‹ Lumières du mondeChapitre 7 sur 11 · L'APRÈS-MIDI DE SIROCCO · texte numérisé non relu

L'APRÈS-MIDI DE SIROCCO

A André Blandin,

Le jour torpide et lourd s'appuie à mon front las Ainsi qu'un poinj^ de plomb chauffé par les midis.

Derrière Timmobile écran des nuées basses, Un blanc soleil chauffe la plage Où ma sieste, vautrée dans la tiédeur du sable, Inutile, suppute un improbable orage.

Les pins lassés s'immobilisent sur les crêtes ; El la mer calme, dans l'oubli de toute gloire,

Sans nul oiseau, sans nulle ride et sans sourire, Vient 86 mourir en un clapotis suffocant Sur un tiède récif d'éblouissantes pierres.

Les collines, là-bas, à l'autre bout du golfe, Dorment au centre du silence formidable, Comme d'hiératiques chapes Noyées dans le Léthé profond d'un encens bleu.

Seul un rire apaisé de villa tache Tombre.

...Et je m'endors, le cœur malade et lourd, Lassé d'entendre

Un misérable élan avorté de clairon S'obstinant, en dépit de la torpeur totale, A plagier le galop d'une charge guerrière...

L*APBÈS-MIDI I>E SIROCCO

Le ciel semble descendre. Il va toucher nos têtes Pour nous plonger dans l'immobilité tenace De la mer lourde, et qui se meurt, et asphyxie, Bruissant à peine, molle, flasque, sur le sable...

Contre le lamentable décor angoissant

Mon cœur s'éteint comme un drapeau sous nulle brise.

PorqueroUes.

L'HEURE DE iNUIT

L'HEURE DE NUIT (Chanson)

Per arnica silentia lunée.

Hb ! la lune ivre titube au fond de l'eau..,

Je m'en reviens du bout du môle où, toute une heure, J'ai regardé, couché sur un lit de granit, La mer houleuse et fraîche avec cent mille étoiles Dansant peureusement parmi les vagues souples.

Le pays bleu, là-bas, à l'autre bout du golfe,

Dormait sous le beau ciel amoureux de Tété ; Et les lumières d'une ville Brillaient, tremblantes, minuscules, Pollen d'or sur une aile d'ombre.

Le regard des étoiles, toute une heure d'extase, S'est glissé jusqu'à mon visage bienheureux. J'ai entendu passer sur moi

Le doux cri des oiseaux qui ramaient dans le vent Avec leurs ailes invisibles...

Vers la place lointaine où chantent les soldats Le chemin est si noir... La bonne lune est là Pour éclairer la route.

Je vais, épouvantant la solitude avec mes pas.

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