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DAVID DAUGSBOURG. S. BONAVEXTURE 269
religieux restent toujours durs et acerbes, et sont ordinairement très sévères dans leurs jugements sur autrui1. A l'exemple de ses prédécesseurs, David met les jeunes postulants en garde contre les macérations corporelles exagérées, « qui ne font que ruiner le corps, anéantir nos forces et nos sens, détruire l'esprit et rendre impossible tout progrès spirituel*». A propos du verset i du chapitre 12 de l'Epître aux Romains : « Que votre culte soit raisonnable », il cite la glose de Pierre Lombard : « C'est-à-dire, éclairé par la discrétion, afin qu'il n'ait rien d'excessif, mais que vous châtiiez vos corps avec modération, les contraignant non pas à s'anéantir par manque de vie, mais à mourir aux vices3 ». Puis il ajoute le mot déjà cité de saint Grégoire le Grand *.
Saint Boxaventure marche absolument dans la même voie : la discipline monastique sur le silence, la nourriture, les vêtements, le travail, les veilles, etc., n'a pas, dit-il, une vertu telle « que sans elle on ne puisse
1. David de Augusta (1200 P-I272), De exterioris et interioris hominis compositione (édit. Quaracchi, 1899), p. 80 : « ... qui duram vitam in corporali exercitatione servant, afïligentes corpora sua jojuniis, vigiliis et aliis laboribus corporalibus, et putant hoc summum in Religionis observantia esse, et interioris dulcedinis ignari, de veris virtutumstudiis, quœ in spiritu et mente ratai, parum curant. Hi, quia in se sicci sunt et aliis in judicando severi soient esse, bene amari et amaricantes dici possunt. »