‹ Luther et la réforme au XVIe siècleChapitre 35 sur 50 · Voyez noie G à la fia du volame · texte numérisé non relu

Voyez noie G à la fia du volame

du glaive quiconque n'adoptait pas la conviction reçue, soulever les peuples contre les souverains dissidents, lancer la croisade partout, telle était la doctrine du moyen âge : vous vous souvenez d'Innocent III.

Ce que les papes ordonnaient, les docteurs le formulaient. Écoutez Thomas d'Aquin, il vous dira que le devoir de soumission, pour les peuples, dépend de l'orthodoxie des gouvernements. Et si on lui objecte la conduite des Églises primitives, il vous répondra naïvement que PÉglise, alors, n'était pas encore assez forte pour maîtriser les souverains.

Luther avait trop puissamment saisi*rÉvangile, il s'était trop imprégné de son esprit de paix, il avait trop bien manié les armes de Dieu, pour ne point repousser, de toute sa foi, les maximes de Thomas d'Aquin, les procédés d'Innocent III. Voyez ce qu'il écrit aux chrétiens de Bohême « qui souffraient persécution*» :

Vittembergy 1526. — « ;.. Soyez courageux, frères bien-aimés, ne vous laissez pas effrayer par vos ennemis... Combattez, non pas, bien entendu, avec des lances et des épées, comme ont fait naguère tant de faux chrétiens dont près de cent mille ont péri; mais, ainsi que l'enseigne saint Paul : prenez toutes les armes de Dieu, afin que vous puissiez résister au mauvais jour, et après avoir tout surmonté, demeurer fermes ! »

Trois ans plus tard, avant Augsbourg,- Luther adresse à l'électeur Jean ces énergiques paroles :

Vittemberg, 18 novembre 1529. — « Nous aimerions

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