‹ Luther et la réforme au XVIe siècleChapitre 21 sur 50 · CLÉMENT VII AD SECOURS DE LA RÉFORME IW · texte numérisé non relu

CLÉMENT VII AD SECOURS DE LA RÉFORME IW

terrem, au grand scandale de la chrétienté, ses négociations avec Soliman le Magnifique.

Cette peur des Turcs, Messieurs, dont je vous vois, sourire, était très-légitime alors. On se souvenait de Belgrade assiégée par Mahomet II, un siècle aupara-^ vaut. Or, il y avait à cette heure bien plus que Mahomet II; il y avait Soliman, hardi, heureux, tenant en main les meilleures armées, disposant par les deux Barberousse de deux flottes qui triomphaient toujours. Soliman s'avançait vers l'occident par la vallée du Danube. Après plusieurs campagnes en Hongrie, il venait d'y remporter la victoire décisive deMohacz où périssait, le^ armes à la main, le dernier monarque indigène, époux de Marie, la meilleure des sœurs de Charles-Quint. Vienne se sentait menacée. Vienne une fois prise, FAllemagne allait se trouver en face de l'ennemi.

Telle était la situation lorsqu*une première Diète se réunit à Spire, en 1526, sous la présidence de Ferdinand d'Autriche, frère de TEmpereur. Les impériaux avaient trop besoin de tout le monde pour se montrer très-rigoureux. Ferdinand y réclama — comme toujours — l'exécution de Fédit de Worms; on lui répondit — comme toujours — qu'on l'exécuterait si Ton pouvait ; et Ton en resta là.

Les Évangéliques n'avaient rien dé mieux à espérer. Le statu quo, il ne leur en fallait pas plus. Ce n'est pas le seul service que François !•» ou Soliman leur aient rendu sans le vouloir. Dieu, qui se sert de tout, employa le Turc et le Français, sinon pour arrêter, du moins pour modérer alors la redoutable puissance de Tempereur Charles-Quint.

Un autre allié, bien plus étrange encore, venait au secours de la Réformation. Clément VII, le pape, qui l'aurait cru, se rangeait parmi les adversaires de FEmpereur I Effrayé des conséquences de la bataille de Pavie, supportant mal cette prépondérance sous laquelle lui-même se voyait contraint de fléchir, le pape s'était rapproché de François P, qui tendait ainsi la main droite au Saint-Père, et la main gauche au grand Turc!

Clément VII ne prévoyait guère quelle tempête il allait, en s'unissant au roi de France, déchaîner sur le royaume pontifical. Vous n'avez pas oublié. Messieurs, la trahison du Connétable. Ce^ chercheur de fortune, peu scrupuleux sur les moyens, s'étais mis au service de l'Empereur. Freundsberg venait de lui amener des bandeSy comme on disait alors ; d'où le mot de bandit, qui trouvait ici sa juste appUcation. Gens de désordre, sans carrière et sans aveu, les partisans ne demandaient que trouble et que saccages. Ils en vivaient. A Rome ! à Rome ! tel était le mot d'ordre inavoué, très-peu catholique mais très-instinctif, de cette armée d'aventuriers. Charles-Quint laissait faire ; le Connétable se laissait entraîner. Il occupait le Milanais, il l'avait épuisé; les troupes affamées avançaient vers le centre, poussées par le besoin.

Tout à coup, et comme portée par un pouvoir surhumain, cette masse entière franchit la distance et vient donner, d'un bloc, contre les remparts romains. A peine le pape a-t-il le temps de s'enfermer dans le château Saint-Ange. Les échelles sont dressées,- le Connétable lancé le premier, frappé d'une balle d'ar-

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