Voyec note D, à la fin do Toinme
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Le concile s^ réunira-t-il î où se Péunîra-t-il î les protestants se fendront-rils au concile ? Voilà quelle grandes questions préoccupaient cette époque incolore, hésitante et fe4e, qui n'est pas encore la guerre et qui n'est plus la paix.
Cependant on voyait des événements graves s'accomplir ailleurs»,
Henri .VÎII venait de f»ompre avec la papauté. Frappant tour à tour sur les partisans de Rome et sur les amis de rÉvs^ngile, il commençait à fonder un catholicisme national dont sa suprématie royale, à lui, formait le dogme dominant.
François I" et Chsirlea-Ouint, vieux Tun et l'autre à quarante ans, poursuivaient leur lutte opiniâtre qu'interrompaient quelques trêves, rares et courtes. Un jour l'Empereur attaquait la Provence, défendue à la russe , par une patriotique dévastation ; un autre jour il traversait la France étonnée, visitait la
cour de son rival, et mettant à profit cette réconciliation passagère, il s'en allait châtier les Gantois révoltés.
Soliman et Barberousse, les alliés de la France, renouvelaient leurs invasions, Tun dans la Hongrie, l'autre sur la Méditerranée ; mais l'Empereur prenait à Tunis une brillante revanche que signalaient des massacres sans nom. — C'était la coutume du temps.
Jean le Persévérant avait quitté ce monde. Jean- Frédéric, le nouvel Électeur, réunissant les qualités de son père et de son oncle comme il réunissait leurs deux noms, promettait de marcher avec fermeté dans le chemin ouvert par ceux-ci.
Trois nobles princes. Messieurs, ces trois Électeurs I pieux, courageux, résolus. Leur rôle grandit à mesure que s'achève la confusion des deux domaines et que s'approche le temps des combats. Frédéric le Sage avait protégé la liberté de Luther ; Jean le Persévérant protège l'Évangile devant la Diète d'Augsbourg; Frédéric le Magnanime conduira les protestants au feu ; il fera plus, prisonnier de l'Empereur, séparé des siens , dépouillé de ses- États, il aimera mieux pourrir cinq ans dans un cachot, que de recouvrer son indépendance et ses biens, au prix d'une concession. Admirons ces trois braves hommes qui, selon leurs lumières, sous l'impulsion de leur conscience, n'ont cessé d'agir loyalement, au risque du pouvoir, de la liberté et de la mort.
A Rome, un pontife énergique, Paul III, succédait à Clément VIL
Paul III, qui était un Farnèse, s'occupait de sa famille d'abord : de son fils, dont il faisait un prince puissant.
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Mais il s'occupait de la Réforme aussi, contre laquelle il sévit avec une passion ignorée de ses prédécesseurs. Ce fut lui qui autorisa les jésuites. Ce fut lui qui proclama, qui accapara le concile tant réclamé. Ce fut lui qui leva des armées et commença la guerre de religion. Ce fut lui qui déchaîna la violence, et ce fut lui qui ordonna les persécutions en tous lieux.
L'Allemagne vit arriver Vergerio, légat du nouveau pape, chargé d'annoncer la prochaine ouverture, à Mantoue, du concile que semblaient désirer tous les partis. Ne pouvant plus différer le concile, Paul III songeait à s'en servir pour compromettre la Réformation. Sommer les réformés d'y comparaître, c'était, ou jeter de l'odieux sur une cause qui souvent avait appelé cette convocation de ses vœux, et qui, mise en demeure, refusant peut-être, paraîtrait alors reculer devant le combat ; ou bien c'était attirer, en cas d'acceptation de leur part, les réformés dans un milieu très-hostile, dans une assemblée présidée par le pape, composée de ses partisans , où les évangéliques ne pouvaient espérer ni discussion libre, ni justice, ni droit.
Luther, depuis longtemps, avait deviné cette tac* tique ; son parti était pris.
Aux propositions de concile , Luther opposait les conditions d'égalité, de liberté, de justice que n'avaient jamais acceptées les conciles ; de même qu'aux propositions de compromis, il opposait la condition non moins inacceptable de s'en tenir aux dogmes formulés par la Confession d'Augsbourg.
Placé sur ce terrain, personne ne put l'en faire sortir. Il laissait marcher sans lui les conférences
successives où Ton s'efforçait de concilier le oui et le non. Lorsqu'on rinvita au concile, Luther demanda simplement s'il se tiendrait sur terre allemande, sans . présidence papale, avec un nombre égal de membres catholiques et réformés?
Luther montra plus de bon sens encore ; il refusa de prendre au sérieux ce qui n'était pas sérieux.
Dans sa conférence avec Vergerio, c'est de la sorte qu'il agit. Vergerio désirait voir le Réformateur. Mais comme Luther n'allait pas au légat, ce fut le légat qui vint à Luther. Wittemberg, le berceau de la Réforme, reçut donc la députation papale, qui fit son entrée sur vingt et un chevaux et un âne, et que le procureur de la ville conduisit au château. Le lendemain, Luther envoya chercher de grand matin son barbier. « D'où vient, sire docteur — lui demanda le barbier — que vous vouliez aujourd'hui vous faire raser de si bonne heure ?» — « Je dois me présenter à l'envoyé du pape — répondit Luther — il faut que je me pare pour paraître encore vert : Diable ! se dira l'envoyé, Luther est si jeune, et il nous a déjà fait tant de mal ! à quoi faut-il donc nous attendre. » Quand maître Henry l'eut accommodé, le docteur revêtit ses plus beaux habits et se suspendit au cou son joyau d'or : « Sire docteur — reprit le barbier — ceci le vexera. » — c Tant mieux — reprit Luther — ^ ils ne nous ont pas épargnés , eux ! C'est ainsi que l'on agit avec les serpents et les renards. » — « Eh biei) » — repartit le barbier — allez donc en paix, et que le Seigneur soit avec vous, pour que vous puissiez les convertir! » — « Quant à cela, non! — s'écria le docteur — ceci n'arrivera pas ; mais il se
pourra faire que je leur lise un bon chapitre, et que je les laisse après, r
Introduit chez le légat*, et l'entretien étant vite tombé sur le concile : « Ce n'est pas sérieusement que vous pensez à un concile, dit Luther, ce n'est là qu'une pure plaisanterie. Et d'ailleurs, quand bien même vous en assembleriez un, de quoi y traiterat-on? De frocs, de tonsures, du boire, du manger, d'autres choses aussi insignifiantes ! Mais de la foi, de la justification, et d'autres sujets de cette importance, il n'en sera pas dit un mot ; car vous savez ce que vous perdriez à la discussion... Si vous en ^vez envie, faites donc un concile ! Je viendrai, s'il plaît à Dieu, fùt-il décidé d'avance qu'on m'y brûlera ! »
Vergerio parlait d'une ville à désigner pour le lieu de l'assemblée : « Iriez-vous à Bologne? » demandat-il. oc A qui appartient Bologne ?» — « Au pape. » — a Bon Dieu ! le pape s'est-il aussi emparé de cette ville? Oui, j'irais! » — « Le pape, reprit Vergerio, ne refuserait pas de venir à Wittemberg. » — « Qu'il y vienne donc, répliqua Luther, nous serons charmés de sa visite !» — « Mais comment voulez-vous qu'il y vienne, avec ou sans armée ?» — « Comme il lui plaira; nous sommes prêts à le recevoir! »
Lorsque le légat, quittant Wittemberg, fut monté a cheval : « Songez — dit-il au docteur — à vous préparer pour le concile ! »
— « Je viendrai, seigneur — répondit Luther — je viendrai, avec le cou que voici. »
Les réformés cependant réfléchirent. Accepter le concile, c'était en accepter h quelque degré les ar*
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rets, c'était renier l'exclusive autorité de l'Écriture, s'était se rendre coupable de trahison envers la vérité. Luther le sentit. Sa 'conférence avec Vergerio n'amena donc aucun résultat. Je me trompe, elle exerça sur l'esprit du légat une telle influence, que Vergerio, plus tard, se sépara de l'Église romaine pour embrasser le culte jféformé.
Les princes s'étaient réunis à Smalkalde. Seigneurs de l'empire, leur déférence pour l'Empereur les portait à tenir quelque compte du concile qui venait de s'ouvrir. A supposer que le concile accordât les conditions posées par Luther , faudrait-il maintenir un refus désormais sans motifs ?
Luther appelé, consulté, fut chargé de rédiger les Articles de Smalkalde^ peu différents de la Confessioa d'Augsbourg *. Il fit ce travail tout en ne croyant ni à la possibilité de se rendre au concile , ni aux chances de la conciliation.
Un mal grave, qui semblait mortel, saisit alors le Réformateur. Les princes l'entouraient, l'Électeur promettait — hélas! les soucis de la guerre devaient lui faire oublier sa promesse — l'Électeur promettait au docteur de protéger sa femme et ses enfants. Luther, en paix sur le sort de ses bien-aimés, confiant, soumis, désira pourtant revoir les siens. Une voiture de TÉlecteùr le ramenait sous son toit, lorsque les accès du mal, plus violents, le reprirent à Gotha. Luther se sentait près d" expirer. Il dicta ces paroles suprêmes à Pomeranus : — « Je sais. Dieu en soit loué! que j'ai
1. Les Ariicles, comme la Confession, font partie des livres symboliques de l'église allemande.
L, ÛUESTION OU CONCILE 289
bien fait, aidé par la parole de Dieu, délivrer bataille au papisme!... Priez mes amis, Juste Jonas, Philippe Mélanchthon, Cruciger et les autres de me pardonner, si j*ai péché contre eux... Saluez ma Catherine, diteslui qu'elle supporte ma mort avec résignation, et qu'elle se rappelle qu'elle a vécu avec moi douze ans en paix et en joie. Elle a eu pour moi tous les soins d'une femme pieuse, me servant comme une domestique. Que Dieu le lui rende en ce jour-là!.. . Saluez aussi les serviteurs de la Parole de Dieu, et les pieux bourgeois de Wittemberg .. Saluez de ma part notre très-honorable Électeur et mon gracieux seigneur le Landgrave; dites-leur qu'ils ne s'alarment point des cris qui s'élèveront contre eux!... Quant à moi, je suis prêt à mourir, si mon Sauveur le veut ainsi.,. Je remets mon âme entre les mains fidèles de mon Rédempteur Jésus-Christ, lequel j'ai dans le monde prêché et confessé. Amen. »
Mais Luther devait vivre encore dix ans.
Mélancoliques années, Messieurs, années de tristesse et de douleurs, que semble préparer l'espèce (Vagonie à laquelle nous venons d'assister.
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La première affaire dont eut à s'occuper Luther, après son rétablissement, fut d'une nature telle, qu'il regretta souvent, j'en suis sûr, de n'être pas mort avant de l'aborder. Je veux parler de la bigamie du Landgrave.
Nous touchons ici, Messieurs, à la faute la plus lourde assurément que renferme la vie de Luther. Le reste peut s'expliquer : la religion livrée aux princes, l'appel aux armes approuvé, la liberté religieuse abandonnée, les synodes prenant place à côté de l'Écriture, l'autorité de l'Éghse réintégrée, la persécution des dissidents admise; tout cela, du plus au moins, appartient à ce qu'on nomme : les entraîne* ments. Mais le consentement à la bigamie du Landgrave est une déviation qui ne s'excuse pas.
Rappelons-nous seulement que Luther échappait aux étreintes d'un mal terrible, qu'il en ressentait encore l'influence, que ses forces intellectuelles et
LA BIGAMIE DU LANDGRAVE â91
morales tout autant qtte sa vigueur physique venaient de recevoir un échec, et tenons grand compte de ces circonstances pour comprendre et sa conduite dans la question du Landgrave, et l'atonie qu'on reoMtrqt^ en lui, à dater de ce moment.
Toici, en deux mots, quels sont les faits :
Philippe de Hesse, marié depuis seize ans à la fille du duc Georges de Saxe, en avait eu huit enfants. Mais sa femme, livrée à un vice grossier, l'ivrognerie, lui inspirait un éloignement invincible ; l'Électeur ré^ clamait le droit de contracter une seconde union, et Bucer avait eu le triste courage d'appuyer la demande, par un long mémoire, auprès de Mélanchtbon et de Luther.
Ceux-ci résistèrent, puis s'adoucirent, puis cédant par degrés aux instances du Landgrave et de Bucer, ils se laissèrent arracher un Conseil secret de confession^ par lequel ils autorisaient le second mariage, afin de prévenir un plus grand mal!
Nous ne les connaissons que trop, messieurs, ces tentations du mal qui passe pour inévitable, et qui d'ailleurs restera secret! Luther se disait que le Landgrave était un prince, qu'il y a pour les princes des immunités, des sortes de franchises qui les exemptent du droit commun. Il se disait que la première femme donnait son consentement ^, que le scandale de désordres publics dépasserait celui d'une union clandestine ^; il se disait cela. Mais la Bible dit que
1. Elle y consentait : « afin — écrivait-elle— de servir Vànie et le corps de son très-cher éponx et de contribuer à Vaeerois» •emef^ de la gloire de Dieu ! »
S. Le Landgrave avoue qu'il s'est plongé dans l'incondttite
292 LUTHER ET LA RÉFORME AU XVl« SIÈCLE
le mal est mal, que le bien est bien. L'action de Luther demeure une action mauvaise, mauvaise surtout dans une nature loyale comme la sienne et qui ne pactisait pas avec les compromis *.
Le châtiment, au reste, ne se fit pas attendre. On voulait tenir le péché secret, il éclata. La nouvelle femme du Landgrave, mademoiselle de la Saale, et la famille de celle-ci, gonflées d'une si glorieuse alliance, se hâtèrent de la divulguer. Lorsqu'il apprit cette honte, le noble Frédéric se voila le visage, et les amis de la Réforme sentirent la rougeur monter à leur front. Nul ne rougit plus que Luther. Confus de ce qu'il avait fait, il n'essaya pas même de se justifier; et lorsque, plus tard, un de ces êtres vils qui trouvent des louanges pour toutes les infamies lui envoya je ne sais quel pamphlet, écrit pour célébrer la
après son mariage. Il ne vent point se régénérer : « Depuis mon mariage, écrit-il, je vis dans l'adultère^ et comme je ne veux point abandonner cette vie, je ne puis m'approcher de la sainte table, car saint Paul a dit que l'adultère ne possédera pas le royaume des cieux! » — Peut-on imaginer une plus effrayante candeur dans le vice?
1. Voici quelques-unes des paroles de la consultation du Conseil secret : s Si Votre Altesse est résolue d'épouser une seconde femme, nous jugeons qu'elle doit le faire secrètement, comme nous avons dit à l'occasion de la dispense qu'elle demandait , c'est-à-dire qu'il n'y ait que la personne qu'elle épousera, et quelques autres au besoin qui le sacbent, les obligeant an secret sous le sceau de la confession. 11 n'y a pas ici à craindre de contradiction ni de scandale considérable, car il n'est point extraordinaire aux princes de nourrir des concubines! et quand le menu peuple s'en scandaliserait, les plus éclairés se douteront de la vérité.
» On ne doit paâ se soucier beaucoup de ce qui s'en dira, pourra que la conscience aille bien. » — Il serait difficile de pousser plus loin la démence de l'aberration I
bigamie de l'Électeur, Luther jeta loin de lui le livre avec dégoût *.
Il fit mieux : tombé, il ne nia pas sa chute; il en demeura meurtri, il s'en humilia.
Le péché commis par Luther, Messieurs, a des racines plus profondes qu'on ne croit. Il n'est pas, comme ont essayé de le dire quelques ennemis de la Réforme, le résultat d'un calcul politique au profit de la religion. Luther, toujours ferme avec ses protecteurs, fier même jusqu'à la rudesse, n'a pas un seul instant songé à flatter les vices du Landgrave, pour conserver l'appui de ce prince puissant. Jamais Luther ne s'est courbé devant un fait. Luther n'a jamais obéi qu'à l'idée. Or, il faut le dire ici, la plus grande confusion régnait, au sujet du mariage, dans l'esprit de Luther.
Luther avait été moine, n'oublions jamais cela ; si Luther s'était peu à peu séparé de Aome, les tendances romaines ne s'étaient pas toutes séparées de lui ; ses anciens vœux, la tradition, les enseignements catholiques enveloppaient de leurs brouillards cette question de Funion conjugale, base et couronnement de l'édifice social.
On a prétendu que Luther, dans l'affaire du Landgrave, s'était laissé dominer par le besoin de réagir contre Rome et le mariage sacrement. Rien de plus faux; Luther, par cela même qu'il a méconnu le
i. <c Si César et Tempire le voulaient — écrit Luther à propos de la bigamie — comme ils seront forcés de le vouloir, ils feraient bientôt cesser par un édit ce scandale, afin que cela ne puisse devenir pour Tavenir un exemple ou un droit. »
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vrai caractère du mariage, est au contraire resté moine et prêtre romain.
Rome, qui fait du mariage un sacrement, afin de placer partout l'opus operalum du prêtre et d'envahir mieux le domaine temporel, Rome établit partout la su» périorité du célibat. Ce principe fondamental de l'Église romaine, essentiel à* son organisation, détruit absolument la sainteté du mariage. Le sacrement peut subsister, la sainteté s'en va. Le fond de la pensée romaine sur le mariage est rendu par ce mot : nécessité!
Nécessité d'un ordre assez brutal.
Nécessité d*un état inférieur pour en éviter un plus infime.
Nécessité de satisfaire aux faiblesses de la chair, afin d'échapper aux entraînements ée la corruption.
Le mariage sort de là rabaissé, flétri; sa couronne d'honneur est tombée, son beau lys de chasteté s'est effeuillé. Si vous en doutez, écoutez les moines, écoutez les prêtres, observez quels termes ils emploient, de quel point de vue matériel et grossier ils envisagent le sacrement !
Cet esprit-là, précisément, explique la conduite 4e Luther. En dépit de son honnête, de sa* douce union avec Catherine de Bora, Luther ne comprend pas l'excellence du mariage, il n'en pénètre pas le sens profond, il n'en découvre pas la spiritualité, le sceau divin lui échappe entièrement. Que devait-il arriver? Ceci :
En supprimant le sacrement, qui n'est pas dans l'Évangile, Luther ne retrouvait plus le mariaffe saint qui y est.
Avait-on besoin, au surplus, de supprimer le sa-
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créaient pour démolir le mariage? les "légistes du temps, très -catholiques^ n'admettaient-ils pas le droit d'entretenir des relations illégitimes, subversives diS l'union, en certains cas fixés par eux? Le célèbre Occbino, dans le vingt-et-unième de ses trente dialogues, n'écrivait-il point : « Un homme marié, dont la femme est stérile, infirme et d'humeur inconfpalible, doit d'abord implorer de Dieu la continence. Si ce don, demandé avec foi, ne peut s'obtenir, il peut suivre sans pécher l'instinct qu'il connaîtra certainement venir de Dieu, et prendre une seconde femme sans rompre avec la première. » Manquait-il de décisions papales qui accordaient aux princes des faveurs pareilles à celles-là? Tant de mariages annulés par les saints pontifes — nous y reviendrons — tant d'unions nouvelles permises et sanctionnées pour complaire aux souverains laissaient-eEes le sacrement intact? N'établissaient-elles point, au profit des grands de la terre, une sorte de droit exceptionnel, qui restait encore debout, lorsque bien des erreurs tombées jonchaient le sol?
Luther, l'homme des Écritures, les a lues, sur ce point, d'une manière superficielle, qu'explique l'espèce de dédain dont ne s'est débarrassé ni l'ancien catholique ni l'ancien religieux. De ce que plusieurs des patriarches et plusieurs des rois d'Israël ont été polygames, Luther en conclut que la polygamie était un cas pei:mis. Au lieu de remonter aux couples primitifs, comme exemple, et de voir dans les faits qui se produisent plus tard une chute, un abaissement du niveau moral ; au lieu de sonder cette parole profonde : « Dieu créa l'homme à son image, il le créa
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296 LUTHER ET LA RÉFORBiE AU XVle SIÈCLE
mâle et femelle; » et cette autre significative : « Il n'est pas bon que l'homme soit seul, je lui ferai une aide semblable à lui ; » une aide, et non pas deux, ou trois, ou quatre, ou cent ; au lieu de retrouver et d'étudier dans la loi divine cette déclaration qui interdit la pluralité des femmes, aux rois justement, ces polygames invétérés ; au lieu d'interroger l'Évangile et d'écouter Jésus; Luther en reste à son premier aperçu, et partant de la défection des patriarches, de la désobéissance des rois, il arrive tout naturellement à justifier la polygamie, et à donner au Landgrave « le Conseil secret de confession, » '
Les opinions de la Réforme, sur ce grand sujet du mariage, demeurèrent entachées de graves erreurs. Nous nous devons à nous-mêmes de les reconnaître, afin de les effacer.
Les Réformateurs, qui tous sortaient de PÉglise catholique, ont tous méconnu le caractère éminemment saint de l'union. Si la polygamie est restée le fait unique du Landgrave, si les simples, si les esprits intègres et droits, si la généralité des réformés s'en est scandalisée, si les docteurs qui avaient autorisé la faute s'en sont repentis; ces docteurs, ces Réformateurs, les mêmes, ont admis le divorce suivi du second mariage, cette honte de la Réformation.
Ah! Messieurs, lorsqu'on s'est assis aux pieds du Sauveur, lorsqu'on a entendu Jésus prononcer devant ses disciples étonnés cette parole : « Que Fhomme ne sépare pas ce que Dieu a joint! » lorsqu'on Ta entendu proférer devant ses disciples révoltés cette autre parole : « Quiconque répudie s^ femme et se marie à une autre, commet un adultère. Quiconque
prend celle qui a été répudiée par son mari, commet un adultère! » parole si dure aux oreilles des disciples, qu'ils s'écrient : « S'il en va de la sorte, il vaut mieux ne pas se marier! » lorsqu'on a vu le Christ, le saint, établir la sainteté du mariage, l'indissolubilité du mariage par ces mots : « Dieu n'en a fait qu'un! » le cœur se serre à la rencontre des systématiques désobéissances de l'humanité.
Le commandement de Jésus est aussi péremptoire qu'il est clair. Jésus n'autorise que la séparation, fait essentiellement temporaire, et sur lequel on peut toujours revenir; Jésus ne permet cette séparation qu'en cas d'adultère ; Jésus interdit absolument aux époux que l'adultère a séparés, de contracter un second mariage ; Jésus, par là, tient entre-bâillée la porte du pardon, cette porte que sa main transpercée nous ouvre dans les deux. Que fait l'homme? il ferme la porte. Rebelle, à l'exemple des disciples, il s'écrie que la condition est trop rigoureuse, qu'il vaut mieux ne se point marier ! et il retourne au vieux célibat romain, et il s'attache à rendre la condition moins dure en rétablissant le divorce antique, avec la liberté des secondes noces pour les divorcés. Jésus avait parlé du seul cas d'adultère, l'homme en découvre bien d'autres : la désertion du foyer, le refus de suivre l'époux, les sévices, les injures ! Puis, comme on ne s'arrête pas en si beau chemin, l'homme invente le divorce pour incompatibilité éC humeur! le divorce par consentement mutuel ! Et les pays protestants se distinguent, l'Allemagne pratique le divorce avec une effrayante candeur, l'Angleterre vient d'en faciliter l'extension I
Malheur à nous, Messieurs, si nous tournions, sans les lire, ces tristes pages de notre histoire. L'histoire a mieux à faire qu'à nous divertir; elle doit nous avertir et nous corriger.
Cela dit, j'ajoute qu'autant nous devons nous montrer sévères envers la Réforme, autant il serait maladroit à d'autres de se trop formaliser de ses torts.
L'Égliffî ronuôse tarifait les péchés, au seizième siècle; elte donnait certaine licences d'iiaiconditdte, en certains lieux, atout .te clergé; il ne lui siérait guères dès Jors, d'iaffecter une pudique indignation en présence de la demande du Landgrave et de l'assentiment de Luther.
Le contemporain de Luther, Wolsey, le cardinaL, eut l'idée d'une combinaison toute pareille pour le roi Henri VIII. Les papes avaient inventé ces liens de parenté spirituelle, ces parentés terrestres à des degrés impossibles, qui rendaient illégitime tout mariage entre parents; et le moyen âge nous a dit comment les papes surent s'en servir. Grégoire II, consulté sur la question de savoir si un homme dont la femme est malade peut en prendre une seconde, répondit affirmativement, n'y mettant d'autre condition que celle de fournir à la première femme les aliments dont elle aurait besoin.
L'empereur Gharlemagne, am saint dûment canonisé, avait exigé que le pape, en échange des donations faites à l'Église, fermâtles yeux sur la polygamie qui régnait dans les États fflirmains. Lui-^méme répudiait sa première femme, en épousait une autre, et renvoyait celle-ci pour contracterun troisiàmoraariage
légitime, de l'aveu de son clergé *. Si le pape crut devoir réprimander, bien qu'avec modération, les actes de TEmpereur, ils n'en demeurèrent pas moins revêtus d'un caractère officiel et régulier.
Je ne parle pas des temps antérieurs, de la pratique du mariage telle que l'entendaient les Mérovingiens. On avait toléré les trois reines et les mille concubines de Lothaire ; on s'indigna des deux femmes du Landgrave !
Eh bien, on a eu raison ! Ceux qui blâment le plus sévèrement les fautes de la Réforme sont ceux qui lui rendent l'hommage le plus beau, je l'ai toujours senti. On rend hommage à la Réforme quand on s'indigne plus du bûcher de Servet que des mille bûchers allumés par les ordres de Rome, au même moment. Cela est juste, cela est bon, cela nous fait honneur.
La pureté de la cause se mesure au scandale que produisent ses torts.
l.Le LauJgraye n'en demandaii pas tanU
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L'horizon s'assombrissait. François I*', à qui la lutte ouverte contre l'Empereur n'avait guère réussi, s'attachait à soutenir par son appui secret les adversaires de Charles-Quint, les princes protestants. Ses alliances avec eux, avec la Suède et le Danemark, signalaient la dernière transformation de sa longue bataille contre le potentat qui toujours aspirait à ployer l'Europe et à la gouverner.
Réussirait-il? C'est ce que la guerre religieuse, chaque instant plus imminente, pouvait seule décider. Avant d'en venir là, Charles-Quint, fidèle à son plan de réforme intérieure et de compjpmis, poursuivait le système des négociations. Tantôt une ville, tantôt une autre, voyaient s'ouvrir des conférences qui n'aboutissaient pas. Les théologiens des deux communions perdaient leur temps, usaient leurs forces à courir. Mélanchthon, toujours en route, déplorait ces perpétuels voyages que lui imposaient l'Électeur et
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Gharles-Quint, pour aller répéter la même déclaration à tous les coins de TAllemagne : « Sur les points essentiels nous ne pouvons rétracter; sur les cAoses indifférentes nous sommes prêts à nous entendre ! »
Un nouvel ordre de l'Empereur convoquant une nouvelle assemblée de docteurs dans la ville de Haguenau, le pauvre Philippe, à peine réinstallé chez lui, dut repartir. Épuisé, l'organisation ébranlée, il fit son testament; et lorsque escorté par les étudiants et les magistrats de Wittemberg, il traversa le pont de l'Elbe : « Nous avons passé notre vie dans les synodes! — s'écria-t-il d'une voix douloureuse — dans un synode il nous faudra mourir ! »
A Weimar, Mélanchthon apprend que le Landgrave, dont la conscience peut-être avait besoin de se rassurer, va publier le Conseil secret de confession ! Mélanchthon en conçut un tel chagrin que la maladie le saisit et que sa dernière heure paraissait près de sonner. Luther était accouru . Lorsqu'il vit son cher Philippe sans connaissance, le visage décomposé, l'air d'un mort : « Dieu nous soit en aide ! — s'écria le Réformateur — comme le diable m'a défiguré cet instrument! » Alors, se tournant yers la fenêtre — c'était sa coutume lorsqu'il priait — il se mit à intercéder avec cette véhémence, avec cette familiarité qui révèlent une âme en continuelle relation avec Dieu : tf Là je ne ménageai point le bon Dieu — raconte plus tard Luther lui-même — car je lui jetai ma besace devant la porte, et lui cornai les oreilles de tous les passages contenant promesses à la prière dont je pus me souvenir, protestant qu'il fallait qu'il m'exauçât^ s'il voulait que je me fiasse à sa Parole ! »
3tt2 LUTHER ET LA RÉFORME AU XVI» SIÈCL
Puis, Luther s'approcha du lit, prit Mélanchthon pai Ja main et lui dit : « Prends cours^ge, Philippe, tu ne mourras pas! »
Et Philippe ne mourut pas. Seulement il était déçu ; il avait espéré le repos dans la maison paternelle et suppUait Luther de ne pas le retenir plus longtemps : « Point du tout l — répliquait le docteur — il faut que tu continues à servir notre Dieu et Seigneur. »
Rien de touchant comme les soins maternels dont Luther entourait son ami. Sa tendresse le consolait, sa fermeté le fortifiait, il le contraignait en quelque sorte à rentrer dans la vie : « Mange — lui disait-il, le forçant à prendre un peu de nourriture — entendstu, Philippe? il faut que tu manges sur-le-champ ; sinon je Vexcommunie ! »
Les prières de Luther! Les vaillantes, les victorieuses !
Luther le savait comme nous, mieux que nous, Messieurs, toutes les prières ne sont pas exaucées ; il le savait, car il avait lui-même fermé les yeux à deux enfants bien-aimés; toutefois, Luther savait aussi que nos p^ères sont des puissances, que Dieu les entend, qu'elles arrivent à son cœur; et Luther priait avec cette impétuosité, avec cette sorte de rudesse croyante, avec cet espoir contre tout espoir qui forment le caractère des bonnes intercessions.
L^ confiance fin Dieu, voil^ ce qui donne aux prières de Luther, oserai-je le dire? leur autorité : « La prière — écrit-il à Mélanchthon — est Vimpératrice des choses humaines. Par elle nous réussirons, par eUe nous supporterons ce qui ne peut être corrigé,
par elle nous triompherons de tous les maux 1 •
Et l'humilité, cette humilité dont il idst dit : c que Dieu M fait grâce, » accompagne toujours la sainte audace du Réformateur. 11 a le sentiment du péché, il Ta sérieux, il Ta constant; il invoque des lieux profonds, il lutte sans cesse et sans cesse implore du secours.
La prière de Luther vient si directement de son cœur; elle y trouve, dans Tamour des âmes, et de * l'Évangile, et des parents, et des amis, de si Inventes émotions, qu'attendrie, que brûlante, obstinée, dévorante en quelque sorte, elle possède le Réformateur tout entier et souvent fait jaillir les larmes de ses yeux : « Je prierai — s'écriait-il pendant la Diète d'Augsbourg — je prierai et je pleurerai jusqu'à ce que mes cris aient été entendus dans le ciel ! » Et Mélanchthon nous dit : c Je l'ai trouvé maintes fois pieu* rant à chaudes larmes, invoquant Dieu pour le salut de l'Église, intercédant avec ardeur. »
Luther priait beaucoup. Ses longues supplications à genoux effrayeraient le christianisme affairé de nos jours. Luther pensait avancer mieux ainsi l'ouvrage de Dieu qu'en éparpillant son âme, sa foi, son temps et sa vigueur au courant de cette vie extérieure, essoufflée, frivolement sainte ou saintement frivole, comme vous voudrez;, qui, dans tous les siècles et dans tous les pays, sert merveilleusement à nous dispenser du vrai travail, de la vraie intimité arec Dieu.
Un dernier trait. Luther, pour prier, ne prend pas l'habit de cérémonie ; il ne réserve pas la prière'aux grandes occasions ; il ne craint pas, comme le font
certains hommeSj d'aborder, et en quelque sorte de déranger Dieu lorsqu'il s'agit de petites choses et de petits sujets. La majesté de Dieu ti'éclate pas moins dans un atome que dans un monde ; la mite, avec son organisation paçfaite, nous raconte aussi bien la toute-puissance de Dieu que le pourrait faire, s'il revivait, quelqu'un des gigantesques animaux du temps antédiluvien. Luther n'a donc pas peur de déranger Dieu; Luther prie pour la pluie et pour le ' soleil, pour les gens et pour les bêtes *, pour la récolte de son champ et pour les fleurs de son jardin.
Le secret de cette prière, voulez-vous que je vous le dise, Messieurs ? Pour la foi de Luther, Dieu était : le Père! Aussi Luther avait avec Dieu la liberté de j'enfant.
« Je l'ai entendu prier un jour — s'écrie Veit Diétrich — Dieu de bonté ! quel esprit, quelle foi dans ses paroles ! // parle vraiment à Dieu, »
La conférence de Hagaenau était restée sans résultat. Mélanchthon absent, on n'avait rien pu faire et l'on s'était donné rendez-vous à Worms. Bon gré
1. La Parole de Dieu dit, Genèse, ch. IV, y. 1 : « Or Dieu se souvint de Noé, et de toutes les bêtes, et de tout le bétail qui était avec lai dans Tarche; » Genèse, ch. IX, v. 9 : «J'étaLlis moji alUance avec vous, et avec votre race après vous; et avec tout animal vivant qui est avec vous, etc., » « Çt moi, n'épargnerai-je point Ninive, cette grande ville, dans laquelle il y a plus de; six vingt mille créatures humaines... et où il y a acussi una grande multitude de bêtes?» Jonas, ch. IV, v. H. — Jésus a dit: « Pas un seul passereau ne tombe en terre sans la permission de votre Père qui est aux. cieux.» — Il a dit: « Les corbeaux no sèment ni ne moissonnent, et pourtant Dieu prend soin d'eui.»
mal gré, Mélanchthon dut y marcher, accompagné de Cruciger. '
Hélas, Messieurs, c'est toujours la même histoire : passes d'armes théologiques, débats sur toutes les questions sans parvenir à s'entendre sur aucune. Mais cette fois, le doux Mélanchthon montrait beaucoup de fermeté. Ce fut pour cela peut-être, qu'un rescrit de l'Empereur vint rompre les discussions, renvoyant les docteurs à la prochaine Diète de Ratisbonne, qui s'ouvrit quelques mois plus tard.
Nous y retrouvonsMélanchthon. Nous y rencontrons un bien plus grand personnage, l'Empereur, luimême, qui présidait les États. Plus attaché que jamais à son projet de transaction, Charles-Quint choisit et nomma les six membres de la commission appelée à préparer les bases d*un arrangement. L'Empereur fit mieux, il remit à ce consejl un livre, écrit ou tout au moins revu par Bucer et Capiton ; le Livre de Ratisbonne^ dont le texte et l'esprit devaient fournir les éléments de la conciliation entre catholiques et réformés. Les doctrines de la confession d'Augsbourg s'y trouvaient, mais affaiblies; et les prétentions romaines s'y cachaient sous le nom : « d'autorité de l'Église! » Cette Église ayant mission d'interroger l'Écriture, le droit d'examen individuel étant nié, on retombait, sans le dire, sous la puissance des conciles et de la papauté.
Mélanchthon avait des surveillants à Wittemberg ; l'Électeur se faisait rendre un compte journalier des débats, consultait Luther, et transnisltait à Philippe de sévères instructions. Celui-ci mérita, il faut le dire à sa gloire, d'être taxé de roideur par Charles-
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Quint^ et même par Bucer, qui continuait à louvoyer entre l'erreur et la vérité.
Les choses, cela se conçoit, n'avançaient guère ; on avait bien fini par admettre certaines concessions réciproques, mais on ne concluait pas. L'Empereur, persuadé que le grand obstacle venait de Luther, députa vers lui quelques docteurs chargés de le disposer au rapprochement.
Luther tint bon. Mélanchthon, fortifié par son exemple, refusa d'adhérer au livre de Ratisborme^ et comme les représentants de Rome s'y refusaient de leur côté, cet essai de conciliation, le plus sérieux qu'on eût entrepris, échouât sans retour *.
Deux Diètes suivantes, à Spire en 15A2, à Ratisboiine en 15&/i, n'amenèrent rien de plus. La guerre se faisait inévitable ; on y marchait, le sachant et le voulant.
L'Empereur lui-même, qui ne renonçait pas à ses ' espérances, les remettait au jour où, ayant battu les ilUés de Smalkalde, il imposerait par la force le moyen terme qu'on repoussait aujourd'hui.
1. Gontarini, le légat, adoptait, autant qu'on pouvait le faire sans se séparer du pape, les grandes doctrines de la Révélation. Il s'était même rendu suspect. Un accord, conclu par loi, n'aurait été ratliô ni par le Saint Père ni par ses prélats.
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