CLÉMENT VU AU SECOURS DE LA RÉFORME
quebuse, tombe et meurt *. Ses soldats exs^spérés, qui déjà tenaient la ville, eurent bientôt fait de prendre le fort, et le Pape, par-dessus le marché.
Rome fut mise à sac. Rien ne rendra l'horreur des cruautés, l'excès des infamies. Espagnols, Allemands, armée régulière, ramaissis de vauriens, Catholiques et Réformés, tous, les uns comme les autres, tuaient, vol£uent, se gorgeaient, pillaient les églises et les profanaient. On torturait les prélats; des soldats coiffés, ceux-ci de la mitre, ceux-là du chapeau rouge, promenaient sur des ânes les cardinaux. Ce fut bien pis qu'une invasion de Turcs !
L'Europe s'émut fort peu. L'Empereur s'excusa, se lava publiquement les mains, et garda Rome avec son prisonnier. Les Espagnols expièrent les atrocités qu'ils avaient commises dans la ville sainte, en persécutant chez eux les Mauresques et les Juifs. Quant au pape Qément VII, il montra sa magnanimité, trois ans plus tard, en absolvant grosso modo toutes les violences, toutes les débauches, tous les sacrilèges et tous les égorgements qui avaient fait de Rome un vaste tombeau. Il est vrai que par compensation, Charles-Quint promettait à Clément VII de poursuivre les hérétiques, et que la persécution, déjà commencée à Anvers, allait s'exercer dans les États germains. Ainsi s'opéra la réconciliation entre le Pape et l'Empereur.
Un des premiers martyrs, Léonard Kayser, brûlé à Passau l'an 1527, arrachait à LTither ce cri d'humilité : « qui suis-je, moi, pauvre parleur, à côté de ce puissant faiseur ! »
1. Benvenuto CeUini, quelque peu vantard, n*a pas manqué de s'attribuer le coup.
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170 LUTHEft ET LA RÉFORME AU XV1« SIÈCLE
Luther venait d'accomphr Tacle important qn'mt nomme : La visite des Églises de Saxe. D*incroyables désordres signalaient Tétat transitoire dont on cherchait à sortir. Régler le culte, établir des écoles et des pasteurs, il ne fallait rien moéns. Applicpiant un principe funeste, les Réformateurs, mal éclairés encore, reconnaissaient à TÉtat le droit et même le devoir de s'immiscer dans les affaires^ de la religion. Mélanchthon fut donc chargé par l'Électeur Jean de rédiger des insimcHom auxquelles devaient se conformer les visiteurs.
Mélanchthon, timide, hésitant, toujours dominé par des. idées de conciliation, posait faiblement la Réforme, et conservait beaucoup d'usages que réprouve la Parole de Dieu. Ces sortes de règlements destinés à tout un peuple entraînent — et ce n'est pas leur moindre inconvénient — d'excessifs ménagements pour les vieilles erreurs. On songe plus, en pareil cas, à sauver les transitions qu'à servir la vérité.
Lorsque, après les apôtres, TÉglise chrétienne se laissa séduire par Fidée d'attirer les masses et de les captiver, elle ne manqua pas d'accepter en héritage bien des traditions païennes, sans compter Tesprit païen.
Sous l'influence de la même cause, le même fait se reproduisait au siècle de Luther.
Le Réformateur, attristé par les misères qu'il avait vues, fatigué d'àme et de corpsî à peine revenu, subit une de ces crises morales que traversent plus d'une fois les consciences délicates, et qui le laissa comme blessé à mort. Ses péchés l'avaient ressaisi, leur poids l'écrasaient. Il s'en ouvrit à Poméranus. Apai^ par