‹ Lumières du mondeChapitre 8 sur 11 · L HEURE DE NUIT · texte numérisé non relu

L HEURE DE NUIT

Là, un moine géant sur l'eau dit ses prières, Avec son long- bâton de pèlerin, Son capuchon pendant sur sa robe de bure. Signons-nous, et de peur !.. Non. C'est une tartane Avec sa voile à l'abandon contre le mât...

Mes bons amis, la lune est très soûle ce soir : Elle marche sous l'eau ainsi qu'un gai fantôme. Revenant de la mer par le chenal si froid. Et retournant vers les palmiers du port dormant.

Elle titube, mes gais amis, ce soir,

Elle titube à chaque pas contre les vagues...

Et la voici donner du nez contre une barque ?

Un coup de vent salé bute contre mon front Et m'apporte... Ho ! Holà ! A la garde ! Un cri peureux de femme à coup sûr enlevée Par des forbans qui la mèneront en Barbarie !

8o LUMIÈRES DU MONDE

Juste I Leur grand bateau lève Tancre là-bas Dans le sillage, la bonne lune S'éparpille, cassée en mille loques d or.

Le soir est tendre, parfumé d'eucalyptus, Et le frisson subtil et doux des mimosas Embaume de fraîcheur mon allègre retour.

Des vitres reflétant le cœur tremblant des lampes Se mirent dans Teau calme d'un étang.

J'écoute le grelot timide d'un crapaud...

Mais avant de dormir, mes gais amis,

Prenons la barque. Nous pécherons

Les gros poissons de nuit luisants comme sequins,

l'heure de nuit 8i

A la dérive I Bonne lanterne de la proue,

Tu pleures jusqu'au fond des varechs turbulents

Tes grosses larmes de phosphore...

Quelle feuille, là-bas, de nénuphar tranquille Reluit, bercée, candide et calme, entre deux eaux?

C'est la lune ressuscitée.

PorquerolU».

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