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D'UNE PETITE VILLE

QUAND l'automne COMMENCE

Au soir des lampes Theure tiède vient de naître.. Foute cette journée je la vois déjà loin : Elle s'en va derrière une ombre de brouillard Semblable au mendiant timide qui s'éloigne, — Sous des haillons couleur des nuages d'hiver - Qui s'éloigne, peureux, au fond d'une rue creuse.

Fantôt, dans l'herbe d'un automne sans ramages. Vies pas hallucinés du heurt des souvenirs s'en sont allés devant cet horizon maussade, Oevant ce ciel et ces longs arbres, Nostalgiques veilleurs du paysage froid.

Rappelle-toi, ô mon regard qui t'ennuyais, La vigne douce et colorée d'un jeune sang Qui paradait devant une maison menue :

Tu sus l'aimer comme une amie dans le silence.

...Mais voici que le soir des lampes vient de luire. Mon angoisse se calme. Une blancheur tremblante Dans la confusion des clartés me sourit Gomme un visage doux à travers des roseaux...

La bucolique retombée des frais rideaux Choit jusqu'au boulingrin lisse d'un tapis frais

O ma pensée, replie ton flot ;

Laisse glisser le rêve

Sur l'eau calme de l'heure.

d'une petite VILLE) QUAND l' AUTOMNE COMMENCE ^5

Lampe î Franges pleurant des sources de lumière,

Je veux qu'à ton printemps naissant

Se fiance ma rêverie,

Et qu'une infinie nonchalance

Me berce, délicate et tendre,

Dans un songe de souvenance.

Le piano que, là-bas, tu frôles, — si lointaine, — Chante, tranquille essaim de guêpes murmurante».

Jeune et calme comme un matin, Une voix brille et se prolonge Pareille à la voile qui passe, Bateau, cœur simple sur la mer, Contre un décor de rochers vifs.

Plus tendrement ! Plus lentement I Caresse nue, Brise de mai tiédie aux cheveux d'une femme !

L'heure tremble et la joie de son cœur éphémère !

Voici que mon regard se distrait de mon rêve

Et va cueillir encor l'apparente mémoire

De cet après-midi de tantôt...

Et tout ce gris de fin septembre,

Et ces brouillards figés au lointain des buissons.

Le tour de ville maintenant Est recueilli comme la mort.

L'ombre est partout comme de Vouate.

Entre les murs et les hauts arbres PassCy sournois et froid, un humide silence ; Et Von voudrait parfois quune goutte de bruit

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