‹ Luther et la réforme au XVIe siècleChapitre 20 sur 50 · LE MARIAGE D£ LUTHER · texte numérisé non relu

LE MARIAGE D£ LUTHER

Ce que Pieu a uni, que Thomme ne le sépare pas !

L'homme avait séparé. Au nom de la Parole de Dieu, Luther réunit.

En refaisant l'union, Luther donna Texemple, et l'exemple porta ses fruits. Les institutions monastiques reçurent le coup de mort. Il y eut des couvents, celui de Wittemberg par exemple, où pas un religieux ne resta.

Le but était atteint, la sainteté du célibat religieux était définitivement répudiée ; et Luther, en même temps, rencontrait dans la vie où il venait d'entrer une abondante source de force et de bonheur : « J'ai une femme pieuse— écrivait-il — une femme en qui, selon les expressions du roi Salomon, le cœur de son mari peut s'assurer ! * »

Naguère la tristesse l'accablait ; seul, abandonné, le poids des soucis et des douleurs faisait ployer son front. Maintenant, Dieu lui a créé « une aide semblable à lui. » La vigueur, la jeunesse, tout lui revient. Une voie nouvelle s'ouvre à son cœur, un nouvel avenir se prolonge devant ses pas, il entrevoit de nouvelles faveurs, de nouveaux devoirs lui sont révélés. L'homme va se compléter chez Luther. Oui, Thomme, âu plus beau sens du mot !

Nous avons eu le moine, puis le prédicateur, puis le témoin, puis le Réformateur; nous aurons l'homme, l'homme de famille, le mari, le père, le bien-aimé des siens ; et celui-là ne sera ni le moins intéressant, ni le moins bon, ni le moins idéal à contempler.

1. On renlendit souvent répéter : « qu'il n'échangerafl pas sa femme contre le royaume de France, ou contre tous les trésors des Véntliess 1 »

CLÉMENT Vir AU SECOURS DE LA RÉFORME

En attendant, un nouvel Électeur, Jean le Persévérant, venait de succéder à Frédéric le Sage. Les divisions s'accusaient de plus en plus, les partis se formaient; la politique, malgré les constants efforts de Luther qui sentait à quel point, mêlée avec TÉvangile, elle en ferait déchoir Tesprit, la politique s*ef forçait de gagner et d'entraîner la Réformation. On venait de voir les princes catholiques former leur sainte ligue à Ratisbonne; les princes évangéliques, profitant de l'exemple, se concertaient à Magdebourg et à Torgau.

L*Europe, du reste, était en feu. A peine sorti de prison, François I*', auquel un serment solennel en avait ouvert les portes, ne trouvait rien de plus pressé que de violer sa parole, que de nianquer à tous se» engagements, et que de recommencer, à la grande

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