Caproli (avril i654), le montrent étrangement costumé, tantôt en sorcière cuirassée et écailleuse, tantôt en Académiste de Chiron au vêtement bariolé de plumes tricolores. Quatre rôles lui sont confiés dans le Ballet du Temps (3o novembre i654) et cinq dans celui des Plaisirs (4 février i655). Tous ces rôles exigeaient une grande souplesse d'acteur, car le balletconsistaiten une pantomime, en une « représentation muette »2. Guichard se laisse donc emporter par un fâcheux parti pris,

1. Roberday disait simplement que « ce qui plaît à l'oreille doit toujours être mis dans les règles de la musique ». Nicolas Giuaull affirmait comme ?uvers que l'orgue doit imiter la voix.

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