‹ Luther et la réforme au XVIe siècleChapitre 33 sur 50 · LES RÉFORMATEURS ET L\ RÉFORME · texte numérisé non relu

LES RÉFORMATEURS ET L\ RÉFORME

Nous avons assisté, Messieurs, à Théroïque jeu-» nesse de la Réforme, nous avons admiré sa virilité vigoureuse, nous allons la suivre à son déclin.

J'aborde ce temps sans aucun embarras,

La Réforme, il faut le répéter, n'est ni Luther, ni Calvin, ni Toeuvre du seizième siècle; la Réforme, qui est le retour aux Écritures, a continué depuis les Réformateurs, continue aujourd'hui, continuera, demain.

Eh quoi Wes hommes sont parfaits, pas une con^ science n*a faibli, pas un principe n'a fléchi, piis une erreur ne s'est maintenue, et l'on arrive à la politique, à la guerre religieuse, à l'intolérance ; on arrive aux formules, à la scolastique, à la stérilité; on arrive au dix-septième siècle, et tout cela sort natu^ Tellement de la Parole de Dieu I

Il ne manque pas de gens pour le croire, môme pour s'en réjouir : ce sont les adversaires de la Réformation. Toute apologie leur fait beau jeu. Gardons la sincè-

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rite, Messieurs, elle seule sert bien la vérité. Les hommes ont eu des défaillances, les hommes ont eu des entraînements; c'est dans la mesure de leurs fautes que leur œuvre déchoit; l'abandon du principe en marque les affaissements successifs ; et loin que ma conscience en soit troublée, mon sens moral en est édifié ; je rencontre ici une loi de justice, qui fortifie ma foi. Le principe de la Réformation reste divin, les hommes de la Réformation restent faillibles ; chaque infidélité produit son fruit empoisonné. Salutaire leçon qu'il ne faut pas éluder, Messieurs, car elle redresse notre cœur, et nous fait regarder haut.

La guerre, voilà ce qui devait sortir d'Augsbourg. Elle n'en sortit pas tout de suite; seize années s'écoulèrent avant qu'elle éclatât. Mais elle planait, elle grondait, on la sentait venir et l'on s'y préparait. Tandis que se formaient les deux camps, les négociations allaient leur train. C'est l'état vague, c'est le malaise qui succède aux Diètes et qui précède les batailles. On multiplie les essais de conciliation, peu sincères des deux parts; on parle plus que jamais du concile, et personne n'en veut ; on réunit de nouvelles Diètes, à Niiremberg, à Ratisbonne, à Spire ; réternelle question des compromis se représente partout, écœurante, malfaisante; et Charles-Quint luimême commence à en apercevoir la vanité. Misérable temps de conférences, de pourparlers, de consultations ! C'est le temps des théologiens, qui ne cessent, chacun pour son parti, de disserter, d'écrire et de courir. C'est le temps de la mauvaise théologie, celle qui multiplie les formules, qui croit aux formules, qui, à' force de raciociner, perd jusqu'au sou-

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