IbM., p. i58. [Thiriot, I
SUSO. TAULER. GERSON l^S
peut les supporter, les jeûnes et les veilles sont d'un très grand secours pour une vie en Dieu. Mais lorsqu'un homme est malade de la tête (dans ce pays-ci les gens ont des têtes bien faibles), et s'il sent qu'il écrase son corps et qu'il va le ruiner, qu'il s'arrête. Alors, quand même ce serait un jour où l'on devrait jeûner, prends la permission de ton confesseur ; et si [à cause des circonstances], tu ne pouvais demander cette permission, prends-la de Dieu, et mange quelque chose. Le lendemain, va trouver ton confesseur ou un prêtre, et dis-leur: «J'étais malade et j'ai mangé. » Et demande la permission pour la suite. La sainte Église n'a jamais voulu ni pencé qyie l'on se ruinât la santé1 ». Et, encore que, par exemple, il e::horte les religieuses à observer fidèlement toutes les prescriptions de leur ordre, il trouve cependant tout naturel « qu'une sœur âgée et malade ne jeûne ni ne veille, ou n'accomplisse pas des œuvres extérieures au-dessus de ses forces2» . Ni l'Eglise, ni les ordres ne veulent ruiner la santé de personne ; au contraire, « tout ce dont vous a>rez raisonnablement et réellement besoin, que ce soit en habits ou en fourrures, et toute autre chose qui peut vous être nécessaire, Dieu et votre ordre vous l'acco dent volontiers3». Gersox lui-même, en si haute estime auprès de Luther, et qui toutefois prend si énergiquement parti
i. Premier sermon pour 1« quatrième dimanche aprèi la Trinité. [Ferdinand Vetter, Die Predigten Taulers (Berlin, 1910), p. i5o, 35], Cf. l'édition de Francfort (186A), II, i38-i3g (texte défectueux).
a. Vetter, p. 269, 26; 270,6.