A. Pirro. L'Esthétique de J.-S. Bach, p. i-o
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ces roulements, mais encore ils les justifient par les considérations les plus subtiles1.-
Parallèlement au système des passages vocalises, Lully pratique celui des tenues vocales qu'il associe à certains mots typiques, et qui, comme tous les artifices de cette esthétique, s'organisent en représentations au propre et au figuré ; plusieurs de ces tenues s'étendent sur trois ou quatre mesures, et la basse continue les soutient en se mouvant par petits intervalles précautionneux :
Vous aimez
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Mais l'ornementation ne se borne pas à de pareils détails ; elle prend un caractère plus général qui s'applique, non plus à des mots pris" en particulier, mais à la signification d'ensemble d'un air. Alors, à l'imitation des Italiens et des maîtres français contemporains, Lully ornera, par exemple, les airs d'Apollon, des Grâces, des Nymphéa. L'air de Flore du prologue de Psyché devient, par la richesse et la fraîcheur de l'ornementation, un bijou d'orfèvrerie mélodique. JX'y a-t-il pas un élan joyeux vers la liberté dans
i. Voyez ce que dit Lecerf à ce sujet. Loc. cit. III, p. 187.
L ' Œ C Y U E cette brillante et alerte vocalise :
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La li . bor . té aa rien qui soit si doux
Tonalité et modulation interviennent aussi fréquemment à titre expressif, mais Lully en l'ait un usage plus restreint que les Italiens auxquels les puristes français reprochaient les a noies qui sortent du mode ». Lully n'emploie que des « tons bien pleins, bien nobles ». Pas d'armatures singulières et horrifiques, hérissées de dièzes et de bémols, point de v tons à faire frayeur », qui transforment la musique en une espèce de cabale '.
Comme dans le récitatif, les procédés de modulation expressive de Lully demeurent élémentaires; alors que les Italiens « ne peuvent faire deux mesures de chant qu'ils changent de ton », Lully écrit des scènes entières sans en changer. Lecerf s'émerveille de cette constance tonale; le musicien, il en est sur, « tirerait d'un seul ton de quoi faire tout l'opéra2 ! ».
Dans les dispositifs d'accompagnement, Lully glisse toute une série de menues intentions
i. Rarement, les armatures comportent plus de trois dièzes ou de trois bémols. Cependant, l'air fameux à'jtifiadis : « Bois épais », est en la bémol majeur, et l'air d'Io, dans Isis, est en fa mineur.