In Galat., I, 107 (x
FOURBERIE DE LUTHER 3l5
avons obtenu * ! » « De tels saints sont les prisonniers et les esclaves de Satan ; par suite, ils sont contraints de penser, de parler et d'agir comme il veut, alors qu'extérieurement ils semblent surpasser les autres par leurs œuvres, par l'austérité et la sainteté de leur vie. Voilà ce que nous avons été sous la papauté, faisant en vérité, par notre vie blasphématoire, non moins sinon plus que Paul, la honte du Christ et de son Evangile. Et moi tout particulièrement j'en étais là... Plus nous étions saints, plus aussi notre aveuglement était grand, plus nous adorions le diable2 ».
Quoi de plus logique? Le moine, donc aussi le saint moine, est une créature du diable. « Il y a un proverbe inventé par les curés, et je pense que le diable lui-même a voulu par là se moquer d'eux. Dieu était occupé à faire un curé ; le diable le regardait, et il voulut l'imiter : mais il fit une trop grande tonsure. Il en sortit un moine. Voilà pourquoi les moines sont les créatures du diable. Sous un ton de badinage et de plaisanterie, ce n'en est pas moins la pure vérité... De tout temps les moines sont les curés du diable, car ils enseignent la pure doctrine du diable3 ».
A cette comédie s'en joignit une autre que Luther ne commença aussi à jouer qu'à partir de i53o. « Si
i. Erl., 48, 317 (i53o-i53a). Dans le texte, on lit « il » au lieu de « nous », mais le contexte montre qu'il se met dans le nombre.
a. In Galat., 1, 109-110 (i535).