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Lully veut-il traduire l'empressement cruel «TArcalaùs et d'A réabonne devant Oriane évanouie et qui croit Amadis mort, il insistera sur leurs cris de haine et les fera servir à un développement musical, tout comme au deuxième acte, il serrera en imitations canoniques pressées les mots : « Irritons notre barbarie », que profèrent les deux mauvais génies l. Au moyen de la symphonie, il crée autour des épisodes caractéristiques l'atmosphère qui convient le mieux à leur présentation. Citons le combat de la barrière du premier acte, aux allègres sonneries, l'enchantement pastoral du deuxième acte où les hautbois nasillent agrestement et où les flûtes soupirent, énamourées, enfin la brillante chaeonne finale. Traité par un poète plus vigoureux que Quinault, le sujet de Roland eût pu aller aux cimes. On en connaît les grandes lignes : plus sensible
i. Lully imagine même d'intéressantes combinaisons de voix et d instruments. Ainsi, au deuxième acte, il fait chanter une voix de femme, celle de Corisande, avec un accompagnement de deux violons (scène 5).
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à la jeunesse et à la beauté qu'à la gloire, Angélique aime Médor et trahit Roland qui s'effondre dans la rage et le désespoir. Mais, voici que la sage fée Logistille, la fée des hautes pensées, rappelle au chevalier que, là-bas, la patrie réclame ses services ; alors, lentement, Roland se relève ; il ceint à nouveau l'épée que lui tendent les Héros et, dans l'ivresse des fanfares, vers l'occident qui s'empourpre, il marche à son destin ; tel est le magnifique finale de Roland qu'on voudrait voir animé d'un puissant souffle cornélien. Malheureusement, le coup d'aile, Quinault ne l'a pas eu, et il n'a trouvé que des accents d'une emphase banale.
Le musicien soigne d'une façon très spéciale le récitatif qui l'emporte ici de beaucoup sur les airs proprement dits, tout en se mesurant et en devenant de plus en plus mélodique, dès qu'augmente la tension lyrique; les récits dramatiques d'Angélique au premier acte : « Ah ! que mon cœur est agité » et a Je ne verrai plus ce que j'aime » tournent à l'air et s'accompagnent de l'orchestre. Au quatrième acte, la scène de Roland dans le bocage, scène écrite en récit accompagné, module, pour ainsi dire, dans diverses atmosphères. Savamment, elle fait jaillir le drame d'une innocente pastorale. Averti de son malheur par des bergers, Roland jette ses armes, et haletant, crie sa douleur, au-dessus d'une basse
L'ŒUVRE tourmentée et frénétique :
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Le conflit des sentiments fait à'Afmide une véritable tragédie. C'était là un sujet mis bien des l'ois déjà à la scène, tant en France qu'à l'étranger1, et le poème que Quinault tira de cette donnée légendaire ne manque ni de grandeur, ni de force.
A peine l'action est-elle engagée qu'on discerne déjà, à l'accablement d'Arhiide, la lourde
i. En 1617, on jouait le ballet de la Délivrance de Renaud, avec musique de Mauduit, Boësset et Richard. En 1'/;-. a Florent'!-. ■ entait in curieux ballet tiré de la fé ru-
saient délivrée du Tasse (voir A. Solerti. Ballo e Drammatica. p. jo3.)
préoccupation amoureuse qui pèsera sur la pièce entière. A la fin du premier acte, jointe à Hidraot et aux chœurs, Armide chante le fameux : « Poursuivons jusqu'au trépas » sur un rythme ardent, que la symphonie talonne fiévreusement.
Avec le deuxième acte, le drame se noue. Appelés par les désirs de vengeance qui animent Armide et Hidraot, les démons vont livrer Renaud désarmé à la colère d'Armide. Voici le héros seul dans le voluptueux jardin de rêve immortalisé par le Tasse; lentement, les violons, tisserands magiques, l'enveloppent du voile enchanté du sommeil ; il s'assoupit, et Armide, surgissant brusquement, va pouvoir poignarder l'ennemi qu'elle aime ; c'est le magnifique monologue : « Enfin, il est en ma puissance ». Mais la main de la magicienne retombe, impuissante. Cette impressionnante situation, Lully, somme toute, ne Ta traitée qu'en demi-teinte; il se ressaisit à l'occasion des appels qu'Armide jette à la Haine. Le récit se fait incisif, passionné, respire comme une fureur concentrée; à l'orchestre, les basses grondent par soubresauts farouches répétés systématiquement1 :